Israël, premier dessein du Créateur et le nom d'Hachem
Comment la pensée première d'Israël se relie à la chute d'Adam, à l'unité perdue des nations et à la mission d'Abraham.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : La Ségoula d'Israël et la mission de révéler la lumière, 55 min
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Donc notre cours aujourd'hui continue le sujet déjà commencé: la capacité du peuple d'Israël. Qui est ce peuple ? Pourquoi a-t-il été pensé par l'Éternité, par l'Éternel ? Pourquoi a-t-il été choisi, créé de telle et telle matière, pour pouvoir révéler Son nom ? Et comment ce nom de l'Infini, qui veut dire en fait Son expression, car l'Infini, on ne peut pas y toucher ? On ne peut toucher qu'à Son nom. Vous comprenez qu'il y a une nuance entre Lui et Son nom. Lui, c'est Son essence, on n'en a aucune notion. Son nom, c'est Son expression. Et nous, en fait, on n'étudie que Son nom. C'est ce qu'on appelle le Chem, le Chem Hachem, le nom d'Hachem, et pas Hachem lui-même.
Pas l'Infini, béni soit-Il: ça, on n'en a aucune notion, aucune pensée ne peut le saisir. Donc on ne s'occupe que de Sa révélation, de ce qu'Il veut bien montrer de Lui-même, de Son infinité. On nous a dit qu'Israël a été pensé par cette source de vie, par l'Éternité, pour être créé et réaliser le dévoilement de Son nom. Comment est-ce que ça se passe ? Il faut l'étudier.
Il faut étudier la Torah de cette manière-là, pour savoir ce que nous faisons, et ne pas seulement considérer la Torah comme un livre de lois, d'interdits et d'autorisations, blanc ou noir. Il y a donc une étude nécessaire, absolument nécessaire, et surtout dans les dernières générations, prémessianiques, pour savoir comment aborder le sujet: d'abord savoir qui nous sommes, et quelle est cette nature.
Nous avons dit que chaque nation a son rôle à jouer dans l'histoire humaine, et que le rôle d'Israël est de dévoiler les idées, les idéaux de l'Infini, béni soit-Il. Nous avons dit qu'Israël a donc précédé le monde, c'est-à-dire que c'était l'idée première du Créateur. Israël, c'était la première pensée du projet divin.
Et nous sommes donc les réalisateurs de ce projet. Grâce à Israël, le projet divin se réalise dans le monde. Il est donc très important d'étudier qui nous sommes. Comment arrive-t-on à faire ce travail-là, à dévoiler justement des valeurs de l'Infini, nous qui sommes des êtres finis, limités ? Comment des êtres qui sont dans ce monde, avec toutes les restrictions et toutes les conditions qui minimisent… ?
Ce sont des questions primordiales, et vous voyez que cela dépasse complètement le fait d'étudier la Torah, et c'est tout, et de faire les mitsvot. Bien entendu, cela passe par là, mais on se doit de comprendre au maximum.
Alors nous sommes dans 1, 2, 3, 4, 5, 6. Beotodo. Ne'elam atselema mekoriveh hameyuhachela damarishon. Lorsque le premier homme a fauté, il a perdu, on va dire, la mémoire de ce qu'il devait faire. Le souvenir de ce qu'il devait faire. Comment peut-on perdre le souvenir de ce que l'on doit faire ? Tout simplement parce qu'on a perdu le souvenir d'où l'on vient. Car si je me rappelle d'où je viens, je sais aussi où je vais. De là où je viens, on m'a déjà dit là où je dois aller. Donc si je ne sais plus, à un moment donné, où je vais, c'est que j'ai oublié ce qu'on m'a dit au départ. Ça, c'est la faute. La faute a causé un brouillage du sens de la vie.
Et à la place de cette essence qui a été perdue, se sont levées des nations, des cultures différentes les unes des autres. Le fait de perdre engendre automatiquement plusieurs possibilités. D'accord ? Il y a donc plusieurs façons de voir les choses, plusieurs cultures qui sont en réalité contradictoires et rivales les unes par rapport aux autres.
Et chacune de ces cultures a gardé une parcelle de cette grandeur initiale. On ne peut donc plus dire qu'une nation contient le tout: chaque nation a gardé une petite partie. C'est comme si tout avait explosé en milliards de particules. Tout cela était bien entendu condensé dans le premier homme, et après la faute, tout a explosé.
Tout s'est mis en détail. Donc aujourd'hui, si je regarde le monde, je ne vois plus l'unité première de l'homme, Adam, qui porte en lui une idéologie divine. Je vois des milliards et des milliards de détails. Tout est détail. Il n'y a que des détails dans ce monde. Il y a ce tableau, il y a cette porte, il y a ce stylo, il y a ce téléphone, il y a… On ne sait pas quel est le lien entre toi et moi, lui, cette classe. Quel est le lien entre nous ? On n'arrive plus à le savoir. Il est là. Ni entre le lieu et la personne, ni entre le lieu et le lieu, ni entre l'identité, le lieu et le temps, et ainsi de suite. On n'arrive donc plus à comprendre le sens des choses.
Chaloukazo: cette séparation. Au départ, cela s'appelait des familles, c'est-à-dire que l'explosion de l'homme adamique s'est retrouvée en familles. Oufianot Belchonotehim avait quelque chose de commun: c'était un langage. Un langage commun. Les gens se reconnaissaient par un langage. On parlait la même langue, donc on faisait partie du même clan. Et de ces familles sont sorties des nations, et des nations et des cultures différentes qui ont peuplé le monde.
On a alors commencé à comprendre que les familles ne sont pas seulement celles qui parlent la même langue, mais aussi celles qui se trouvent au même endroit, c'est-à-dire qui ont un même contour de terre, une géographie commune. Ces familles sont donc devenues, en s'élargissant, des nations. Et à partir de ce moment, je peux reconnaître que, si tu ne fais pas partie de cette nation, tu es un étranger.
Cela a touché la terre, bien entendu. Je parle là du genre humain, mais cela a touché tous les éléments de la terre, y compris le minéral. Tout. Tout. Maintenant, vous comprenez, c'est une bonne réflexion que tu es en train de faire. Pourquoi, scientifiquement parlant, voit-on que ce qui était au départ un, même au niveau des continents, est séparé ? Tout va vers l'expansion, au lieu de revenir à une source initiale, première, qui régissait le tout.
Notre cerveau s'est mis à fonctionner de cette manière aussi. On n'arrive plus aujourd'hui à faire deux choses en même temps, et on n'arrive pas non plus à condenser et à comprendre les choses. Si je pense à quelque chose, je dois comprendre quelque chose d'autre. On n'arrive pas à faire les liens, comme s'il nous manquait des fils à coudre. Alors tu vas voir un film, et tu sors de ce film avec des milliers d'images que tu as vues pendant une heure et demie, et tu as du mal à comprendre le sens. Donc tu racontes le film. Mais on ne t'a pas demandé de raconter le film. On t'a demandé de raconter le sens du film. Quel est le but de ce film ? Le réalisateur ne voulait pas nous montrer un ensemble d'images sans aucun rapport les unes avec les autres. Il avait un but. Mais on n'arrive pas à le voir.
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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