Yom HaKippourim, le jour où deux mondes se rejoignent
Pourquoi on dit Yom HaKippourim au pluriel, et comment le Kohen Gadol ouvre la porte entre ce monde et le monde caché.
Rav Yoël Benharrouche
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom à tous. Aujourd'hui, Bézrat Hachem, nous allons développer le sujet qui correspond à notre temps: Yom HaKippourim. Yom HaKippourim, ce fameux jour, ce fameux sommet, dans les jours de Assérèt Yemei Techouva, les dix jours de techouva.
Ils ont commencé à Roch Hachana et se terminent, bizeh Hachem, à Yom HaKippourim, bien que la techouva elle-même continue sous d'autres formes. Le fait de proclamer Dieu roi de l'univers et roi sur nous continue durant toute l'année. Bien entendu, nous prenons une parenthèse dans tous ces moments-là, et nous essayons de faire sortir l'essence de ces jours-là, autant qu'on peut.
Donc, Yom HaKippourim, on va essayer de comprendre un peu la racine et la qualité de cette journée. Vous remarquez tout de suite que Yom HaKippourim est au pluriel. On ne dit pas Kippour. C'est une faute. Kippour n'existe pas. Yom HaKippourim. La Torah parle de Yom HaKippourim et pas de Kippour, précisément au pluriel, pour nous dire que ce jour-là, deux mondes se rencontrent.
C'est-à-dire que nous avons un monde dans lequel nous sommes, qui va rejoindre un autre degré, une autre vérité, la vérité absolue, l'intériorité de ce monde, ce qui se cache à l'intérieur de ce monde. Nous avons donc ce lien. Et lorsque nous faisons le lien entre ces deux mondes, nous pouvons parler de Kapparah, de nettoyage, et le jour de Yom HaKippourim peut agir sur nous.
Yom HaKippourim hou ehad baChana. Les sages nous expliquent un secret: Yom HaKippourim est appelé l'unité du temps. Bien entendu, le temps existe parce que ce monde a été créé et qu'il est dans la pluralité, dans le pluriel. Autrement dit, le temps n'existe que dans ce monde de détails. Je veux dire par là que le monde du détail, dans lequel nous sommes, a été créé par la lettre beit, c'est le début du pluriel: c'est un monde pluriel.
Donc, dans ce monde pluriel, qui est basé sur le chiffre 2, qui est le minimum du pluriel, il existe la possibilité de changer. Le mot Chana, « année », est lié au chiffre 2, Chnaïm. Cela veut dire que le temps, donc la possibilité de changer, est lié au changement, à la seconde, la deuxième, et toutes les notions de temps sont liées automatiquement à la qualité, à la capacité de l'homme de s'améliorer.
Mais dans un monde initial, avant que ce monde ne soit le monde que l'on connaît, il existe un autre degré, un degré beaucoup plus intérieur. Un degré où le changement n'existe pas, donc où le temps n'existe pas. Et ça, c'est le monde du divin. Nous avons donc, en parallèle, deux mondes: le monde divin et le monde dans lequel nous sommes. Je dis « en parallèle », mais en réalité l'un cache l'autre.
Le monde dans lequel nous sommes s'appelle Olam en hébreu, qui vient de la racine qui veut dire cacher, celui qui camoufle quelque chose, celui qui cache en lui autre chose. Donc Olam Hazé cache Olam Haba. Ce monde matériel cache un monde plus intérieur, un monde qui vient, un monde de l'ordre de l'âme, qui est à l'intérieur de lui. Lorsqu'on gratte Olam Hazé, lorsqu'on ouvre Olam Hazé, lorsqu'on trouve la porte, l'accès dans ce monde-ci, on peut toucher, entre guillemets, Olam Haba.
