Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Pureté, impureté et la fenêtre de l'âme

Le Rav Hirsch relie tahor et tzohar : être pur, c'est pouvoir recevoir la lumière du divin.

1 h 02

Orot veKelim

Ensuite : Les Haggadot du Talmud selon le Rambam, 1 h 01

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Alors, shavoua tov, shavoua tov. On rappelle à tout le monde, avant le début du cours, de fermer son micro et de ne l'allumer qu'en cas de question, et vraiment qu'en cas de question, et de ne pas oublier de le refermer après avoir posé sa question. Ça dérange un certain nombre de personnes. Merci à vous. Toda, bravo Raphaël, et bravo à tous.

On arrive maintenant au dernier sèder de la Michna, le dernier des six ordres, Seder Taharot, l'ordre de la pureté. Un tout petit mot: on est à la page 25 dans le texte qu'on vous a envoyé.

Un tout petit mot sur la pureté et l'impureté. Il faut savoir que ce sont des concepts qui sont très, très loin de nous aujourd'hui. On pourrait se dire que la pureté et l'impureté ressemblent un peu à l'hygiène, à la propreté, quelqu'un qui est propre, quelqu'un qui est sale. Mais pas du tout. En vérité, on peut tout à fait être propre, être hygiénique, et être impur, et vice-versa. Ça veut dire que ce sont vraiment des concepts spirituels, qu'on ne comprend pas tellement à notre époque.

Pourquoi ne les comprend-on pas ? Parce qu'on n'est pas dans la même atmosphère spirituelle pour les comprendre. On n'a pas la finesse du ressenti de ce qui est pur et de ce qui est impur. Il faut savoir qu'à une époque, il y avait réellement une réalité comme ça. De la même manière qu'aujourd'hui il y a une réalité de ce qui est sale ou de ce qui est propre, c'est quelque chose qu'on voit, c'est quelque chose qu'on peut quantifier, c'est quelque chose avec lequel on vit tous les jours. À l'époque, c'était la même chose, mais à un degré beaucoup plus élevé, un degré de spiritualité, en vérité.

Et donc tout ce Seder Taharot va parler de ça. Encore une fois, ce sont des choses qui sont un peu loin de nous. Alors, même si on ne peut pas tellement comprendre, parce qu'on n'est pas dans la bonne atmosphère spirituelle pour l'instant, qu'est-ce qu'on peut quand même dire là-dessus, sur la pureté et l'impureté ? Il y a quelque chose d'assez connu, au niveau des lettres. Je vous ramène ici.

Regardez tout en haut: vous voyez les lettres du mot tum'a et les lettres du mot atum, qui sont les mêmes lettres. Tum'a veut dire l'impureté, et atum veut dire quelque chose de bouché, quelque chose de coincé. Même aujourd'hui, en hébreu moderne, pour dire que quelque chose est bouché, on utilise aussi ce terme-là, atimout. Ce sont les mêmes lettres. Qu'est-ce que ça vient dire ? Qu'est-ce que ça vient dire, que l'impureté bouche ?

Le Rav Shimshon Raphaël Hirsch nous explique très bien cela dans son commentaire sur Béréchit. Regardez ici, il dit: apparemment, la lettre hé et la lettre tsadi peuvent s'inverser, et du coup le mot tahor, qui veut dire pur, est proche du mot tsohar, qui veut dire une fenêtre. Qu'est-ce qu'une réelle fenêtre ? C'est quelque chose de transparent, quelque chose qui laisse passer la lumière extérieure. La première fois qu'on voit le mot tsohar dans la Torah, si je ne me trompe pas, c'est dans la parasha de Noa'h, où il y a un commandement de Dieu à Noé de faire une fenêtre dans sa teva. C'est important: même si maintenant tu te replies complètement sur toi-même dans l'arche de Noé, alors qu'il y a le déluge dans le monde entier, il y a un commandement de faire quand même une fenêtre, un hublot comme ça, qui te permet de voir un peu l'extérieur.

Et donc le Rav Shimshon Raphaël Hirsch nous dit que tsohar et tahor, c'est la même chose. Pourquoi ? Il dit: celui qui est pur est capable de capter. De la même manière que quelqu'un qui est dans une maison et qui a une fenêtre, cette fenêtre lui permet, premièrement, d'avoir une vue vers un monde qui est à l'extérieur de son monde à lui, et, deuxièmement, de faire venir dans son monde une lumière du monde extérieur. Il y a donc un contact entre ce qui est à l'intérieur et ce qui est plus grand que lui. Celui qui est pur est capable de capter, et la lumière de Dieu rentre en lui. Qui est le pur ? C'est celui qui est apte à recevoir l'abondance d'Hakadosh Baroukh Hou. La pureté, en vérité, c'est une sorte de préparation, une capacité, une aptitude à être en contact avec le divin.

