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Amira et Dibour, la parole divine et sa réception

Pourquoi la parole divine reste immuable alors que la Torah se reçoit selon la mesure de chacun.

59 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Qui est D.ieu ?, 1 h 02

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Le cours d'aujourd'hui va traiter de la différence entre la Amira et le dibour. Et à l'intérieur de cette Amira, on va essayer de comprendre les secrets qui incombent au peuple d'Israël.

Dans le terme de Amira, ce sont des Imrot Tehorot, c'est-à-dire qu'il y a une pureté dans ces paroles. La Amira, il faut bien comprendre que c'est une parole divine qui ne s'adresse pas directement à quelqu'un, mais qui est dite. C'est comme s'il y avait une émission dans l'univers, et cette Amira ne se termine jamais, ne change jamais, elle est immuable, elle est invariable, parce que justement, elle ne s'adresse pas directement à quelqu'un.

À l'inverse du dibour, qui lui, il est selon ce qu'il reçoit. Par exemple, le don de la Torah, c'est un dibour. Pourquoi c'est un dibour ? Parce que ce n'est pas que Hakadosh Baroukh Hou balance une idée et qu'il nous laisse nous débrouiller avec.

Pas du tout. Le dibour de Matan Torah va s'adresser en fait aux ustensiles, à notre capacité de recevoir, de percevoir, chacun d'entre nous, le degré qu'il est capable de recevoir. Ce qui fait que la Torah n'est pas donnée d'une façon... En fait, elle est donnée également à tout le monde, mais elle n'est pas perçue également par tout le monde. Alors que le maamar, c'est une force infinie qui circule dans l'univers et qui ne bouge pas, qui ne monte pas, qui ne descend pas, elle ne dépend pas de ceux qui vont recevoir ce maamar.

Pourquoi c'est important de comprendre que les Imrot sont Tehorot, comme dit David Hamelekh, qu'elles sont pures ? Ça veut dire qu'en réalité elles viennent d'un monde où l'impureté n'existe pas. Et lorsqu'elle traverse ce monde, puisqu'elle traverse l'univers, c'est une émission, et bien, ceux qui arrivent à capter cette émission touchent immédiatement un monde de pureté. C'est-à-dire que ça touche et ça transforme ceux qui viennent en contact avec ce maamar.

Ce maamar, rappelez-vous, il est, comme la paracha de Emor, écrit sans Vav, comme dans la Torah. J'ai fait exprès de ne pas mettre le Vav, parce que dans la Torah, il est écrit « amar », « il dit ». Et en réalité, ce sont les trois niveaux: Aleph, Mem, Resh. Vous vous rappelez ? Or, Mayim et Raqia. C'est-à-dire qu'Or, l'Aleph, c'est la lumière, c'est en réalité l'essence des choses. À chaque fois, c'est une forme de lumière.

Mem, c'est Mayim, cette lumière pour arriver à se concrétiser sur terre. Elle doit passer par un élément liquide, comme une goutte de semence. Donc c'est le second degré, Mayim. Et Raqia, c'est déjà le façonnage de la chose. Lire kha en hébreu, c'est en réalité travailler quelque chose qui va recevoir une forme. Donc c'est un kli. Donc Or, Mayim et Raqia, c'est comme ça que Hakadosh Baroukh Hou fait pour acheminer son verbe divin et le transformer en réalité dans sa création.

Alors donc, la Amira continue et ne change jamais. Alors que le dibour, qui est la parole donnée à quelqu'un, il y a un interlocuteur, et ce dibour-là est réceptionné selon l'ustensile, la qualité du récepteur. D'accord ? Donc c'est subjectif. La Amira est objective parce qu'elle parle. Même le dibour est objectif, mais lorsqu'il est reçu, perçu par l'homme, il se place selon son prisme à lui.

