Pirke Avot 1, 8 : choisir ses compagnons et ses juges
Pourquoi s'éloigner du mauvais voisin, distinguer le méchant du rachaa, et juger sans préjugé.
Rav Shaoul David Botschko
Ensuite : Interroger les témoins sans les piéger, selon Pirké Avot, 44 min
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Alors, au Pirké Avot, on est arrivé à la Mishna Zayin. Netanel Arbeli dit: « Omer. » Netanel d'Arbel, c'est au nord d'Israël, un endroit magnifique dans le Galil. Il nous donne trois enseignements.
Pas très sympathiques, pas les enseignements qui font plaisir au cœur. Plutôt: attention, attention, attention. Vous devez faire attention à beaucoup de choses. Il y a ici un enseignement qui se trouve dans les rapports humains, et il est très important: choisir ses camarades, choisir avec qui on a affaire, a une immense importance pour l'homme. Parce que nous, les êtres humains, nous sommes influencés par la société dans laquelle nous vivons. C'est ainsi que Netanel Arbeli nous dit: « Éloigne-toi de ton mauvais voisin, ne t'associe pas au méchant… »
Il nous donne deux raisons, le Bartenoura, pour expliquer pourquoi il ne faut pas être trop près d'un rasha. La première explication est tout à fait logique, on peut tous la comprendre. C'est un peu comme: avoir un copain qui est méchant, c'est se faire influencer et devenir méchant soi-même.
Maintenant, il y a une deuxième raison, qui dit que c'est une histoire qu'on apprend ici de Kora'h. Les Réouvénites qui étaient près de Kora'h s'étaient influencés par Kora'h. Et lorsque Kora'h est tombé, lorsqu'il a fait sa révolte contre Moshé Rabbeinou, deux cent cinquante chefs réouvénites sont tombés avec lui. Alors, quelque part, on nous dit ici, dans un enseignement du Bartenoura, que non seulement tu dois t'éloigner pour ne pas être influencé, mais aussi: lorsqu'il va recevoir sa punition, comme tu es à côté, tu risques d'être atteint.
C'est comme lorsqu'il y a un incendie quelque part: même la maison d'à côté risque de prendre feu, même si l'intention était de ne brûler que la première maison. On voit ça malheureusement en Israël, dans le Maron, partout, lorsqu'il y a des brigands qui veulent attaquer, qui veulent faire descendre quelqu'un. Il s'attaque, et puis quelquefois la balle se perd. Eh bien, elle se perd et va toucher quelqu'un d'autre qui est juste à côté. C'est ainsi: malheur au rasha, malheur à son voisin.
Évidemment, il y a dans ce texte deux notions: comment Hazal voient le chakhen ra, comment les Hakhamim voient-ils le chakhen ra et le rasha ? On a besoin de comprendre, parce que quand vous achetez une maison, comment savoir si c'est un chakhen ra ou s'il y a un rasha ? Comment décider ça ? Comment savoir ? C'est vrai qu'on peut aller voir les voisins, mais s'il n'y a pas de voisins, si vous rentrez dans un endroit tout neuf…
Il faut bien entendu, comme pour tout texte, apprendre les choses, comprendre l'enseignement que la Torah veut nous donner ici. D'abord, on ne peut pas considérer comme rasha chacun qui n'est pas comme nous. C'est une grande maladie qu'on a aujourd'hui: penser que tout celui qui ne pense pas comme moi n'est pas bien.
Alors, la différence entre ra et rasha, elle est expliquée par les différents Israël. Les différents Israël font une grande différence entre les deux, et ce qui rend cela explicable… Il n'y a pas de répétition entre s'éloigner d'un mauvais voisin et ne pas s'allier avec un rasha. Ce sont deux choses différentes.
Alors je vais vous le lire dans le texte: le ra, c'est quelqu'un qui est colérique, qui a un mauvais caractère. Je crois que tout le monde a pu avoir l'expérience, dans sa vie, d'avoir un voisin qui n'est pas sympathique et qui s'énerve pour n'importe quoi. La première année où nous étions en Israël, nous n'étions pas dans un petit yichouv comme on a été après. On était dans un immeuble, et il y avait, Baroukh HaShem, des enfants. Et malheur à une balle qui tombait chez le voisin ! Il en faisait un crime, un crime. Enfin, on ne reste pas là. C'est impossible de rester là, parce qu'on ne veut pas rester dans un endroit où les gens ne sont pas gentils. Ça, c'est le chakhen ra.
Le rasha, c'est plutôt la personne qui ne respecte pas le Chabbat, qui ne respecte pas la Torah. Ce n'est pas la même chose. Le chakhen ra, éloigne-toi, parce que ta vie va devenir impossible; il n'est peut-être pas un rasha, mais il n'est pas sympathique. Et le rasha, c'est celui qui peut t'entraîner à faire de mauvaises actions. C'est pour ça qu'on a parlé de hibour. Il ne faut pas t'allier, même s'il n'habite pas à côté de toi. Il ne faut pas que tu prennes comme ami des gens qui vont t'entraîner à faire de mauvaises actions. On ne va pas travailler dans une boîte qui fait du télémarketing malhonnête, par exemple. Fais attention de ne pas te laisser entraîner à faire des choses que, toi, en toi, tu n'aurais pas voulu faire.
C'est-à-dire qu'il y a une grande vérité dite dans cette Mishna: la grande importance de l'environnement, et en particulier dans l'éducation.
Maintenant, ceci dit, il y a aussi un grand danger: penser que tous ceux qui ne sont pas comme nous sont des méchants. On a, par exemple, très souvent cette tentation chez nous. D'abord, on fait des écoles religieuses pour ne pas être non-religieux. Ensuite, dans les religieux, on va faire encore une distinction entre ceux qui sont plus religieux et moins religieux. Puis, dans les plus religieux, on fait encore une école pour être plus torani. Et il n'y a pas de fin. Est-ce qu'au bout du compte on a vraiment gagné ? Ce n'est pas toujours le cas.
Pas toujours le cas. Dans les yichouvim, on n'a pas voulu recevoir des familles qui ne sont pas religieuses. Très souvent, les propres enfants des gens devenus yichouv sont devenus non religieux. Et finalement, il y a des non-religieux dans les yichouvim. Donc il faut faire attention. La notion du mot, c'est hibour: ce n'est pas de considérer chacun en se disant: il n'est pas comme moi, il est rasha, je m'éloigne.
La plupart de nos frères juifs sont gentils, ils ont tous de bonnes volontés. C'est rare, on n'a pas eu de chance la première année qu'on était en Israël; c'est un peu l'épreuve d'être dans une maison où les gens ne peuvent pas supporter les enfants. Mais en général, ce n'est pas le cas. C'est peut-être plus le cas en galout qu'en Erets Israël. En Erets Israël, c'est rare.
Et même les personnes de notre peuple qui ne sont pas religieuses sont, en général, des hommes bons. Ils sont prêts à aider, ils sont prêts à soutenir. Ce ne sont pas des rechaïm. Ce sont des gens qui ne connaissent pas: des gens qui n'ont pas appris, ou des gens qui ont mal appris et qui ont abandonné. Mais en général, ce ne sont pas des gens méchants.
J'ai écrit tout un article, une petite brochure, sur notre rapport avec ceux qui ne sont pas religieux. Il est très important de ne pas voir chacun qui n'est pas religieux comme un méchant, parce qu'ensuite on devient nous-mêmes méchants, on devient …
Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim
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