La techouva, notion antérieure à la création du monde
Pourquoi Hachem a créé un monde inachevé, et pourquoi les moyens doivent porter la même intensité que le but.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Le sens de la techouva, 56 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Tov. Mon nom c'est Yoël Benharrouche. Je suis là pour les cours d'émouna cette année, et donc, Hachem, j'espère que le courant va passer. Le sens de mes cours, c'est de rétablir les notions du judaïsme telles qu'elles sont dans leur véritable source, et non pas de tomber dans les traductions, qui malheureusement trahissent le degré de départ.
Ça veut dire que dès que nous parlons une langue étrangère au Kodesh, au Lachon HaKodesh, au langage du Saint-Béni soit-il, ce n'est pas la langue sainte. On aurait dû dire en hébreu Lachon HaKodesh, Zelechono Shel HaKadosh Baroukh Hou. Le Zohar nous dit que quand on parle Lachon HaKodesh, on parle le langage que HaKadosh Baroukh Hou lui-même parle, et avec lequel HaKadosh Baroukh Hou a créé le monde. Donc il est très important d'étudier à la source. C'est pourquoi il est important d'avoir un texte, même si ce n'est qu'un prétexte, pour avoir les lettres de base, les lettres initiales, pour essayer de comprendre des notions qui sont très profondes.
Notamment lorsque nous abordons un sujet tel que la techouva. Là aussi, ce sujet est tombé au niveau le plus bas, et on a l'impression que la techouva, c'est parce que j'ai fauté, je dois faire techouva. C'est vrai, mais ça ne s'arrête pas là. La techouva est quelque chose qui a existé avant la création du monde, sans même qu'il y ait encore de faute, ni de notion de faute.
Ça veut dire que la techouva est une notion cosmique que HaKadosh Baroukh a placée dans l'univers bien avant que le monde ne soit créé. Et comment les sages nous disent ça ? Tout simplement par un axiome de base: techouva kadma larolam, la techouva a précédé le monde. Or, si tu me dis que la techouva a précédé le monde, j'ai l'impression que je parle d'un temps. Mais avant la création, le temps n'existait pas. Alors tu me mets dans un problème. Je suis donc obligé de traduire, non pas que la techouva a précédé le monde, mais qu'elle était son modèle, c'est-à-dire qu'elle était la raison pour laquelle le monde a été créé. C'est comme si HaKadosh Baroukh Hou avait regardé le modèle de la techouva, et que c'est grâce à ça que le monde a été créé.
Et donc tout ce que je dois faire dans ce monde doit en réalité respirer la techouva, avoir la couleur de la techouva, avoir le parfum de la techouva, avoir tous les degrés de la techouva, qui était la première prévision que HaKadosh Baroukh Hou voulait pour que ce monde se réalise de la manière la plus conforme à sa volonté divine.
Le problème, c'est le décalage. Dès que le monde est créé, il y a directement décalage entre cette première volonté divine et la réalisation de ce monde. Ce décalage est normal, j'allais dire. Il est fait exprès. HaKadosh Baroukh fait exprès que ce monde ne soit pas la réplique conforme de ce qu'il est lui. C'est-à-dire qu'il a laissé un décalage à compléter. Ce décalage à compléter se dit dans le verset de la Torah: Acher bara Elohim la'assot. À la fin de la création de l'homme, ce verset est le secret de ce que l'homme est venu faire dans ce monde.
Dieu introduit donc l'homme comme étant son associé, et il va lui dire: « Écoute, j'ai créé un monde, mais je l'ai créé volontairement non fini, non terminé. Est-ce que tu veux m'aider à le compléter ? » Et l'homme se dit: « Mais tu n'avais pas besoin de moi. Tu aurais pu créer, parce que tu es l'infini, béni soit-il, un monde parfait. Pourquoi tu crées un monde imparfait, pour me mettre à l'intérieur, pour que je devienne ton associé pour le parfaire ? Je ne comprends pas. »
Et HaKadosh Baroukh Hou de répondre: « Je ne fais pas ça pour moi. Bien sûr que je peux créer un monde parfait directement. Mais je suis le bien, par définition, et le bien, c'est le partage. Et je voudrais t'introduire, toi, pour que tu reçoives, toi aussi, un plaisir dans ce monde, lorsque tu sens que tu fais quelque chose, et que tu n'es pas seulement un robot qui reçoit ma lumière. Est-ce que tu veux travailler avec moi ? On travaille ensemble pour terminer ce monde. Moi, j'ai
commencé la création, je te demande juste de terminer. Il n'y a pas grand-chose à faire. Tu es d'accord ? »
Sache que c'est difficile, mais tu peux le faire. C'est-à-dire que je t'ai créé avec les capacités nécessaires pour pouvoir réussir. Maintenant, c'est ton libre arbitre, ton libre choix de le faire ou bien de refuser d'être associé, auquel cas tu vas vivre comme tous les animaux, comme les plantes, robotisé par un chemin de vie qui n'est pas réellement le reflet [de ce qui est].
D'accord. Il peut tout faire.
Justement, pour créer un vide, pour créer un manque à compléter. C'est-à-dire, c'est ça le jeu. On ne comprend pas. C'est l'infini, béni soit-il, il a une pensée, bien entendu. Ok ? Le Ramhal va répondre un petit peu à ta question et te dit: HaKadosh Baroukh Hou, c'est le bien. Et la racine, la source, la nature du bien, c'est de faire du bien. Mais pour que quelqu'un reçoive réellement le bien tel que HaKadosh Baroukh Hou le conçoit, il faut que tu aies un manque. Ça veut dire que je te réponds un petit peu à la question: si je t'avais créé directement avec le sentiment même que tu es bien, ce n'est pas le vrai bien pour HaKadosh Baroukh Hou. Le vrai bien pour HaKadosh Baroukh Hou, c'est quelque chose que tu parfais, quelque chose que tu complètes. Mais tu ne deviendras jamais parfait.
Tu es toujours dans la perfectibilité, sans jamais devenir toi-même parfait. Sinon tu deviens HaKadosh Baroukh Hou, et ça, ce n'est pas possible. Donc dans ce monde, ne vous attendez jamais à la perfection. Elle est impossible à atteindre. Mais vous devez toujours savoir que vous êtes en éternelle évolution vers le bien. Et ça, par contre, c'est très important de le faire et de le réaliser.
Pour HaKadosh Baroukh Hou, qui est le créateur, et pour nous, qui avons la émouna pchouta que ce qu'il crée est pour le bien: si lui me dit que le bien est d'une telle manière, c'est-à-dire que c'est à moi de faire le travail pour le recevoir, alors je deviens véritablement heureux de ce que j'ai fait, parce que ça veut dire que c'est ça le bien. Quel ? Attendez. Un autre monde, le monde d'HaKadosh Baroukh Hou, le monde de l'infini, béni soit-il, quel ? Là-bas, c'est la perfection. Mais dans l'autre monde, dans tout ce qui est créé en fait, ce sont toujours des évolutions.
Même chez les morts. Les morts, d'après vous, ils ont arrêté leur travail ? Ils ne bougent plus ? Ils sont coincés ? Non. Il est écrit que dans les Sidourim que vous allez ouvrir, dans les Mahzorim de Roch Hachana, le jour de Roch Hachana, les livres des vivants et les livres …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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