Le processus de la Gueoula, du ver à soie au papillon
Le parallèle entre les huit heures de la création d'Adam et le retour du peuple sur sa terre, expliqué par la métaphore du ver à soie.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : La Gueoula, un processus qui passe par la nature et l'économie, 53 min
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Nous sommes donc, Béézrat Hachem, en train de développer le parallèle qui existe entre notre Gueoula et ce qui a été dit dans les premiers versets de Béréchit, notamment la création du premier homme. Étant donné que la définition de l'homme, Adam, est donnée à Israël, « vous êtes appelés Adam », dit la Guemara dans Yevamot 61.
Si vous êtes appelés Adam, les sages en tirent une conclusion: l'histoire d'Adam va se refléter, va réapparaître dans l'histoire du peuple d'Israël, qui s'appelle Adam. La Guemara va donc proposer, dans le traité de Sanhédrin 38, une évaluation de toutes les heures de la création du premier homme, c'est-à-dire depuis la première heure jusqu'à… nous avons douze heures.
Nous avons dit que le premier homme a été créé dans la journée du sixième jour. On a donc enlevé la moitié qui était nuit, et il nous restait la moitié du jour, donc douze heures de jour. On va enlever aussi quelques heures, parce que c'est vendredi, donc nous avons l'entrée du Chabbat, entre guillemets. Au total, nous avons à peu près huit heures, dans lesquelles la Guemara va expliquer ce qui s'est passé dans tout le processus de la création du premier homme.
La première heure, on a rassemblé sa poussière. La deuxième heure, on a formé une forme, mais qui n'avait pas encore de membres. À la troisième heure, on a commencé à tirer ses membres. À la quatrième heure, une âme a été insufflée en lui. À la cinquième heure, étant donné que l'âme avait été insufflée en lui, il s'est levé. Et à la sixième heure, il a commencé à nommer les choses, les êtres du monde dans lequel il était en train d'arriver.
Ce parallèle, nous l'avons vu avec la rédemption, la Gueoula de l'État d'Israël, durant ces époques. Nous avons vu que, Béézrat Hachem, lorsque nous faisons le calcul de la quatrième et de la cinquième heure, quand on dit d'Adam Harichon qu'il s'est levé sur ses jambes,
en faisant le calcul que nous avons déjà fait la semaine dernière, nous avons vu que nous arrivons exactement à l'année de notre retour sur notre terre, de notre retour à la domination du peuple d'Israël sur cette terre, c'est-à-dire de la Médina. 5708, 1948. Nous avons donc terminé le cours en disant que le processus est un processus naturel, et
il s'inscrit dans la nature. Pour l'exemple de la nature, nous allons prendre le ver à soie et étudier le développement du ver à soie, qui va en réalité donner un papillon. Et lorsque nous allons voir le développement de ce papillon, nous allons comprendre encore mieux ce processus de dévoilement du peuple d'Israël. Alors, pourquoi cet exemple du papillon et pas autre chose ?
C'est ce que le prophète nous définit. Le prophète Isaïe, à l'époque du Deuxième Temple, nous dit dans son chapitre 40: « N'aie pas peur, toi, ver à soie appelé Yaakov, mais tu es Israël, même si tu es mort. » C'est-à-dire: le degré Israël qui est en toi, et tu es mort. Pourquoi le degré Israël ? Quelle est la nature de ce changement de nom ?
Le début du verset parle de Yaakov: « n'aie pas peur, ne crains rien, toi le ver à soie qui s'appelles Yaakov, parce que tu es mort Israël. » Pourquoi Yaakov et Israël ? Tout simplement parce que, lorsque nous sommes en exil, le côté Israël, donc le côté national, est un petit peu en extinction, dans un degré de mort relatif, alors que le côté Yaakov, lui, est en relief. Le Juif de l'exil s'appelle Yaakov.