À l'inverse, le tamé, celui qui est impur, c'est celui qui est bouché, celui qui est enfermé dans son monde. Imaginez la même pièce, mais cette fois sans fenêtre: il est enfermé en lui-même, dans son ego, dans sa manière de comprendre, et rien ne peut déranger sa perception des choses. Il n'est en contact avec rien d'autre, avec rien qui le dépasse. Il n'a pas de fenêtre, il est bouché. Il est bouché face à une certaine influence divine. C'est ce qu'il dit juste après: il est bouché devant la lumière.

C'est pour ça que les aliments impurs, ce qu'on appelle les aliments pas casher, les animaux qui ne sont pas casher, etc., devant l'abondance divine. C'est-à-dire qu'elle laisse en fait la personne dans sa petitesse, finalement, enfermée en elle-même, et c'est ça qu'on appelle finalement l'impureté. C'est donc une non-capacité à s'élever. Voilà la première chose qu'on peut appréhender sur la pureté et l'impureté.

Une deuxième chose qu'on pourrait dire, c'est un commentaire du Rav Kook, qui dit qu'il y a beaucoup d'impuretés, pas toutes, mais beaucoup, qui, pour s'en débarrasser, doivent passer par l'eau. Ça, on le connaît encore un peu aujourd'hui: tous les matins, lorsqu'on fait Netilat Yadayim, on met de l'eau sur nos mains pour enlever une certaine impureté qui est restée dessus, ou lorsqu'on va au mikvé, on se trempe dans un bain rituel, on a aussi un contact avec l'eau.

Pourquoi l'eau vient-elle nous enlever cette impureté ? Le Rav Kook nous dit que l'eau, dans ses mots à lui, c'est le yessod ha-ahdout, le fondement de l'unité. Qu'est-ce que c'est ? C'est ce qui nous rappelle, ce qui nous ramène à quelque chose d'un. Pourquoi ? Parce que l'eau, disons une goutte d'eau, une fois qu'elle revient à sa source, quand on la met dans l'océan par exemple, fait totalement un avec l'océan. C'est-à-dire qu'on ne peut plus différencier cette goutte-là d'une autre goutte. Elle est totalement avalée dans

l'unité, elle fait totalement un, finalement. Et donc, quand nous nous trempons dans le mikvé ou lorsque nous utilisons l'eau pour nous laver les mains, ce qu'on fait tous les matins, c'est en vérité une copie de ce que faisaient les kohanim au Temple, qui devaient se laver les mains et les pieds avec de l'eau. On voit donc que l'eau revient beaucoup dans le processus de purification, parce qu'en fait elle nous ramène, nous aussi, à notre réalité première, à notre réalité unitaire, à quelque chose d'un qui précède

tous les problèmes de la vie.

Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim

Dans la même série

  1. 8
    Le Rambam et l'ordre des traités de la Mishna
    Le Rambam explique pourquoi Rabbi Yehouda Hanassi a rangé la Mishna en six ordres, en commençant par Zeraïm et Brachot.
    58 min
  2. 9
    Introduction au Rambam : l'ordre Nachim et la place de Pirké Avot
    Pourquoi Yevamot ouvre l'ordre Nachim, puis Ketubot, Nedarim, Askara et Baba Batra, et où s'insère Pirké Avot.
    1 h 00
  3. 10
    Pirké Avot, les obligations du cœur et la pensée juive
    Le Rambam explique pourquoi le traité Avot traite de la pensée et de l'émouna, et non des actes.
    58 min
  4. 11
    Pourquoi la Massekhet Avot se trouve dans Nezikin
    Le Rambam explique la place de Pirké Avot : la transmission de la Torah orale et les qualités exigées des dayanim.
    1 h 02
  5. 12
    Pureté, impureté et la fenêtre de l'âme
    Le Rav Hirsch relie tahor et tzohar : être pur, c'est pouvoir recevoir la lumière du divin.
    En cours de lecture
  6. 13
    Les Haggadot du Talmud selon le Rambam
    Pourquoi le Rambam juge essentielles les histoires de la Guemara, et comment elles éclairent la Torah orale.
    1 h 01
  7. 14
    Les raisons du voile des Agadot selon le Rambam
    Le Rambam explique pourquoi les enseignements agadiques sont exprimés en images et en histoires, et comment les étudier.
    60 min
  8. 15
    Le Rambam sur les Haggadot de la Guemara
    Pourquoi les sages parlent en allusions, et pourquoi ceux qui s'en moquent ne comprennent pas encore.
    56 min
  9. 16
    Le but de l'homme selon le Rambam
    Le Rambam établit que tout existe pour une fin, et que la fin de l'homme est la connaissance intellectuelle.
    56 min
  10. 17
    Le Rambam et la finalité de l'homme : la connaissance et la midate hessed
    Le Rambam explique que la compréhension perfectionne l'homme et que la bonté vécue de l'intérieur dépasse celle qu'on pratique par simple calcul.
    56 min

Ce cours fait aussi partie de la série « Toutes les vidéos d'Orot veKelim ».

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav