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Mettre de l'ordre dans la Torah : cinq livres ou sept

Pourquoi la Torah compte cinq livres, ce que le sixième devait accomplir, et comment les parachiot s'organisent en sept.

49 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : La fête de Souccot et La dimension universelle du peuple Juif 🇮🇱, 52 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Salam tout le monde ! Aujourd'hui, nous allons mettre un peu d'ordre. Ce sera un cours sur l'ordre. L'ordre de quoi ? Eh bien, l'ordre de la Torah, et j'entends ici les cinq Chumashim. Quand on regarde le Choumach, on a l'impression, a priori, d'un livre extrêmement désordonné, n'est-ce pas ? Il y a des événements postérieurs et antérieurs, il y a des contradictions.

Il y a, on dirait même, des valeurs contradictoires dans le texte. L'une des treize midot pour étudier la Torah, c'est quand deux versets se contredisent l'un l'autre, jusqu'à ce que vienne le troisième et fasse un peu d'ordre. Il faudrait donc bien savoir comment la Torah est ordonnée. C'est ce que nous allons étudier aujourd'hui.

Ceux que ça n'intéresse pas peuvent sortir. Très bien. Ah, tu restes quand même ? Bon, tu es encore là. Nous avons donc dans la Torah cinq livres, qu'on appelle comment ? Des Chumashim. Le Pentateuque, ce sont les cinq livres. Penta, cela veut dire cinq en grec: Pentateuque, donc cinq livres. Et en hébreu, des Chumashim. Il y en a combien ? Cinq. Parce que s'il y en avait six, ça ne s'appellerait pas ?

Des Choushoushim ? D'accord ? Parce qu'un Choumach, cela veut dire un cinquième, n'est-ce pas ? Donc, pour que ça reste des Chumashim, il faut bien qu'il n'y en ait que cinq. C'est une première possibilité, d'accord ? Cependant, peut-être qu'il aurait été préférable qu'il y ait six livres, ce qui constituerait un Exateuque, au lieu d'un Pentateuque. C'est la Guemara qui le dit, dans le traité de Nedarim, que si Israël n'avait pas péché, il n'aurait reçu que les cinq parties de la Torah, et le livre de Yehoshoua, parce que celui-ci est l'établissement en Erets Israël.

C'est-à-dire qu'en fait, les cinq premières parties de la Torah, les cinq Chumashim, sont une théorie, et elle est appliquée en Erets Israël. L'application, qui est le sixième livre, aurait donc dû faire partie de la Torah. Cela aurait été vrai si Moshe était entré en Erets Israël, et c'est donc lui qui aurait écrit le sixième livre. Et, dans ce cas, l'histoire aurait été achevée à ce moment-là.

Donc, quand nous avons la Torah avec seulement cinq livres, et que cela se termine par la mort de Moshe, nous avons comme résultat un livre incomplet. Pire que cela: ce n'est pas parce que Moshe ne l'a pas écrit, c'est parce que l'histoire n'a pas réussi. Tout le projet historique dans la Torah, finalement, est raté. Il y a un échec. Parce que Moshe n'a finalement pas accompli la promesse. La promesse était d'amener la génération qui sortait d'Égypte jusqu'à l'héritage d'Israël. Or, cette génération est morte dans le désert, avec Moshe, et c'est un autre qui a introduit Israël en héritage d'Israël.

Dans la paracha de Vaera:

> « Vous saurez que je suis l'Éternel, votre Dieu, qui vous a fait sortir du pays d'Égypte. > Et je vous amènerai dans le pays que j'ai juré de donner à Abraham, Isaac et Jacob, et je vous le donnerai en héritage, moi l'Éternel. »

Il a dit cela à Moshe. Mais c'était pour la même génération. Tout cela aurait dû s'accomplir dans cette même génération. C'est le Saint, béni soit-Il, qui ne l'a pas accompli. D'accord, peu importe. En tout cas, cela veut dire que l'œuvre qui était destinée à Moshe n'a pas réussi, d'accord ?

