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Le Rav Elie Kling, de l'exil à l'alia dans le Néguev

Un rabbin raconte son parcours, son père, et pourquoi il a choisi le désert du Néguev.

1 h 34

Rav Élie Kling

Ensuite : Rav Élie Kling : pourquoi il a décidé de monter en Israël, 25 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

À condition qu'ils leur disent la vérité. Qu'ils leur disent: « Écoute, tant que tu es là, on va s'occuper de toi. Tout ce dont tu as besoin, on te le donnera, au niveau de ce qui est identité juive, etc. » Mais bon, voilà. Dès que tu peux, pars, ou alors envoie tes enfants, au moins. Envoie tes enfants. Pour des raisons idéologiques, c'est-à-dire: je ne laisserai pas le Hamas décider quand est la rentrée à, quoi. Moi, ça me déçoit énormément. Mais ce ne sont pas seulement les gens de: ce sont les opposants de Bibi, les politiques, en Israël, qui…

Les amis, shalom. J'ai décidé de vous ouvrir mon répertoire, pas seulement le mien, celui de l'association Orot veKelim. Il y a des gens extraordinaires qui se baladent dans notre pays, et je pense qu'il est intéressant, important, essentiel de les connaître. Pas pour qu'ils nous fassent des cours de Torah, pas seulement, parce que c'est en plus, mais pour qu'ils nous expliquent qui ils sont vraiment.

J'ai eu la chance de recevoir notre premier invité dans nos tout nouveaux studios à Jérusalem, le Rav Elie Kling. On a parlé de son père, on a parlé de ses actions, on a parlé de pourquoi il allait se mettre au fin fond du désert. Bref, pour ceux qui connaissent le Rav Kling, une heure et demie extraordinaire, pleine d'enrichissement au niveau personnel, au niveau du pays.

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Bref, je vous laisse avec le Rav Kling. Merci beaucoup.

— Ça fait vraiment plaisir. Bon, Hachem, c'est une association qui grandit, mais on n'est pas là pour parler de Roch Hachana, on n'est pas là pour parler de vous, de vos… Quoique. De toute façon, tout est relié, tout est relié. Mais on va parler de vous, on va parler de votre papa, de votre maman, de vos projets, Bézrat Hachem. Mais avant ça, d'où venez-vous ce matin ? Parce que vous n'habitez pas à Jérusalem.

— Ah non, je n'habite pas à Jérusalem. Il y a trop de Juifs à Jérusalem… Non, moi j'habite dans le Néguev, dans le sud du pays, dans l'endroit que Ben-Gourion pensait, à juste titre, certainement, que c'était l'avenir d'Israël. Je vous rappelle, ou je vous signale, que le Néguev représente à peu près les deux tiers de la superficie de tout l'État, et qu'il est encore largement habitable. Il y a encore plein d'endroits où on peut faire plein de choses. Donc c'est encore aujourd'hui, en Israël, une région où tu as l'impression, quand tu habites là-bas, de faire quelque chose, de participer au développement de quelque chose.

— Vous êtes toujours avec ceux qui habitent à Jérusalem…

— Non, tout le pays. Tout le pays se développe. Mais c'est vrai que Jérusalem, Tel-Aviv, le centre… Bon. L'impression que j'ai eue quand je suis arrivé dans le pays, c'est qu'on n'a pas réellement besoin de moi dans ces grands centres. Par contre, en périphérie, entre le nord et le sud, il y avait de la place. Je suis tombé amoureux du sud, donc je suis resté là-bas.

Je pense qu'il y a ce sentiment. Je ne sais pas si c'est tellement vrai, finalement, mais au niveau du sentiment, il existe: le fait d'avoir une petite pierre à porter, quelque chose qui ne rentre pas dans un truc déjà fait depuis longtemps et que tu as du mal à mettre en valeur. Et là, tu as l'impression que chaque fois que tu fais quelque chose de concret, ça fait participer toute la région à son développement, et ça fait très plaisir. Mais on va en reparler.

— Ok. Parce que ça a été une étape de commencement chez vous.

— Ouais.

— Mais avant ça, moi j'ai appris de vous, et de tous mes rabbins, que pour savoir où on va, il faut savoir d'où on vient.

— Oui. Quand j'ai dit à ma maman que j'allais interroger le Rav, elle m'a dit: « Kling, attends, Kling, ça me dit quelque chose. Attends, ce n'était pas le grand rabbin Yoshua Kling ? »

— Si, si. C'est un rabbin hyper connu. Il a été le fondateur à Lyon. Après la guerre, il a créé un orphelinat. Il a été grand rabbin de Lyon jusqu'en 1974, et après, il a été grand rabbin de Nice, si je ne me trompe pas. Bref, un géant de la Torah, d'après ce que j'ai lu.

— Oui, mon père, c'était un personnage. Il est arrivé à Lyon dans les années 50. En fait, quand il a commencé après la guerre… ça t'intéresse ?

— Ah oui, ça m'intéresse. Ça nous intéresse ici.

— Ok, d'accord.

Mon père, c'était un scout, un chef scout pendant la guerre. Les Zéhis ?

— Ouais, les Zéhis, ouais, ouais, ouais.

— Et il avait son totem, il s'appelait Cigogne, parce qu'il était à l'époque très grand et maigre. Après la guerre, pendant la guerre, il a fait quelques petits trucs pour la Résistance… D'ailleurs, c'est un truc que j'ai appris très tard, très très tard. Je ne savais pas.

Mes grands-parents, lui est fils unique, et ils habitaient en Alsace. Quand les Allemands sont arrivés, comme tu le sais, ils ont annexé tout de suite l'Alsace-Lorraine, qui, d'après eux, faisait historiquement partie de l'Allemagne. Et ils ont décidé, dès 39-40, quand ils sont arrivés là-bas, que toute la région devait être Judenrein. Donc les Juifs d'Alsace ont été évacués tout de suite.

Je parle de 1940, avant le débat, mais bien avant les projets de « solution finale », etc. Donc ma grand-mère, mon grand-père, mon père ont été priés de monter dans un camion, et on les a lâchés avec les autres Juifs de la région, en pleine campagne, finalement. Ce qu'on m'a raconté, c'est que tout le monde était très apeuré, pleurait: qu'est-ce qu'on va faire maintenant ? On est tout seuls, on a à peine de quoi, on a pris les choses nécessaires, etc. Et ma grand-mère, qui était une femme très énergique, leur a dit: « Mais vous ne vous rendez pas compte, vous devez remercier le ciel qu'on s'en soit tirés comme ça, et maintenant on est libres, on peut essayer de rebâtir quelque chose. »

Alors ils ont marché, marché, marché, je te passe les détails, et ils sont arrivés jusqu'à Pau. Je ne sais pas si tu imagines le trajet: c'est la frontière espagnole, les Pyrénées. Et mon grand-père, qui avait un petit sens de l'humour alsacien, a dit …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling

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