Entretien avec Élie Kling sur Israël aujourd'hui
Un parcours personnel, Kfar Maimon, Khemdat Adarom et la sécurité du Néguev.
Rav Élie Kling
Ensuite : Hemdat Hadarom : vingt-cinq ans auprès des jeunes filles, 40 min
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Galit: Vous vous retrouvez ce soir pour un nouveau numéro d'Entre nous soit dit, le deuxième, avec un nouvel invité, que je suis honorée de recevoir sur le plateau de Tandem TV. Un homme de savoir, un homme de transmission, un homme d'enseignement, un éducateur, adulé par ses élèves, un rabbin, fils de grand rabbin. J'ai l'honneur d'accueillir le Rav Élie Kling. Bonsoir Rav Kling.
Rav Kling: Bonsoir Galit.
Galit: Comment allez-vous ?
Rav Kling: Ça va bien.
Galit: Je suis ravie de vous avoir ce soir. On va discuter, on va échanger, j'ai plein de sujets dans mes tiroirs pour vous. Mais en préambule, permettez-moi, si vous voulez bien, de rappeler à nos téléspectateurs que ce soir, nous allons, vous et moi, traiter de sujets d'actualité, de sujets politiques. Avec notre sensibilité, chacun la sienne, mais notre chaîne Tandem TV n'a pas vocation à devenir une chaîne partisane, et toutes les sensibilités peuvent et doivent s'exprimer sur notre antenne. D'ailleurs, ce soir, il me semble que ça sera un petit peu le cas entre nous. Alors, vous me permettez de faire une rapide présentation ?
Rav Kling: Je vous en prie, faites comme chez vous.
Galit: Né à Lyon, fils de Jean et Esther Kling, figure incontournable du judaïsme français de la deuxième partie du XXᵉ siècle. Lui, grand rabbin de Lyon, puis de Nice. Et elle, votre maman, grande dame à qui vous rendez hommage assez régulièrement. J'ai pu lire des textes qui m'ont beaucoup touchée, de manière vraiment très émouvante. Alors, vous faites votre aliya en 1984.
Rav Kling: Oui.
Galit: Jeune homme ?
Rav Kling: Non, marié. Oui, avec femme et enfant, mais jeune. Un jeune homme, marié.
Galit: L'accent est sur le mot « jeune ».
Rav Kling: Voilà, c'est ça, l'accent était sur le mot « jeune ».
Galit: Donc, jeune homme avec femme, enfant déjà ?
Rav Kling: Un et demi.
Galit: Une et demi. D'accord. Et les cinq autres sont nés ici ?
Rav Kling: Les cinq autres sont nés ici, oui.
Galit: Vous avez étudié à la yeshiva de Montreux, en Suisse. Vous avez secondé le Rav Bochko. Et puis vous faites votre aliya directement à Kfar Maimon, où vous êtes toujours aujourd'hui.
Rav Kling: Oui. Je suis assez conservateur, moi. Dans les lieux, et dans l'occupation aussi, finalement.
Galit: Kfar Maimon, frontière de Gaza, pas loin de Gaza, pas loin de Bouchkatif. Ça, c'était un de vos combats, dont on parlera peut-être. Et en 1995, vous créez la section francophone pour filles d'Hemdat Adarom. Hemdat Adarom, c'est finalement votre activité principale ?
Rav Kling: Oui, depuis.
Galit: Mais j'aimerais que vous nous disiez un petit peu ce que c'est, parce que tout le monde ne sait pas. On vous voit parfois aller en France, recruter des jeunes filles. Racontez-nous ce qu'est Hemdat Adarom.
Rav Kling: Hemdat, c'est d'abord un établissement israélien de hachsharat morot, c'est-à-dire de formation d'enseignants. La vocation, c'est de former des enseignants, dans tous les groupes d'âge, depuis le jardin d'enfants jusque dans les collèges et lycées. Chez nous, on peut obtenir la Torah Richon, donc la licence, et même la maîtrise, dans tous les domaines, plus ou moins, qui sont liés à l'éducation. Y compris pour les filles, mais depuis quelques années pour les garçons également. Les garçons ne viennent pas sur le campus où sont les filles, mais on arrive finalement à faire à la fois la formation pour les hommes et pour les jeunes filles.
Rav Kling: Vous savez comment ça se passe en Israël: ça dure quatre ans. Ensuite, elles sortent avec un diplôme. Ça, c'est le côté israélien. Maintenant, à l'intérieur de ce campus, situé à côté de Netivot, pas très loin de Bmeer Cheva, on a créé, depuis le début, il y a maintenant vingt-sept ans, une section francophone pour des jeunes filles qui, après le bac, voudraient faire une année en Israël, pour approfondir leur identité juive, mieux connaître leur hébreu, etc.
Galit: C'est un séminaire pour jeunes filles ?
