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Vaut-il la peine de vivre à notre époque ? Le Talmud et la venue du Mashia'h

Les avis de Houla, Rabba et Rav Yosef sur le fait de ne pas voir la venue du Mashia'h, dans Sanhédrin 98b.

50 min

Rav Oury Cherki

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Donc, ce que je vous invite à faire, c'est de consulter dans Sanhédrin, page Tsadikret Hamoudbet, c'est-à-dire 98b. Autrement dit, selon la pagination ici, page 196. C'est dans le Chass de Vilna, c'est la page 196. Oui, alors ça commence. La première ligne, c'est Ein Kol Dekhel.

Mais mon intention est que nous commencions avec la ligne numéro 2, 4, 6, 7. La septième ligne: Amar Houla. Nous allons étudier un texte assez surprenant. Le texte pose une question: est-ce que ça vaut la peine de vivre à notre époque ? L'époque dans laquelle nous vivons, celle du retour d'Israël à sa terre.

Est-ce que c'est une époque où il fait bon vivre, ou pas ? Question passionnante, n'est-ce pas ? Nous allons voir que la majorité écrasante des maîtres du Talmud considérait que ce n'est pas une bonne chose de vivre à notre époque. Une majorité écrasante, mais pas totale. Alors regardons ce qui se passe ici. Nous avons plusieurs opinions. Le premier des sages qui donne son opinion ici s'appelle Houla, probablement d'origine francophone.

Amar Houla. Est-ce que nous avons déjà étudié ce texte ? Non, je ne crois pas. Yavo, qu'il vienne. Quand un juif dit « qu'il vienne », de qui parle-t-il ? Du Machiah. C'est-à-dire que Houla est intéressé à ce que le Machiah vienne. En soi, c'est important. Vous connaissez certainement l'opinion du professeur Yeshayahu Leibowitz, qui affirmait:

que l'attente du Machiah ne fait pas partie des fondements de la émouna juive. Il disait: étant donné que le Machiah est par définition celui qui doit venir un jour, s'il vient, c'est que c'est un faux messie. Pourquoi as-tu mis ce livre de côté ? Il n'y a pas là-bas la page en question. D'accord. Ça donne une réponse tout à fait plausible. Est-ce que c'est bien sûr ? Oui, c'est bien sûr ? Bon. En tout cas, ce que dit donc Houla, c'est, par contre, contrairement à ce que dit Yeshayahu Leibowitz, que Houla veut que le Machiah vienne.

Amar Houla, yété, qu'il vienne, vela yehmineh, et que je ne le vois pas. C'est-à-dire qu'il prie, qu'il demande à ne pas être présent lors de la venue du Machiah. C'est probablement donc que l'époque de la venue du Machiah est une époque difficile, et qu'il est intéressé à ne pas en faire partie. La question qui se pose, c'est évidemment: pourquoi ? C'est-à-dire, qu'est-ce qui, à l'époque du Machiah, fait tellement peur à Houla ?

Pour l'instant, nous n'avons pas de réponse, mais on le verra par la suite. C'est-à-dire que, par la suite, on comprendra quelle était la raison de la frayeur de Houla. Vechen amar Rabba, vous trouvez ? Et de même a dit Rabba: yété, qu'il vienne, vela yehmineh, et que je ne le vois pas. C'est-à-dire la même formule. Elle est employée aussi bien par Houla que par Rabba.

À nouveau, je vais poser une question. Si Houla et Rabba disent la même chose, pourquoi le dire deux fois ? C'est donc qu'ils ne disent pas la même chose. C'est-à-dire qu'ils disent les mêmes mots, mais qu'ils disent autre chose. Ils disent tous les deux: yété vela ehmineh, qu'il vienne et que je ne le vois pas. Mais il est probable que la raison pour laquelle Rabba ne veut pas voir la venue du Machiah est différente de la raison pour laquelle Houla ne veut pas la voir.

Et là, la question sera: quelle est la raison pour laquelle Rabba ne veut pas voir la venue du Machiah ? Eh bien, à cette deuxième question, nous avons précisément une réponse. Comment est-ce que nous connaissons la réponse ? À cause d'une question que lui pose son élève. Rabba est interrogé par son élève, qui s'appelle — on va le voir par la suite — Abaye. Mais avant d'arriver à la question d'Abaye, nous avons une troisième opinion, celle du sage Rav Yosef.

Rav Yosef disait, soit... Précisons un point important sur le plan biographique: Rav Yosef était aveugle. Donc il est évident que si le Machiah revient, il ne le voit pas. Mais Rav Yosef a un autre problème: il a choisi un drôle d'endroit pour s'asseoir.

Donc, pour l'instant, nous avons trois opinions: celle de Houla, celle de Rabba, celle de Rav Yosef. Houla dit: yété vela ehmineh, qu'il vienne et que je ne le vois pas. Rabba dit: yété vela ehmineh, qu'il vienne et que je ne le vois pas, probablement chacun pour une raison différente. Et Rav Yosef dit: yété vé'ezaké lehitkhaper... qu'il vienne et que je puisse mériter d'être installé à l'ombre des crottins de son âne.

Oui. Oui ? Quand ? On avait étudié ça déjà ? Ah, donc on ne va pas le refaire ? Il ne vaut mieux pas. Donc nous allons passer à un autre texte, n'est-ce pas ? Est-ce qu'on était arrivé jusqu'au bout du texte ? Vous êtes sûrs ? On avait parlé de la Shoah et tout ça.

D'accord, c'est très bien. Donc nous allons passer à un autre texte, tout à fait un autre texte. Est-ce qu'on avait étudié l'opinion de Rabbi Yochanan ou pas ? L'opinion de Rabbi Yochanan avec l'ours, le lion et le serpent ? Non, très bien. Donc ce que nous allons faire, c'est continuer le texte de la dernière fois. Ceux qui se rappellent du texte de la dernière fois se rappellent qu'on avait vu qu'il y avait trois opinions: la Chilonout, c'est-à-dire la décadence religieuse et morale de l'époque du Machiah, et qu'après, on a vu que Rabba redoutait la Shoah, n'est-ce pas ? Et que Rav Yosef était intéressé par les crottins. Et vous vous rappelez pourquoi, n'est-ce pas ? C'est-à-dire qu'il était intéressé, en fait, par la découverte de la lumière au sein de l'obscurité. Vous vous rappelez de tout ça ? D'accord, c'est très bien.

Maintenant, ce que je pense que nous n'avons pas fait la dernière fois, c'est Vechen amar Rabbi Yochanan. C'est à peu près au milieu de la page, la ligne qui commence par le mot Hachet: vous avez Vechen amar Rabbi Yochanan, et Rabbi Yochanan aussi disait: yété vela ehmineh, qu'il vienne et que je ne le vois pas. Ça, on ne l'avait pas étudié, je crois. Non, d'accord, c'est ça. C'est-à-dire que le texte se divise en fait en deux parties importantes. La première partie relate les craintes des hachamim par rapport à l'époque messianique.

Et puis nous avons une surprise: c'est que Rabbi Yochanan, lui, s'associe à ceux qui ont peur. Vechei nama Rabbi Yochanan, yété vela ehmineh, qu'il vienne et que je ne le voie pas. Pourquoi cette parole dans la bouche de Rabbi Yochanan est-elle surprenante ? C'est parce que Rabbi Yochanan, a priori, n'a rien à craindre, ni de la Chilonout, ni de la Shoah. Pourquoi n'a-t-il rien à craindre de la Shoah ? Parce qu'il est en Erets Israël. Donc il sait très bien que ça ne va pas se passer.

Cours de la chaîne YouTube du Rav Oury Cherki

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