Le talith : le ciel descendu dans le monde
Pourquoi le talith représente le ciel, le sens des franges et du fil bleu, et l'ordre de la mitsva.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Roch Hachana, le chofar et la mémoire de la Ségoula, 1 h 01
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— Bonjour à toutes, bonjour à tous, et bienvenue sur la chaîne du Maror Meir. Aujourd'hui, on revoit les bases pour essayer de comprendre toutes les notions du judaïsme, et cette fois on va parler avec le Rav Yoël Benharrouche, que je salue. Bonjour Rav. On va parler de la mitsva du talith, et en exclusivité, nous sommes en direct sur notre page Facebook. Bonjour à tous nos spectateurs Facebook, merci beaucoup de nous suivre.
— Il est une mitsva de la Torah de mettre un talith pour intensifier notre rapport au Créateur. On le met pendant le moment de la téfila, qui s'appelle le talith gadol, et le talith katan pendant toute la journée. Le talith est divisé en deux parties: il y a le chal et il y a les franges rituelles aux quatre coins du chal. Nous allons en comprendre la signification avec vous. Rav Yoël Benharrouche, d'où vient cette mitsva ?
Rav Yoël Benharrouche: En réalité, le talith représente le ciel. Dans la notion kabbalistique, on appelle cela la lumière enveloppante, la lumière qui entoure, c'est-à-dire quelque chose d'entier, or makif. Mais pour que cette lumière céleste, qui est en réalité le grand ciel, arrive dans notre monde, il faut ces fameux fils qui ressemblent à des cheveux. Ils sont en réalité une excroissance, ou un déploiement de cette entité en une multitude de détails.
Rav Yoël Benharrouche: Les kabbalistes appellent ces franges justement les « cheveux de Rachel », une expression presque poétique, magnifique, qui dit qu'en réalité on prend la lumière grandiose du talith, qui représente les valeurs célestes, et on les fait descendre sur terre en se déployant dans les détails que nous sommes.
— Que représentent tous ces fils ?
Rav Yoël Benharrouche: Ces fils représentent toujours un degré qui est de l'ordre de l'infini, et sept degrés qui sont dans notre monde. C'est pour cela qu'au total, nous avons quatre fils, qui deviennent huit lorsqu'on les plie en deux. Nous avons donc de fait une explosion de l'unité en quatre têtes, comme il est écrit dans Béréchit: le fleuve qui sort de l'Éden se divise en quatre têtes. Et de ces quatre têtes, nous avons le monde de la matière, le monde de la nature dans lequel nous sommes, qui est au chiffre de 7, sans oublier le fil initial, entre guillemets, qui est collé aux valeurs de l'infini. Notre monde est donc une forme d'unité qui découle dans ce degré naturel.
Rav Yoël Benharrouche: Et nous le retrouvons dans ces huit fils, qui nous rappellent en fait toutes les valeurs, tout le souvenir actif de l'infini, comme il est dit. C'est-à-dire qu'en regardant le talith, on est dans une phase de souvenir actif de toutes les valeurs célestes. C'est donc un rappel journalier, continuel, de Qui nous servons et dans quel monde nous nous trouvons.
— Alors, à part une différence de taille, qui est la différence entre un talith gadol et un talith katan...
Rav Yoël Benharrouche: Tu sais bien que dans le talith katan, il y a un trou, c'est-à-dire que le talith katan pénètre en fait dans le corps humain, alors que le talith gadol, qui n'a pas de trou, enveloppe. Ce sont en fait les deux notions dont j'ai parlé tout à l'heure. Le grand talith est une lumière qui nous dépasse, une lumière de l'infini, béni soit-Il. D'ailleurs, le corps du talith est beaucoup plus élevé que les fils qui en sortent, et les gens ne le savent pas. Et le talith qui entre à l'intérieur de notre corps, c'est en réalité ce que nous avons, en tant qu'hommes, été capables d'assimiler de ce grand ciel.
— Cela veut dire que, quand on fait notre filage, il ne suffit pas de porter seulement le talith katan ?
Rav Yoël Benharrouche: Tout à fait. Chez les séfaradim, nous devons d'abord mettre le talith, nous envelopper du talith gadol, avant même de mettre les téfilines. Je sais que chez les achkénazim, le seul talith katan, tant que les hommes ne sont pas mariés, ils ne portent pas encore le grand talith. Mais chez nous, les séfaradim, ça n'est pas comme cela, car au niveau des secrets de la Torah, le talith doit précéder les téfilines, justement parce que sa lumière est tellement grande qu'elle précède la mise en détail qui passe après par les téfilines.
Rav Yoël Benharrouche: Pour faire une légère digression: tout comme la mitsva des téfilines ou d'autres mitsvot de la Torah, la mitsva du talith se réalise le jour. Pourquoi le jour ? J'ai cité le verset qui dit « Our item auto ». C'est-à-dire que la véritable mitsva, c'est de voir. Or, les sages dans la Guemara nous disent: quand est-ce que tu vois ? Eh bien, le jour, pas la nuit. Et lorsque tu vois les choses, cela veut dire que c'est le moment de te rappeler. Pourquoi ? Il y a un sens secret: lorsque tu fermes les yeux, paradoxalement parlant, tu es plus proche des véritables valeurs de ce monde. Alors que lorsque tu ouvres les yeux, tu es tellement absorbé par tout ce que tu vois qu'en réalité tu es perturbé par une vision extérieure. Rappelle-toi qu'à chaque fois que tu veux, et qu'un enfant, on lui dit de se concentrer, naturellement nous fermons les yeux.
Rav Yoël Benharrouche: Donc la nuit, on n'a pas besoin de se souvenir, car nous sommes dans un sommeil, qui lui-même est porteur du message divin, car le sommeil dit rêve, et le rêve dit en réalité prophétie quelque part: nous sommes reliés. Alors que dans la journée, où tu es perturbé, où tu es absorbé par toutes les visions extérieures, qui sont superficielles, tu dois toujours avoir cet élément en toi qui te rappelle qui tu es et vers qui tu vas.
— Dans les courants réformistes du judaïsme, que ce soit en Israël ou partout dans le monde, il y a cette volonté, de la part des femmes, de mettre un talith, de mettre aussi les téfilines. Pourquoi, et est-ce réellement un problème ?
Rav Yoël Benharrouche: Au niveau du premier sens des choses, il n'y a pas de problème véritable. On n'a pas vu les femmes, parce que les femmes ne sont pas soumises aux mitsvot relatives au temps. Mais il y a eu des femmes dans le peuple d'Israël qui portaient le talith et les téfilines, notamment les filles de Rachi. Bien entendu, c'est à un niveau extraordinaire. Aujourd'hui, si ce n'est pas fait justement pour venir contrarier, pour venir abuser, pour mettre en fait une zizanie dans une certaine structure, par des éléments qui sont reliés à des valeurs féministes, je n'ai rien contre, mais ce n'est pas le sens des choses. Si en réalité les choses étaient venues de cette manière-là, il n'y a pas de contre-indication à la chose, sauf que, encore une fois, les habitudes du peuple d'Israël ont force de loi.
Rav Yoël Benharrouche: Et on n'a jamais vu, dans le peuple d'Israël, des femmes porter un talith ni mettre des téfilines.
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