Ce qui fait que la Torah, on l'a reçue par un niveau de Hessed ou de Guevoura ? Non, de Guevoura. Si c'était Hessed, c'est comme si Hakadosh Baroukh Hou nous balançait dessus ce qu'il voulait. Alors que Guevoura, ce sont les mesures que moi, j'offre pour recevoir la Torah. C'est ce qu'on appelle une Guevoura. Guevoura, ce n'est pas une rigueur, ce sont des mesures. Donc, moi j'arrive à Chavouot, elle va arriver à Chavouot, et nous n'avons pas les mêmes kelim de réception. Donc, moi je veux recevoir une Torah d'un certain degré, elle, elle va recevoir une Torah de cent degrés à elle. On ne dit pas mieux, pas mieux. Chacun a sa qualité de réception, et Hakadosh Baroukh Hou prend compte de ces degrés-là. Donc ça s'appelle une Guevoura.

Et c'est pour ça que la Guemara nous dit: la Torah, on l'a écoutée. Lui, il donne avec du Hessed. Mais quand moi je reçois, c'est toujours parce que je donne des mesures à ma réception. J'ai besoin d'un écran pour recevoir. Ce qui veut dire que si je viens avec un seau vide, je recevrai un seau de Torah. Si je viens avec un jerican, je recevrai un jerican de Torah. Si je viens avec un verre d'eau, je recevrai un verre d'eau de Torah, c'est-à-dire la quantité et la qualité. Si je viens avec un bateau, je recevrai un bateau de Torah.

Alors, quelle est la différence entre les uns et les autres ? Comment est-ce que je peux changer le kli avec lequel j'arrive pour recevoir ? C'est ce qu'on appelle le ratzon. Le ratzon, c'est ce qu'il vient de traduire par « appétit ». C'est-à-dire, combien réellement je veux quoi ? Non, pas recevoir, partager. Combien je veux partager, pas recevoir. Tu peux recevoir ce que tu as envie, tu crois que parce que tu demandes, c'est tout. En réalité, dans ce monde, on ne reçoit que ce qu'on a envie de donner.

C'est ça le secret. C'est-à-dire que si vraiment tu veux partager la Torah, tu recevras un bateau de Torah. Si tu veux recevoir une infinité de niveaux de Torah, c'est parce que ton désir est infini de partager à ton peuple. Et de même au niveau de tout ce que vous demandez dans votre vie: que ce soit la Parnassa, que ce soit n'importe quoi. Si c'est pour vous, ce sera limité à vos propres kelim. Si c'est recevoir pour partager à Hakadosh Baroukh Hou, il ne demande pas mieux que d'avoir dans ce monde des émissaires. Donc en réalité, tu recevras le plein parce que tu veux donner le plein réellement.

Donc, au moment de la création, il faut fixer la nature de chaque chose. Et c'est pourquoi, si vous regardez la terminologie des mots au moment de la création, il n'y a pas à qui parler. Il est seul, entre guillemets. Donc, à chaque fois qu'il fait quelque chose, qu'est-ce qu'il dit ? Et c'est pour ça que nous, aujourd'hui, on dit: la création du monde a été faite par des Imrot. Ce qui fait que ce monde-là a des mesures invariables, c'est-à-dire que c'est une nature. C'est la nature de ce monde. Il a dit que le soleil suit tel et tel parcours. C'est comme ça, c'est fini, c'est immuable.

C'est toujours « Vayomer, vayomer, amar, amar » et « Amar »: jamais vous ne trouverez « Vayedaber ».

Une fois que l'homme est créé, il y a un fondement. Le fondement essentiel concernant l'homme, c'est sa capacité à pouvoir choisir. C'est-à-dire qu'Hakadosh Baroukh Hou a implanté à l'intérieur de nous la capacité de choisir, librement. Pourquoi est-ce que c'est libre ? Et pas comme certaines personnes pensent que nous n'avons pas le libre arbitre. En réalité, on a le libre arbitre, et c'est …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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Ce cours fait aussi partie de la série « Toutes les vidéos, Rav Yoël Benharrouche ».

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