La Gueoula, entre exil et retour sur la terre d'Israël
Pourquoi la Torah est une marche et non un simple code, et pourquoi la terre d'Israël la dévoile.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : La Gueoula : le passage de l'exil à la délivrance, 57 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom à tous. Nous sommes dans la suite du Chiour, qui correspond à la période du changement entre l'exil et la délivrance. Ce n'est pas seulement un changement territorial. Notre retour sur la Terre d'Israël est un changement radical dans tous les domaines. Ce que nous étions dans notre exil, c'était en réalité.
Alors que notre retour sur la Terre d'Israël nous impose une vision beaucoup plus globale de la notion de peuple, de nation, et non plus une notion individuelle de religion. Nous avons donc expliqué que la parole divine, Dvar Hachem, c'est trois choses. C'est d'abord la halakha, ensuite la fin des temps, le bout de la notion de temps, et enfin la prophétie, la Nevoa. Ceci est tiré du traité de Chabbat 138.
Les sages nous expliquent que la halakha n'est pas seulement les lois, mais la façon qu'a l'homme d'Israël de marcher, de se développer. Autrement dit, lorsque HaKadosh Baroukh Hou veut nous parler, que la parole d'HaKadosh Baroukh Hou se dévoile, c'est pour nous expliquer, pour nous faire vivre au niveau de nos pas, la vérité absolue intérieure du divin. Donc je ne dois pas seulement étudier la Torah, je dois la marcher. Je dois la vivre dans ma halakha, donc la racine est claire, halikha, c'est-à-dire que ma démarche doit devenir différente.
Je dois donc chercher dans ma vie tous les éléments qui vont faire en sorte de dévoiler l'Être divin dans mon degré humain. Si l'endroit ne me convient pas par rapport à ma nature, il est donc impossible que la force divine me traverse pour se dévoiler avec sa pleine puissance. Donc je dois savoir où je dois me trouver physiquement, dans quel territoire terrestre je dois être pour recevoir la pleine lumière au maximum de sa capacité, et la Torah m'indique que c'est la Terre d'Israël. C'est pour ça que la Terre d'Israël est en réalité la véritable terre qui dévoile le Verbe, l'Être divin, dans le monde de la matière. Et c'est pour ça que la deuxième partie dit que c'est la fin.
Dvar Hachem Ze Hachetz. Qu'est-ce que ça veut dire, que la parole divine équivaut à la fin, à la pointe, au bout ? Tout simplement, lorsque Dieu n'est pas encore arrivé au bout, ça veut dire qu'il n'est pas encore complètement, totalement dévoilé dans le monde de la matière. Il existe dans le domaine de la vie trois degrés: le temps, l'espace et l'homme. Le temps et l'espace sont liés, car sans espace il n'y a pas de temps, le temps étant la distance parcourue entre deux espaces. De la même manière que l'espace donne la notion de temps qui se dévoile dans l'espace, l'homme aussi, qui se trouve dans cet espace-temps, va être différent selon les espaces-temps dans lesquels il se trouve.
J'explique. Il y a dans ce monde des degrés qui sont plus ou moins proches du degré divin qui doit se dévoiler. Le Chabbat, au niveau du temps, c'est le temps qui est au niveau du dévoilement le plus élevé. Mais il y a des temps où le dévoilement devient petit. Par exemple, si je prends la semaine, le Chabbat par rapport à la semaine, c'est déjà un changement radical. Au temps du Chabbat, j'ai une grande lumière divine que je peux appréhender.
Autant dans la semaine, l'intensité de la lumière commence à diminuer. Et quel est le jour de la semaine où l'intensité est la moindre ? Le mardi soir. Pourquoi ? Tout simplement parce que, étant donné que pendant le Chabbat je reçois des lumières pour vivre à ce degré du Chabbat, c'est comme si Dieu me renforçait, me donnait des ustensiles, des vêtements assez solides, une combinaison pour arriver à contenir la lumière du Chabbat. Sans cette combinaison, j'exploserais. Cette combinaison s'appelle des madim, des midot, une mesure de pouvoir contenir la lumière.
Au niveau de la Kabbale, ce sont trois degrés: le Nefesh, le Ruach et la Neshama. C'est-à-dire l'âme animale qui s'habille dans mon foie, le souffle divin qui s'habille dans mon cœur, et le degré le plus élevé, qui s'appelle Neshama, qui s'habille dans mon cerveau. Ces trois degrés m'arrivent au fur et à mesure que je m'approche du Chabbat. Comme il y a trois degrés à recevoir pour arriver au Chabbat, je commence à les recevoir le mercredi. Ça veut dire que le mercredi soir, je reçois un degré; le jeudi soir, je reçois un deuxième degré, plus élevé;
et le vendredi soir, je reçois déjà le degré qui est le plus proche du Chabbat. Et là, je peux vivre mon Chabbat. Chabbat étant terminé, ces trois éléments me quittent. Mais ils ne me quittent pas d'un seul coup, ils me quittent au même rythme qu'ils sont arrivés chez moi. À la sortie de Chabbat, Motsa'é Chabbat, je perds la partie la plus élevée, donc la Neshama. Dimanche soir, je perds le Ruach, le souffle, et lundi soir, je perds le Nefesh du Chabbat. Ce qui fait que mardi soir, je suis dans un vide relatif par rapport à tous les jours de la semaine.
Et ce n'est pas par hasard que la Guemara nous dit que le mardi soir, il y a un certain danger pour un Talmid Chacham de se promener seul. Pourquoi ? Parce qu'il est comme sans protection.
Ça, c'est au niveau du temps. Vous voyez donc qu'il y a des différences entre les temps. Quel est le but ? Le but n'est pas que Dieu éclaire le jour du Chabbat. Le but, c'est que Dieu, entre guillemets, arrive à éclairer le mardi soir. Tant que la lumière divine n'est pas arrivée jusqu'au mardi soir, entre guillemets, Dieu n'a pas abouti sa démarche. Sa démarche n'est pas arrivée au bout. Donc ça s'appelle la fin des temps, l'extrémité.
Au niveau de l'être, je quitte maintenant la notion de temps et j'en viens à l'être humain. L'être humain peut dévoiler la lumière d'HaKadosh Baroukh Hou au niveau le plus élevé, c'est-à-dire au niveau de son âme, étant donné que l'âme est la plus profonde dans l'être humain, et que la lumière divine est au maximum de sa lumière au niveau de l'âme. Mais plus on s'éloigne de cette âme, plus on rentre dans les éléments corporels de l'homme. Et ces éléments vont du plus profond au plus superficiel.
Quelle est la partie la plus superficielle de l'être humain ? Sa peau. C'est-à-dire que ma peau est le dernier écran entre moi et le monde qui m'entoure. Quand je te vois, nous nous voyons par écran interposé; la première chose que je vois en toi, c'est l'écran. Une fois que je te connais mieux, que je te parle, nous dévoilons des éléments plus intérieurs. Mais au départ, c'est la partie la plus superficielle. Tant que la lumière divine n'est que dans mon âme, je n'ai pas fait grand-chose. Mais dès que la lumière divine traverse tous les éléments pour arriver jusqu'à ma peau, alors là, j'ai fait un exercice de style, là j'ai grandi.
Ça veut dire que tant que ma peau n'est pas au même degré de réception que mon âme, la lumière divine n'est pas arrivée au …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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