D'ailleurs, quelle est la dernière parole que Moshe entend avant de mourir ? Non, la dernière phrase de la Torah, non. Quelle est la dernière phrase que Moshe entend ? « Je t'ai montré de tes yeux, et là-bas, tu ne passeras pas. » Et Moshe mourut.

C'est-à-dire que, jusqu'au dernier moment: non, tu n'y entreras pas. C'est dur, non ? Bien sûr, il a retourné le couteau dans la plaie, il a mis du sel sur sa blessure. C'est terrible. Cela veut dire qu'en fait, dans tout ce projet, cela aurait pu très bien marcher, l'histoire aurait pu s'achever, mais elle ne s'est pas achevée. Nous avons donc cinq parties de la Torah qui sont, si vous voulez, la préparation au sixième livre, et puis cela ne marche pas. Et cela continue pendant des milliers d'années.

Et nous avons un travail énorme à faire. Nous sommes en train d'achever le projet de nos jours, d'accord ? C'est ce que nous faisons aujourd'hui pour pouvoir enfin écrire le sixième livre de la Torah. Et dans ce cas, le problème, c'est qu'on ne pourra pas appeler cela des Chumashim. Ça, c'est notre problème. Bon, maintenant, hein ? Des Choushim ? Oui, enfin, des trucs comme ça. Voilà. C'est aussi un problème.

Une des raisons pour lesquelles on ne peut pas l'appeler autrement, c'est qu'il n'y a pas de manière de dire un sixième. Un sixième, dans la Michna, on dit Shetout, avec un tav. On ne dit pas Shetoutim, cela ne se dit pas. En tout cas, ce qu'il nous reste à comprendre maintenant, c'est pourquoi il y a des Chumashim. Chacun est en fait une nouvelle parole de la Torah, à un autre niveau.

Vous avez remarqué, par exemple, que le livre de Vayikra commence par un mot qui veut dire une parole: Vayikra el-Moshe, il appela Moshe. Donc c'est une parole. Comment commence le quatrième livre ? Vayedabér, il parla. Donc c'est aussi une parole, mais c'est une autre forme de parole. Le cinquième livre: Eleh ha-devarim, voici les paroles. Le premier: Chemot, les noms ? Eleh Chemot. Or, les noms, c'est le fondement de la parole, du discours.

Donc vous voyez que tous les livres de la Torah commencent par une parole. Bien sûr, c'est un thème dédié à la parole. La Guemara dit que le monde a été créé par dix paroles, puisqu'il est écrit Vayomer Elohim, Vayomer Elohim, Vayomer Elohim, etc. La Guemara dit: oui, mais il n'y en a que neuf, Vayomer Elohim. Elle répond: non, Bereshit aussi est une parole. Donc Bereshit est une parole. Pourquoi ne l'ai-je pas dit au début ? Parce que c'est moins évident, d'accord ?

Donc vous avez cinq paroles différentes. Ce qui veut dire qu'à chaque fois, la Torah est une révélation de la parole, mais selon une autre modalité. La logique qui en ressort, c'est que le contenu, pourrait-on dire, de chaque livre sera différent. Les enseignements de Chemot seront différents des enseignements de Vayikra, d'accord ? Et cela finit toujours par une mise en boîte. Absolument. Comment finit le livre de Bereshit ? Par le fait que Yossef a été mis dans un sarcophage.

Et comment finit le livre de Chemot ? Eh bien, la Chekhina entre dans le Michkan. Comment finit le livre de Devarim ? Moshe est enterré. Et à chaque fois, on finit par quelque chose qui va enfermer la parole. C'est toujours la même chose. Maintenant, on voit qu'à chaque fois, il y a une sorte de répétition de la Torah, mais selon une autre modalité.

Cela explique pourquoi il y a des contradictions dans les livres de la Torah. Parce que la Torah a été donnée par celui qui a …

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