Olam Haba nous apparaît alors beaucoup plus clairement, alors qu'il existe tout le temps, mais il est caché. Il peut apparaître à nous lorsqu'on sait ouvrir cette porte dans Olam Hazé, comme si on ouvrait une porte dans l'espace qui nous donne accès à un degré de l'au-delà. Ok. L'un... c'est comme un vêtement. Non, ce ne sont pas deux choses différentes. Ce sont exactement comme le corps et l'âme.
Le corps et l'âme, apparemment, ce sont deux choses différentes, et c'est vrai, mais ils ne vivent que lorsque l'un est dans l'autre. Véritablement. C'est-à-dire que Olam Haba, c'est notre neshama, qui est couvert par Olam Hazé, qui est notre corps. Notre corps est le véhicule; en même temps il cache, mais il permet de faire avancer notre Olam Haba intérieur. Et lorsqu'on sait associer les deux, on est dans l'équilibre.
C'est pour ça que je vous ai dit tout à l'heure que le nom Kippourim est au pluriel. L'un représente le corps, donc celui qui cache, mais celui qui fait en même temps dévoiler, et Olam Haba, qui est l'intérieur. Quand je dis « qui cache » et « qui fait dévoiler », apparemment je me contredis. Mais dans ce monde, on ne peut dévoiler que lorsque l'on cache, c'est-à-dire qu'on apparaît en se vêtant. D'accord ?
Ça veut dire que si je ne suis pas habillé de mon corps, mon âme ne peut pas se réaliser. Je cache donc mon âme d'un côté, mais c'est ce qui lui permet de se dévoiler. Ok. C'est la même chose; je dis deux fois la même chose. Le véhicule, c'est le réceptacle. Mais je parle de lumière et de réceptacle, ou de lumière et de véhicule. Oui. C'est-à-dire que la lumière, c'est Olam Haba, et le véhicule d'Olam Haba, c'est Olam Hazé.
Donc je dois véhiculer, dans Olam Hazé, par le biais de Olam Hazé, Olam Haba, qui est intérieur. Orot veKelim, des lumières et des ustensiles. C'est trop compliqué, ou ça va ? Ok ? Donc Yom HaKippourim, c'est l'accès, c'est ouvrir la porte au degré d'Olam Haba. On l'appelle Ehad, c'est l'unité divine, baChana.
À partir de ce qu'on vient de dire, comment allez-vous traduire ehad baChana ? Pas « dans l'année ». Pas seulement dans l'année. Dans le sens premier, c'est une unité dans les jours de l'année, c'est sûr. Mais il y a quelque chose de beaucoup plus profond ici: c'est l'unité dans le changement. Chana, cela veut dire changer. Chinouï, le changement, la capacité à changer. Donc l'invariable se trouve dans le variable.
L'unité divine se trouve dans le monde qui change, dans le monde du haut et du bas, du changement, de la dualité, de la pluralité, du Chnaïm. On va découvrir l'unité divine. Ok ? Au temps. Dès que nous avons un temps, le temps, c'est la distance entre deux points. Dans cette distance entre deux points, nous avons la possibilité d'évoluer, de changer. Celui qui n'a pas d'espace, donc n'a pas de temps, n'est pas soumis au changement. Il est tel qu'il est, du début à la fin. Il ne bouge pas.
Par exemple, les anges ne changent pas, car ils s'appellent Omdim, ils sont stables. Qu'est-ce que cela veut dire, qu'ils sont stables ? Le temps n'a pas d'influence sur eux. Donc, lorsqu'on descend dans ce monde-là, dans notre monde, notre monde est un monde d'espace, donc un monde d'espace-temps. Qui dit espace dit temps. Nous sommes donc soumis, dans ce monde, au changement, donc nous devons changer. Pour arriver où ? Pour revenir à notre identité, Nakhon.
Ça veut dire que dans Olam Hazé, dans le monde de la pluralité, dans le monde du pluriel... J'ai dit: si vous deviez donner une lettre au monde dans lequel nous sommes, quelle lettre donneriez-vous ? Le beit, parce que c'est le monde de la dualité. Et Olam Haba, …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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