Attendre la Gueoula : regarder, agir, voir le processus
Le sens de la Tzipia : une attente active, où chacun doit chercher à voir comment Hachem fait avancer l'histoire.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : La libération de la neshama et celle du corps, 47 min
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Aujourd'hui, nous allons continuer notre sujet principal, qui concerne la Gueoula d'Israël. Nous sommes en plus dans la lecture de ce sujet principal et primordial dans le judaïsme, car le but même de la création est justement le dévoilement des valeurs divines en elle. C'est une obligation ontologique, c'est-à-dire une obligation qui fait partie même de l'existence. On ne peut pas imaginer un monde sans la révélation de celui qui l'a créé, pour savoir où on va. Donc c'est absurde de considérer que le monde soit dénué de prophéties. C'est complètement débile. C'est comme si on admettait que le monde était une réaction qui a formé des êtres avec une intelligence sans aucun sens, sans un artisan qui soit derrière cela.
Et donc, toute cette Gueoula, c'est en réalité ce sujet: le dévoilement, la descente entre guillemets, de l'infini dans le fini. C'est ça, la Gueoula. Bien entendu, il n'y a rien à voir, l'infini n'a pas de forme, et donc tout ce que vous allez voir de l'infini, c'est ce qui se passe à travers le peuple d'Israël. Le peuple d'Israël est en réalité Dieu sur terre, c'est-à-dire que c'est le nom d'Hachem, c'est la révélation d'Hachem sur terre. Sans l'histoire d'Israël, Dieu ne se révèle pas, parce qu'il a choisi de passer par Israël pour se voir, pour se faire montrer au monde, pour se faire connaître. D'accord ? Il est donc très important de comprendre qu'Israël a été prévu bien avant la création du monde pour être créé dans ce sens-là, dans cette direction-là.
Et donc, aujourd'hui, nous allons expliquer le sens même de l'attente. En hébreu, Tzipia, mais qui en même temps ouvre un sens à la vision. Car en hébreu, Letzapot, attendre, et Litzpot, regarder, ce sont les mêmes lettres: tsadik, pé, hé. C'est la racine. Donc voir et attendre avec impatience quelque chose, c'est du même ordre. C'est le terme qui a été choisi par nos sages dans la Guemara pour nous révéler quelle doit être notre attente concernant la Machiah. Je résume: quand j'attends la Machiah, je dois attendre comme si je le voyais, comme si je le cherchais à voir, je cherche à voir comment il arrive. Autrement dit, dans la terminologie de Tzipia ou de Tzviya, Har Hatzofim, le mot par lequel on peut voir, eh bien c'est exactement la même chose. Cela sous-entend qu'attendre la Machiah, c'est essayer de voir, dans tous les événements de l'histoire, comment le processus avance. C'est ça que ça veut dire.
Et c'est l'une des questions qu'on pose, jusqu'à 120 ans, à la personne qui a quitté ce monde: est-ce que tu as joué ce rôle ? Est-ce que tu as été, en fait, un scrutateur, un chercheur à voir comment je fais avancer, comment je faisais avancer mon processus de Gueoula durant ta vie ? Si pita l'échoa, est-ce que tu as attendu la Gueoula, mais de cette manière-là, à tel point que chaque fois que tu entendais une information, tu cherchais comment Dieu, à travers cette information, fait avancer son but ? Ça, c'est une question qu'on pose à la neshama. Et dans ce cours-là, on va expliquer que cette attente de cet ordre-là est plus importante encore que le dévoilement lui-même.
Elle est dans la pensée et aussi dans les faits. C'est-à-dire que je dois chercher, je dois regarder. C'est actif. Ce n'est pas une attente. Les gens attendent la Machiah passivement. Là, ça devient actif: je cherche à comprendre comment la Gueoula est en train de se tramer, alors que je risque de perdre les choses. Il est donc très, très important de rentrer dans l'image, dans le film de cette Gueoula, et de prendre conscience que quelque chose est en train de se passer devant nous.
— Ked. Ked. Quand tu attends, quand tu es monté en Israël, c'est actif ou passif ?
— Yafé. Donc ça s'appelle une attente active.