Le Juif revenu en Erets Israël, au niveau du collectif, s'appelle Israël. Le prophète fait justement la différence entre ces deux termes, Yaakov et Israël. À partir de ce verset, puisque nous sommes comparés à ce ver à soie, nous allons développer la puissance de ce ver, puisque le ver à soie se développe essentiellement avec sa bouche. C'est avec sa bouche qu'il forme
et qu'il vit essentiellement. Nous sommes, nous aussi, le peuple de la bouche, c'est-à-dire le peuple du Verbe, le peuple d'Israël qui joue le rôle de la bouche du Divin, puisque nous avons été créés pour dévoiler Son nom. Comment dévoilons-nous Son nom ? Par notre verbe, essentiellement, mais aussi par notre vie, par notre vécu. En réalité, la bouche représente la royauté, celle qui dévoile ce qui se trouve dans le monde caché.
De la même manière que lorsque je parle, je dévoile ce qui se trouve dans ma pensée, Hakadosh Baroukh Hou a créé la bouche de Sa pensée divine. La bouche de Sa pensée divine s'appelle Israël. C'est pour cela que le prophète dit: « J'ai créé ce peuple pour moi, pour qu'il raconte qui je suis dans le monde. » Nous sommes les représentants de Hakadosh Baroukh Hou dans ce monde.
C'est pour cela que nous avons un rôle très important, mais en même temps très difficile, qui demande beaucoup d'efforts. Car toutes les nations du monde, à chaque fois que nous faisons un tout petit pas, vont essayer de nous faire descendre en disant: « Vous voyez, vous n'êtes pas le représentant de Dieu. Vous ne vous comportez pas comme un peuple moral. » Elles essaient de nous salir pour nous rabaisser à leur niveau, mais en même temps elles sont d'accord, intuitivement,
que nous devons jouer ce rôle. Il y a donc ici une relation très complexe: d'un côté la reconnaissance qu'Israël est effectivement ce peuple-là, et de l'autre côté le fait de casser l'image d'Israël, parce que cela gêne, parce que cela demande un état supérieur à toutes les nations. Car si Israël se révèle être le peuple de la morale divine, il va falloir élever le niveau du monde entier à ce nouveau niveau
qu'Israël est en train de donner au monde. Alors, nous allons développer ici la partie gauche. Nous faisons donc référence au ver à soie, qui n'est pas un ver comme les autres vers de terre. Il est en fait
la base, la source même du papillon qui va sortir. Il n'existe pas dans le monde entier une création telle que celle-ci, qui, tout en passant par un processus de mort, entre guillemets, parce que la larve du papillon, avant de devenir papillon, passe par une station qu'on pourrait appeler une mort,
revient à une existence comme elle l'était auparavant, et encore plus belle. Cela veut dire que le peuple d'Israël est comparé ici à la formation du papillon. Lorsqu'il n'est qu'une larve, et donc le peuple d'Israël sera une larve à un moment donné de son histoire, il va commencer un processus de construction, mais il va mourir au milieu, et malgré sa mort, entre guillemets, il va revenir à la vie comme cette larve
qui va finalement donner un beau papillon. Vous êtes donc exactement dans ma main, comme une matière dans la main d'un artiste. Le papillon, effectivement, ne vit pas longtemps, mais en réalité on ne parle pas de son vécu, on parle de sa qualité.
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
Dans la même série
Cinq cours numérotés reliant la Gueoula au processus de la Création.
- 1
Création du monde, Gueoula et nomination des chosesComment la création suit un ordre du dehors vers le dedans, et pourquoi l'homme donne vie au monde en le nommant. - 2
Le processus de la Gueoula, du ver à soie au papillonLe parallèle entre les huit heures de la création d'Adam et le retour du peuple sur sa terre, expliqué par la métaphore du ver à soie. - 3
La Gueoula, un processus qui passe par la nature et l'économieLe Rav compare la Gueoula au développement du papillon : l'étape d'un peuple qui se construit avant la vie intérieure. - 4
Le processus de la Gueoula, de la création de l'homme au retour sur la terreLe Rambam définit la Gueoula par l'indépendance politique d'Israël, et l'on ne peut la brusquer sans sauter le temps nécessaire. - 5
La sortie d'Egypte, modèle de la délivrance d'IsraëlPourquoi l'Egypte désigne toutes les nations, et ce que signifie aujourd'hui sortir de l'exil en tant que nation.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav