La techouva, antérieure à la création du monde
Le Rav Kook fait de la techouva le but même de la création, bien avant la notion de faute.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : La techouva, retour du divin vers le monde, 1 h 02
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Tov, et shalom à tous. Je serai l'un des enseignants cette année, b'ezrat Hachem. Mon nom est Yoël Benharrouche, et j'enseigne au Machon Meir depuis presque 15 ans. Avec moi, vous aurez un cours par semaine seulement. La direction que je vous propose dans ces cours est une pensée au niveau de ce que nous appelons ici la émouna, que j'essaierai de traduire au fur et à mesure des cours. Bien entendu, je ne traduis pas cela par la émouna, mais par la certitude: vivre de plus en plus dans la certitude de notre identité, de ce que nous sommes, en tant que nation d'abord, et ensuite en tant que nation qui
C'est un sujet très vaste. Il traite d'une manière générale de la rédemption d'Israël. Aujourd'hui, puisque nous sommes dans le mois d'Eloul, je vous propose donc de toucher ce sujet à travers les écrits du Rav Kook concernant la techouva. Que représente la techouva ?
Nous avons une tendance à croire que la techouva est forcément liée directement à une faute commise: on a fauté, on fait techouva. Nous allons voir ici que le Rav a écrit un livre qui s'appelle Orot HaTechouva, Les Lumières de la Techouva. Lumière, ici, signifie le concept de la techouva: éclairer quelque chose dans un sens bien précis, donner une lumière, mettre en lumière.
Le Rav va nous expliquer que la techouva est beaucoup plus grande que ce que l'on peut penser, qu'elle est en réalité cosmique, quelque chose d'immense. Et nous, les individus, nous pouvons utiliser de temps en temps cette techouva, ou d'une manière générale dans notre vie, parce que nous savons capter cette force cosmique dans nos éléments privés et individuels. Je vous propose donc de commencer à lire, et nous allons essayer de comprendre.
Ce sont des recueils de ce livre que j'ai apportés. On commence par le début: Aleph, Yesod HaTechouva, Hou Cheshbono Shel Olam. Le Rav nous explique que la techouva est fondée dans le compte qui précède le monde créé. J'explique: le Rav nous dit Yesod HaTechouva, le fondement de la techouva. Hou Cheshbono, c'est le compte, le concept, la pensée, la source. Cheshbon, c'est un calcul; shel Olam, c'est celui du monde, en tant qu'il a été créé.
Avec des mots simples, le Rav nous cite ce qui est écrit dans le Talmud, dans le traité de Pessa'him, qui traite de Pessa'h, à la page 54. Que disent les Sages dans cette Guemara ? Techouva kadma la-olam: la techouva a précédé la création du monde. Autrement dit, la techouva existe bien avant que le monde ne soit.
Que signifie cela ? Cela signifie que la techouva précède l'idée même de la création du monde. Est-elle, en réalité, l'idée pour laquelle le monde va être créé ? Puisque le temps n'existe pas avant la création, que veut dire « la techouva était avant » ?
« Avant », cela veut dire que c'est un concept qui est la source même de ce que nous allons créer, de ce que Dieu va créer. Ce n'est pas avant ni après: c'est un but et une conséquence. Le but même dans la pensée divine de la création du monde, c'est la techouva. C'est une idée qui précédait même la création du monde. Cela veut dire tout simplement que le monde a été créé pour cette chose-là.
Quand on dit qu'une idée précède quelque chose, c'est qu'en réalité elle était le plan de la chose en question. Si j'ai une idée qui précède une action, mon action va simplement dévoiler l'idée que j'avais avant. L'idée d'avant la création, c'était la techouva. Il faut comprendre cette notion, qui dépasse de loin tout ce qu'on peut imaginer.
Nous avons l'impression que la techouva a commencé à partir du moment où il y a eu faute. Or le Rav nous met en déséquilibre et nous dit: non, la techouva existe bien avant la notion de faute. Il n'y avait même pas de faute, il n'y avait même pas d'homme, il n'y avait même pas de monde, et la techouva était déjà dans la pensée divine, car c'est le but même de toute la création qui viendra plus tard. D'accord ?
Il y a là toute notre étude: le mot techouva peut se traduire en hébreu de différentes manières. Premièrement, techouva veut dire réponse. La techouva, c'est la réponse à une question. Deuxièmement, la techouva peut se traduire comme retour, la chouv. Je vais m'arrêter à ces deux traductions et essayer de les expliquer assez succinctement.
La techouva, en tant que réponse, introduit ce que nous avons dit tout à l'heure. S'il y a réponse, c'est qu'il y a question. Or, dans le judaïsme, la réponse existe avant la question, puisque la techouva existe avant le monde. Donc le monde, par conséquent, est une question. L'être suprême de la création, c'est l'homme. L'homme, en hébreu, se dit Adam. Adam a pour valeur numérique quarante-cinq.
La valeur numérique de quarante-cinq est aussi la valeur numérique de deux lettres hébraïques: le mem, quarante, et le hé, cinq. Or, en hébreu, mem-hé se dit ma, qui signifie quoi. C'est la question. Donc l'homme égale la question. Je répète: la techouva, la réponse, existe avant la création de l'homme, donc avant la création du monde.
Dans le judaïsme, la réponse existe bien avant la question. Et s'il n'y avait pas de réponse, il n'y aurait jamais eu de question. Ce n'est pas parce que tu poses une question que tu cherches une réponse et que tu inventes quelque chose. Non, la réponse existe déjà, et c'est pour cela que tu peux poser une question. Si la question est bien posée, la réponse apparaît. Si la question est mal posée, tu vas tourner autour, sans avoir véritablement la réponse, parce que tu n'as pas posé la bonne question. Toute la force de l'homme, c'est donc de poser de bonnes questions, parce que la réponse existe déjà.
Dans la deuxième traduction, techouva égale retour, et c'est la même chose. Si je parle de retour, cela veut dire qu'il y avait un départ, que nous sommes sortis d'un certain degré, et que nous sommes simplement en train de rejoindre ce degré duquel nous sommes venus. Retour, cela veut dire que j'étais déjà, et que je repars vers cette identité première. Dans cette deuxième traduction, la techouva ne trahit donc pas la pensée que je suis en train de développer: lorsque je fais techouva, je fais un acte qui me pousse à revenir vers quelque chose que j'ai déjà connu.
J'ai une conclusion intermédiaire: le Juif ne va jamais vers quelque chose de neuf. Il va simplement vers quelque chose qu'il connaît déjà et qu'il a oublié. Le mot « devant » est aussi le mot « avant », comme en français: je vais en avant, mais avant veut dire aussi le passé. En français comme en hébreu, kadima veut dire devant, et kodem veut dire avant. Lorsque nous demandons au Saint, béni soit-Il: Hachivenou… ve-hachezireinu… Hadech yameinu kekedem, replace-nous comme auparavant. C'est-à-dire: ramène-nous vers l'identité première, vers la véritable essence dont nous …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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