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Le lien entre sortie d'Égypte, Torah et Erets Israël

Pourquoi la délivrance nationale a précédé le don de la Torah, et ce que Yom HaAtsmaout exprime.

14 min

Rav Yoël Benharrouche

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Nous sommes dans le mois d'Iyar, et c'est un mois qui dévoile ses richesses, surtout dans le temps moderne dans lequel nous sommes, alors qu'il contenait ce potentiel depuis sa création, depuis la création du monde. On n'a pas prévu de parler de Rosh Hodesh Iyar, mais on ne peut pas dire une phrase comme ça sans expliquer un petit peu. Tout simplement, le mois d'Iyar est un mois qui contient en lui une capacité intrinsèque, celle de dévoiler la royauté d'Israël, ce qu'on appelle la Malkhout.

Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il est dans le lien, c'est la colle entre le mois de Nissan, celui de la délivrance, de Pessa'h, et le mois de Sivan, le mois du don de la Torah. Imaginez-vous que je suis en train de vous parler de trois notions. Il y a la notion de la sortie d'Égypte, le mois précédent. Il y a la notion du don de la Torah, le mois suivant. Et au milieu, c'est un point de colle qui va faire le lien entre ce qui est nationaliste, puisque c'est la sortie d'Égypte, le degré national et politique, et le degré, entre guillemets, religieux, du don de la Torah. Ça veut dire que le mois d'Iyar est un mois nationaliste et religieux dans sa nature, au fond. Le fait de se délivrer d'abord, et ensuite de devenir religieux, c'était prévu depuis toujours.

En fait, on répète l'histoire en Israël. Pourquoi tout le monde est-il content ? C'est un texte qu'il faut comprendre au premier degré, de toute façon. Le chemin vers la terre d'Israël a précédé le don de la Torah. C'est aussi simple que cela. On est sortis d'Égypte pour arriver sur la terre d'Israël, et en chemin, on a reçu la Torah. Mais en réalité, l'idée première était de rentrer sur la terre d'Israël pour réaliser ce que Dieu avait promis à Abraham: « Je ferai de toi une grande nation. » Le côté national d'Israël a précédé une grande nation et un grand peuple. C'est un niveau politique. C'est ça que ça veut dire, une souveraineté sur la terre. On voit donc de facto que le côté de la nation a précédé le côté de la Torah.

D'ailleurs, quand vous montez à la Torah, vous dites: il nous a choisis en tant que nation, de toutes les nations, et seulement après, c'est en tant que nation qu'il nous a donné la Torah. Ce n'est pas la Torah qui a fait de nous une nation d'Israël. C'est parce que nous sommes une nation d'Israël dans notre essence que la Torah nous appartient.

Alors justement, c'est une super transition par rapport à Yom Haatzmaout, dans deux, trois jours. D'abord, on fête Yom HaZikaron en Israël avant Yom Haatzmaout. J'ai toujours eu une difficulté à passer d'un état de tristesse, de souvenir, à la fête. C'est comme si on faisait Yom HaChoa et juste après, on faisait la fête de Yom Haatzmaout. C'est très compliqué quand même. La structure du monde est faite comme ça. Quand Dieu crée le monde, il dit: « Vayehi érev, vayehi boqer, yom ehad ». Il ne s'agit pas seulement du temps, mais de tout ce que représente le soir: la nuit, la torpeur, l'angoisse, l'exil, et, chez nos sages, la nuit par comparaison. Et immédiatement après, le matin: c'est la Gueoula, c'est la libération.

Ça veut dire que dans la structure même du monde, on commence par le noir pour aller vers la lumière. C'est quelque chose d'extraordinaire, d'apparemment contraire, qui nous prouve qu'on n'oublie jamais l'état dans lequel nous étions pour se hisser vers la lumière divine.

Alors, Yom Haatzmaout, c'est une fête religieuse, entre guillemets, ou une fête nationale ? J'ai répondu à la question. Il n'y a aucune fête dans le calendrier d'Israël qui soit une fête religieuse au sens où on l'entend. Toutes les fêtes sont liées à la nation d'Israël en tant que telle. Pessa'h: nous sommes devenus une nation. Chavouot: c'est la nation qui a reçu la Torah. Souccot: c'est la nation d'Israël en chemin vers son pays. Ça veut dire que le côté religieux n'est pas déconnecté du côté de la nation. C'est la nation qui accomplit des actes divins qu'on appelle la religion. En réalité, c'est une nation divine, une nation qui a reçu un message et un rôle à jouer dans l'histoire, et qui lui permet d'abord d'être cette nation-là, porteuse du message divin.

Les choses sont donc en ordre. Il y a quand même une majorité qui pose une grande question, qui revient toutes les années, à propos du Hallel: comment se fait-il qu'une majorité de gens qui vivent en Israël, et qui sont religieux (je mets encore une fois des guillemets), ne veulent pas reconnaître la main d'Hachem dans cette délivrance-là ? Il y a un problème de vision des choses. Je dirais des lunettes qui ne sont pas adaptées à ce que nous vivons. D'ailleurs, c'est pour ça qu'on demande à chaque Amida: « Donne-nous des yeux pour voir quand tu feras ce retour-là. »

Pourquoi ? Il y a plusieurs raisons. Une des raisons, c'est qu'on a l'impression que la Torah est une religion. Deuxième raison: on a l'impression de savoir mieux que l'Éternel lui-même comment opérer sa libération. Les chemins qu'il aura choisis ne nous conviennent donc pas, parce que quelqu'un nous a dit que ce n'était pas comme ça. Il faut comprendre que ce n'est pas une étude sérieuse. Troisième élément: je pourrais dire que la majorité des enfants d'Israël vivent le jour de l'indépendance naturellement. C'est comme s'ils disaient le Hallel,

parce qu'ils font un jour de joie, parce qu'ils remercient naturellement l'Éternel, même s'ils ne le comprennent pas. Ma maman, qui se lève le jour de Yom Haatzmaout, ne sait peut-être pas lire le Hallel dans les lettres du livre de prière. Mais le fait de remercier Kadosh Baroukh Hou naturellement, c'est un Hallel. Je pense donc que la majorité du peuple d'Israël fête cette journée justement pour remercier l'Éternel de lui avoir donné tout cela.

Les gens qui commencent à s'engager dans des chemins, entre guillemets compliqués, complexes, c'est tout simplement parce que le merci n'est pas complet. Je n'ai pas besoin que quelqu'un me dise merci en me disant: « Je te dis merci, mais tu reconnais la bonté que j'ai faite avec toi, ou tu ne la reconnais pas. » Ne me dis pas des demi-mercis, ça n'existe pas. Ou bien tu me dis merci avec la bouche ouverte et un sourire, ou bien reste.

Il faut comprendre, pour nos spectateurs qui n'ont jamais vécu Yom Haatzmaout en Israël, que c'est une fête hors du temps. D'un coup, tout le peuple d'Israël va dans les jardins, et on fait tous des barbecues. C'est quand même bizarre: on a fait des fêtes en France, en juillet, en mai, etc., mais on n'est jamais arrivés à nous dire tous ensemble qu'on fait un barbecue ce jour-là. Je pense que c'est intuitif. C'est ce qu'on faisait à l'époque en apportant un sacrifice de remerciement à Dieu. Donc aujourd'hui, manger un steak …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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