— Non, ça s'appelle une attente. En hébreu, c'est le terme de Tzipia. En français, c'est pauvre; en hébreu, c'est riche. Tzipia, c'est exactement ça: tu n'attends pas que la Machiah te tombe dessus, tu fais un acte messianique en venant rejoindre ton peuple sur la terre. Donc tu as fait un acte. Ça, c'est une attente active.
Vous savez ? Il y a un ordre. Tous les grands événements qui se déroulent dans le monde n'ont qu'un sens, un seul: faire avancer ce processus vers son aboutissement. C'est pour ça que, même les événements de l'homme, même les événements naturels, quand il y a de grandes guerres dans le monde, par exemple, le Rav Kook nous dit clairement d'attendre encore plus de dévoilements, parce que les guerres sont encore une fois une partie de cette évolution.
Même au niveau personnel: tout ce qui t'arrive, tu dois savoir en réalité ce que tu as fait aujourd'hui pour faire avancer ce processus. Qu'est-ce que tu as fait hier pour ça ? Cela veut dire qu'il ne doit pas se passer une journée dans ta vie où tu n'agis pas activement, même dans ta pensée, pour faire accélérer ce processus du dévoilement de Dieu sur terre. Voilà ce que ça veut dire: dans tous tes moyens, avec tout ce que tu peux. C'est ça, le hymne. Donc cette délivrance est là.
Faites attention, il y a deux terminologies: il y a Gueoula et il y a Yeshua. La différence est que la Gueoula, c'est pour les hommes dans ce monde, et la Yeshua, c'est pour Hachem. C'est-à-dire que lui aussi attend, en quelque sorte, que nous, les hommes, agissions pour qu'il se dévoile. Et encore une fois, sans notre présence, sans l'acceptation de notre rôle, le monde n'a pas lieu d'être, donc il est voué à sa destruction.
D'où est-ce qu'on a appris ça ? Matan Torah. Le jour du don de la Torah, la Guemara nous dit clairement que si Israël n'avait pas reçu la Torah, le monde serait revenu au tohu bohu. Je vous le traduis avec des mots simples: si Israël n'accepte pas de jouer son rôle de passeur de lumière, de conducteur de lumière, eh bien rien ne sert à rien. Le monde ne sert à rien.
Et donc on replie tout le film en marche arrière, et tout s'annule rétroactivement. Le monde n'existait pas. Le monde était dans un tohu bohu, c'est ce que dit la Guemara, il y a 2000 ans de tohu bohu. Tout cela se passe dans un environnement de tohu bohu, parce qu'il n'y a pas encore de peuple d'Israël. Dans le tohu bohu, il n'y a pas, quand même, il y a tout. Ce qui manque là-bas, c'est l'ordre.
Et un monde sans ordre n'est pas un monde. Donc on considère que c'est en réalité inexistant. La réalité existentielle a commencé au moment où Abraham est arrivé dans ce monde et où il a commencé à engendrer la nation d'Israël, qui va apparaître seulement à la sortie d'Égypte, et là vont commencer 2000 ans de Torah. Exactement. L'ordre, c'est que tu saches que tout est là, sans être ordonné.
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
Dans la même série
Cycle de neuf cours de pensée juive sur l'âme collective, la ségoula et la mission d'Israël.
- 4
Israël, premier dessein du Créateur et le nom d'HachemComment la pensée première d'Israël se relie à la chute d'Adam, à l'unité perdue des nations et à la mission d'Abraham. - 5
La Ségoula d'Israël et la mission de révéler la lumièreCe que signifie la Ségoula, ou capacité propre, d'Israël, et pourquoi Hessav n'en possédait que des étincelles. - 6
Léa et Rachel : deux mondes à unir dans la vie juiveLe double visage du peuple d'Israël : l'esprit et la matière, Yosef et Yehouda, le lien avec les nations. - 7
L'émouna et le sens profond de la GueoulaLe cours part de la question de la délivrance : la sortie d'Égypte comme modèle, et le peuple avant la sortie. - 8
Attendre la Gueoula : regarder, agir, voir le processusLe sens de la Tzipia : une attente active, où chacun doit chercher à voir comment Hachem fait avancer l'histoire. - 9
La libération de la neshama et celle du corpsPourquoi la sortie d'Égypte a libéré l'âme d'abord, et ce qui reste à libérer dans le corps aujourd'hui.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav