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Pourquoi la Massekhet Avot se trouve dans Nezikin

Le Rambam explique la place de Pirké Avot : la transmission de la Torah orale et les qualités exigées des dayanim.

1 h 02

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom, shalom, shalom à tous, shalom à toutes, chavoua tov. Pour ceux qui sont en Israël, j'espère que ce troisième séguer se passe bien. Moi, j'ai dû me réfugier dans ma chambre. J'espère qu'on arrivera à étudier béezrat Hachem. Alors, on est en plein milieu de la question que pose le Rambam: pourquoi la Maséket Avot est-elle placée à l'endroit où elle est placée ?

On se promène dans la Shisha Sidrei Michna, dans les six ordres de la Michna. Et en plein milieu de l'ordre qui s'appelle l'ordre de Nezikin, qui parle surtout des dommages, des querelles, etc., on nous met la Maséket Avot, le Maxime des Pères, qui est une maséket où il n'y a pas du tout de halakha. C'est une maséket où il y a des conseils de vie, des paroles de morale. On nous dit comment il faut agir, comment il faut se conduire, comment il faut être, et pas en tout cas de halakha. Pourquoi cette partie, qui n'est pas de la halakha, est-elle à cet endroit-là ?

Alors, le Rambam nous a dit la semaine dernière deux raisons.

La première raison est pour nous, on va dire. La deuxième raison est pour les dayanim eux-mêmes. Qu'est-ce que j'entends par là ?

La première raison, c'est à cause de la première Michna de Maséket Avot, qui commence par Moché kibel Torah mi-Sinaï, ve-moussarah lé-Yehoshoua, ve-Yehoshoua la-zkénim, etc. Elle relate en fait la transmission de la Torah orale, et elle nous dit: sache, toi le juif simple qui vas maintenant au beth din recevoir le jugement, que les dayanim que tu as en face de toi sont la résultante, la continuité de Moché Rabbenou. C'est important que tu te mettes ça dans la tête. Donc, directement après avoir parlé de la maséket qui parle des dayanim, on vient nous rappeler que ces dayanim-là, ce n'est pas n'importe qui: ce sont les détenteurs de la Torah orale. Ça, on va dire que c'est une raison pour nous.

Et la deuxième raison, c'est la raison pour les dayanim eux-mêmes. Lorsqu'on est dayan et qu'on doit trancher le jugement entre deux personnes, et qu'on va déclarer quelqu'un coupable, parfois même, dans certains cas, coupable de mort, il faut bien sûr être à la hauteur de ce genre de din qu'on va rendre. Cette maséket vient donc rappeler aux dayanim comment il faut se conduire: toutes les plus grandes paroles de morale qu'on a dans la Michna, pour qu'ils gardent le cap.

On avait dit aussi une troisième chose: on est tous un petit peu des dayanim, d'accord ? Juste après avoir parlé de la maséket des dayanim, de savoir qui est dayan, on nous dit comment se conduire, parce que chacun d'entre nous, même à un petit niveau, doit juger, doit trancher. Dans nos vies, on doit décider. La Maséket Avot vient donc nous rappeler quels sont les attributs d'un dayan.

Dans cette deuxième partie que nous dit le Rambam, c'est-à-dire la partie qui rappelle au dayan d'être homoreux, etc., c'est là qu'on s'était arrêté. Alors on va lire le texte. Même cette deuxième partie se divise en deux. D'abord, il y a ce qui se passe dans le tribunal même: comment se conduire dans les tribunaux. Donc, ne pas juger trop vite, faire très attention quand on enquête sur des témoins, qu'ils n'apprennent pas de nos propos à répondre, etc.

Il y a une deuxième partie: comment se conduire en dehors du tribunal. C'est très important. Ça va un peu de soi, mais c'est quand même bien de le rappeler: le dayan n'est pas seulement quelqu'un qui, une fois sorti du tribunal, peut faire ce qu'il veut, qui est un homme comme tout le monde. Non.

La manière dont il se conduit dans sa vie privée va énormément influencer à quel point son jugement sera accepté ou non par le peuple. On aura beaucoup de mal à prendre quelqu'un au sérieux dans le tribunal lorsqu'il nous dit toutes sortes de choses qu'on n'a pas forcément envie d'entendre, qu'untel est coupable, etc. Il faut qu'on soit persuadé que cette personne se comporte avec beaucoup de grandeur, avec beaucoup de justice, y compris envers elle-même.

Sinon, on a affaire à une séparation entre, d'un côté, la justice et, de l'autre, la morale personnelle. Et ça n'a sûrement pas sa place dans la Torah. On s'était donc arrêté là. Regardez le deuxième paragraphe: c'est justement la partie qui parle du dayan dans sa vie personnelle.

Il ne doit donc pas se conduire avec légèreté devant les gens, pour ne pas qu'on le méprise. Il ne doit pas non plus se séparer trop des gens, pour ne pas… Dans les mots du Rabbin, pour ne pas perdre le faible. C'est-à-dire quoi, perdre le faible ? Ça veut dire qu'il faut que tout le monde soit persuadé qu'il est égal face à la justice. Si le dayan est un peu comme ça, impossible à appréhender, on n'arrive pas tellement à l'avoir, on n'arrive pas à le voir, etc., il est enfermé dans sa tour d'ivoire. Ce sera problématique pour le dal, celui qui est faible, qui n'a pas de connaissances, etc., qui se dira: j'aurais bien aimé aller chez le dayan, mais en vérité je ne peux pas, il est trop loin de moi. Il faut donc qu'il fasse preuve de grandeur, mais qu'il ne donne pas l'impression d'être loin du peuple.

Il ne faut pas non plus que ce soit un dayan qui poursuive les plaisirs de ce monde, qui veut se reposer, avoir des plaisirs matériels, etc. Il faut qu'il domine ses instincts. En vérité, il ne doit pas aimer avoir un rôle important comme ça. Il ne doit pas s'empresser d'enseigner, de donner son avis, etc., pour ne pas qu'on se dise: celui-là parle trop vite, il parle avant de réfléchir, etc.

Il doit se conduire, dans la majorité de ses procès, selon un compromis. C'est ça qu'il doit chercher: rechercher toujours le compromis entre les deux parties. Et si un dayan peut toute sa vie arriver à chaque fois à un compromis, c'est-à-dire que les deux parties sont d'accord et disent: « Bon, d'accord, je te donne ça », sans qu'il soit besoin de trancher de manière forte, alors harei zé mechubach: il est loué. C'est à ça qu'on aspire.

Quand on a parlé avant de ses instincts, de ses plaisirs matériels, c'était à la fois pour que lui-même ne soit pas quelqu'un de matériel, attiré par la matière. Quelqu'un comme ça aura peut-être moins tendance à réfléchir de manière claire; il sera plus dépendant de la matière, de ses situations corporelles, etc., que quelqu'un qui s'est élevé et qui n'est pas dépendant de tout ça. Deuxièmement, c'est sûrement aussi pour les pots-de-vin, pour ne pas être quelqu'un qui puisse accepter de l'argent contre un bon jugement. Si on a quelqu'un qui est détaché de la matière, il est forcément détaché de l'argent aussi. On le verra après: une des conditions pour être dayan, c'est justement de ne pas aimer l'argent.

Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim

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