Gvoura, la mesure des guerres d'Israël selon le Rav Kook
Pourquoi la tribu de Gvoura structure les guerres d'Israël, et comment Yossef apprit les 70 langues des nations.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Le but des guerres d'Israël selon le Rav Kook, 57 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Aujourd'hui, nous continuons notre étude tirée du livre qui traite des guerres: Ozer Israël bigvoura. Celui qui… Ozer, qu'est-ce que c'est ? Non, pas du tout. C'est avec un Alef. Ozer avec un Aïn, c'est aider, mais avec un Alef, ça c'est Ozer.
Je sais que vous entendez toujours la même chose, mais… non. C'est comme une région, c'est-à-dire ce qui entoure, ce qui englobe, ce qui protège, ce qui surveille Israël, ce qui limite, ce qui donne des mesures. En fait, c'est la tribu de Guevoura. Vous savez que la tribu de Guevoura est justement la tribu qui donne les limites, qui structure les choses.
Donc le titre nous enseigne que les guerres d'Israël sont structurées. Elles ne sont pas anodines, elles ont un but, elles ont un sens, et elles font avancer, en réalité, le dévoilement de D.ieu sur terre. Guevoura, c'est justement la mise en mesure. Nous sommes dans la partie juste avant la fin du premier paragraphe, trois lignes avant la fin de ce grand pavé, les trois derniers mots: « Nous n'obligeons aucune nation à quelque chose qui leur est étranger et extérieur, superficiel. »
Autrement dit, le peuple d'Israël ne fait pas de prosélytisme, ne va pas chercher des nations du monde pour changer leur spécificité, comme font certaines religions en convertissant des êtres qui n'ont aucun rapport avec leur culture de base.
— Pardon ?
Par exemple, comme des Noirs en Afrique qui deviennent chrétiens. Parce que, malheureusement, ils ont peur d'un certain degré, on leur fait montrer quelque chose, et donc c'est très très rapide, ça se passe très rapidement. Le peuple d'Israël garde la structure de chaque nation. Il surveille même la structure de chaque nation. Il y a ici une expression d'un respect total de ce que l'autre est. De la même manière que je ne vais pas transformer un éléphant en tigre, je suis obligé de respecter la nature de chaque être. Et la nature collective de chaque être est elle aussi très importante. C'est pour cela que le langage de chaque être, le langage de chaque nation, indique le monde intérieur que cette nation possède.
Pour pouvoir être interlocuteur, pour pouvoir être un pont qui va relier Israël aux nations du monde, je dois justement apprendre le langage spécifique à toutes ces nations. Les Hakhamim ont défini le nombre de nations à 70. Ce chiffre-là est une matrice de toutes les expressions, j'allais dire, au niveau psychologique de l'humanité. Donc un homme qui est capable de parler 70 langues est un homme qui est capable, en réalité, de devenir un pont qui relie l'Infini, béni soit-Il, et les nations du monde.
Je parle d'un homme d'Israël, Yossef HaTsadik. Yossef HaTsadik a appris 70 langues par un ange qui s'appelle Gabriel. Pourquoi Gabriel ? Guevoura, car il lui a donné, en réalité, la structure intérieure de chaque langage. En français, on n'entend pas la différence, mais en hébreu, il y a lachon, langage, langue. Mais il y a aussi safa, qui veut dire lèvre. La différence est énorme. Dans le lachon, il y a l'expression intérieure. Dans la safa, il y a tout simplement une extériorité, quelque chose de superficiel qui ne montre pas réellement la néchama de la nation en question.
Yossef HaTsadik n'a pas étudié les lèvres des nations, il a étudié le langage. Il connaissait donc l'intériorité, l'âme, la sensibilité collective, la psychologie collective. C'est ce qui a permis à Israël, à travers ce personnage de Yossef, de devenir un pont. Il est devenu vice-roi d'Égypte, capable de gérer non seulement l'Égypte, mais le monde entier, parce qu'il était capable de régner sur l'humanité.
Ceci à la demande des sorciers du Pharaon: tu veux que cet esclave devienne roi, il a besoin de connaître 70 langues. Il les a apprises en une nuit. Comment les a-t-il apprises ? C'est l'ange Gabriel qui est venu et lui a enseigné. Mais pour être capable de parler 70 langues en une nuit, il fallait que cette chose-là soit déjà en lui. Il fallait juste l'exprimer. Cela veut dire que nous avons des capacités que nous-mêmes ne connaissons pas, nous n'avons pas conscience de nos capacités. En réalité, quand quelqu'un est assez fort pour faire le travail, comme l'ange Gabriel, eh bien, en une nuit, tu es capable de transformer ton être et de devenir un conducteur de lumière.
Question: il n'y a que Yossef ? Parce qu'il connaissait le Pharaon, il connaissait 70… Non, non, non. Pas de cette manière. Les sorciers avaient une connaissance, mais pas aussi profonde que celle de Yossef. Ils connaissaient 70 langues, mais Yossef parlait aussi le Lachon HaKodesh, donc il avait un plus. Quand tu veux apprendre une langue, si tu ne connais pas le secret de cette langue, il y a en fait une formule qui traverse toute la langue, une logique. Si tu connais cette logique…
Comme quand tu étudies la Guemara. Tant que tu n'as pas compris la logique de la Guemara, tu ne peux pas étudier des pages. Si tu as compris la logique de nos sages, la manière dont la Guemara est construite, alors c'est très facile à lire, à étudier et à comprendre réellement. Il y a une logique, un dénominateur commun, et pour arriver à le mettre en limite, il faut une force. La Guevoura, c'est justement la force de mettre les choses en limite, c'est-à-dire de prendre des choses immenses et de les réduire à quelque chose de concret. Ça, c'est la Guevoura.
Donc quelqu'un qui est ghibor, ce n'est pas seulement celui qui est fort. C'est celui qui arrive à faire un résumé, par exemple, d'un cours qu'il vient d'entendre. Ça, c'est l'utilisation de la Guevoura. Donc, à chaque fois que vous sortez d'un cours, si vous voulez que ce cours vous reste en mémoire, réellement, dans votre vie, il faut en faire un résumé concis, et être capable de résumer le tout en quelques lignes. Cela montre une intelligence. Comme quand vous sortez d'un film et que vous êtes capable, en deux ou trois phrases, de raconter l'idée du film, et non pas les scènes du film. On s'en fiche un peu des scènes du film, on veut comprendre le sujet profond.
Il y a des gens qui ne savent pas faire ça. Vous leur demandez: raconte-moi le film. Ils commencent à te raconter depuis le début. Tu restes trois heures avec eux et tu leur dis: mais qu'est-ce que tu me racontes là ? Je voulais juste l'idée profonde de ce film. Ça se dit en une phrase.
Ça veut dire qu'ils vont être capables d'arriver à un niveau, d'être un peuple de l'Éternel, comme Am Yisrael est un peuple de l'Éternel. Eux aussi, c'est marqué comme ça: ils seront pour Moi aussi un peuple. C'est-à-dire que l'humanité va grandir, va s'élargir, va devenir, dans son essence, le porte-parole des attributs divins. Israël gardera toujours une place importante dans ce lien avec l'Infini. Le peuple, lui aussi, va monter de niveau et va être encore plus dans l'intériorité des choses, en gardant notre structure, qui est justement la phase intérieure de la vie. Nous sommes …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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Ce cours fait aussi partie de la série « Toutes les vidéos, Rav Yoël Benharrouche ».
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
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La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
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