Rav Kling: Ce n'est pas vraiment un séminaire, parce que pour que les mots aient un sens, un séminaire, c'est un endroit où on étudie du Kodesh du matin jusqu'au soir pratiquement. Chez nous, on met beaucoup, beaucoup, beaucoup l'accent sur l'intégration également. Une jeune fille qui vient chez nous est motivée à la fois pour le Kodesh, bien sûr, mais aussi pour l'ivrit. Sinon, on fait trois matinées par semaine d'oulpan, un oulpan officiel du ministère de l'Éducation nationale, à plusieurs niveaux.
Rav Kling: Ce sont vraiment des filles qui veulent aller à la… D'ailleurs, on appelle ça michina toranit, on n'appelle pas ça séminaire, pour ne pas tromper les gens. Michina, c'est une année préparatoire universitaire, avec la Torah. Il y a bien entendu aussi les psychométriques, une préparation aux épreuves psychométriques.
Galit: Votre objectif affiché, c'est qu'elles restent finalement ?
Rav Kling: On aimerait bien qu'elles restent toutes. Elles viennent toutes directement de France, ou alors de pays francophones. Cette année, par exemple… très curieusement, une jeune fille vient de Los Angeles, une autre de Milan, et une troisième de Casablanca.
Galit: C'est amusant. Casablanca, je comprends, mais Milan et Los Angeles ?
Rav Kling: Moi-même, j'ai du mal à comprendre. Milan, sa sœur était chez nous il y a longtemps. Et Los Angeles, c'est une histoire très émouvante: sa maman était une ancienne de Hemdat Adarom.
Galit: Ah oui !
Rav Kling: C'est la première fois que ça m'arrive, en fait.
Galit: Ça ne rajeunit pas.
Rav Kling: Non. Au début, on est très ému, on se dit: tiens, la fille d'une ancienne vient s'inscrire. Et puis, quand on raccroche le téléphone, on se dit quand même que ça veut dire ce que ça veut dire. Donc, moi, j'ai pris la décision que s'il y en a une qui m'appelle demain pour me dire que sa petite fille voudrait s'inscrire chez moi, à ce moment-là je démissionne sur le coup.
Galit: Vous prenez votre retraite.
Rav Kling: La retraite, quand même. Ça fait plaisir. Ça fait vingt-sept ans, il y a plusieurs centaines… sept cents, cinquante, je ne sais pas, on en a fait quatre cents.
Galit: Et combien par marzor …
Rav Kling: Ça dépend. On est déjà arrivé au maximum, c'était quarante-cinq.
Galit: D'accord.
Rav Kling: Le premier marzor, on était neuf. Aujourd'hui, on est vingt-cinq cette année.
Galit: Ce qui est particulier, c'est que, quand on s'intéresse un petit peu aux réseaux sociaux, quand on reçoit votre newsletter, etc., c'est vous. Hemdat Adarom, c'est vraiment vous qui incarnez cette michina pour filles. On vous voit déguisé, faire le clown, partir avec elles en tiyoul, enfin vraiment. Et moi, je vous ai vu à des mariages de jeunes filles d'Hemdat Adarom, et vous êtes une star.
Rav Kling: Non, c'est-à-dire que les mariages, pour moi, c'est très important. Je ne suis pas très bon dans les …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling
Dans la même série
Le parcours du Rav Kling, sa famille, son alya et vingt-cinq ans d'action à Hemdat Hadarom.
- 1
Le Rav Élie Kling : histoire de sa famille et de son pèreParcours du père du Rav Kling : Nice, la radio Shalom Nitsan, puis Kfar Maimon jusqu'en 2003. - 2
Le Rav Elie Kling, de l'exil à l'alia dans le NéguevUn rabbin raconte son parcours, son père, et pourquoi il a choisi le désert du Néguev. - 3
Rav Élie Kling : pourquoi il a décidé de monter en IsraëlLe souvenir de Souccot 1973, le journal lumineux de Lyon et l'idée d'être acteur de son histoire plutôt que spectateur. - 4
Entretien avec Élie Kling sur Israël aujourd'huiUn parcours personnel, Kfar Maimon, Khemdat Adarom et la sécurité du Néguev. - 5
Hemdat Hadarom : vingt-cinq ans auprès des jeunes fillesLe séminaire Hemdat Hadarom, ses 646 anciennes, son programme d'un an et les raisons de la baisse de l'aliyah française. - 6
Hemdat HaDarom, 25 ans d'une école pour jeunes fillesTémoignages d'anciennes élèves sur le programme d'un an en Israël, mêlant ulpan, étude de la Torah et intégration. - 7
Étudier en Israël malgré la guerre : le choix des jeunes fillesLe Rav Élie Kling et trois étudiantes expliquent pourquoi ils ont maintenu la rentrée à Jérusalem en octobre 2023. - 8
60 ans du Rav Kling - montage d'anniversaire en famille - 9
Questions improbables au Rav Élie KlingLe Rav Kling répond avec humour à des questions sur Israël, Chemdat Adarom et son père.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav