Toubichvat, le nouvel an de l'arbre et la Gueoula
Pourquoi Toubichvat renvoie à la faute du fruit, à la sortie d'Égypte et au processus de la délivrance.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Le mois d'Adar et la joie qui augmente, 30 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Tov. Shalom. Aujourd'hui, dans le cadre de notre série de cours sur la Gueoula, concernant la Gueoula d'Am Israël, nous allons faire une petite parenthèse qui touche toujours le même sujet, mais qui l'aborde concernant la fête de Tou Bichvat. Nous voyons, comme par hasard, que la paracha qui est collée généralement à la fête de Tou Bichvat est la paracha de la sortie d'Égypte, la paracha de Beshalah. Il y a un lien apparent, évident, entre la sortie d'Égypte et le nouvel an de l'arbre. Je dis volontairement le nouvel an de l'arbre et non pas des arbres, puisque la Michna nous dit Roch Hachana la Ilan et non pas Roch Hachana la Ilanot.
Quelle est la différence entre Ilan et Ilanot ? Il y a bien entendu des parties secrètes, codées, car Ilan a pour valeur numérique 91: Aleph, Yod, Lamed, Nun. Et le chiffre 91 est très connu pour être celui qui unifie le nom de Dieu, le tétragramme, Yod Hé Vav Hé, et le nom de Dieu que nous prononçons, c'est-à-dire Adonaï.
Si vous faites le lien entre ces deux noms, le tétragramme plus le nom que nous disons, la valeur numérique est 26 plus 65, nous avons donc le 91 qui apparaît. Moralité: lorsque je dis que Tou Bichvat, c'est Roch Hachana la Ilan, que Tou Bichvat est le nouvel an de l'arbre Ilan, je ne veux pas seulement dire qu'il s'agit là d'un arbre, bien que ce soit vrai aussi, à un autre niveau. Je veux dire aussi qu'il y a ici une liaison, un lien entre le Dieu qui est transcendant, que nous avons défini par Yod Hé Vav Hé, le tétragramme, et le Dieu immanent, celui qui s'habille dans notre monde, qui est Aleph Dalet Nun Yod, Adonaï. Ce lien entre les deux mondes, entre les deux noms, c'est en réalité un lien entre deux mondes.
J'ouvre ainsi une certaine porte, une certaine vision sur ce que Tou Bichvat vient nous enseigner. C'est-à-dire que Tou Bichvat va nous donner une information concernant la terre. Une information importante, qui va nous rappeler, dans notre conscient et dans notre subconscient, quelque chose qui est de l'ordre du fruit. Vous savez que le peuple d'Israël a toujours une réticence à manger des fruits.
Pourquoi ? Ça lui rappelle sa capture. Qu'est-ce que ça veut dire, ça lui rappelle sa capture ? Notre première faute, la faute de l'humanité, a commencé par la consommation d'un fruit. Donc, à chaque fois qu'on touche un fruit, quelque chose se réveille dans le subconscient, qui nous dit: attention, là, il se passe quelque chose. Un jour, il s'est passé quelque chose. Un jour, le serpent a invité Madame Ève pour lui offrir un fruit.
C'était la première invitation au restaurant. Et à partir de cette invitation au restaurant, il s'est passé beaucoup de choses qui ne nous ont pas convenu, qui n'ont pas convenu au monde, et nous faisons avec aujourd'hui. C'est pour ça que nous avons une certaine réticence. Et justement, Tou Bichvat vient apparemment corriger cette faute. En tout cas, il s'agit d'essayer d'y penser et de tout faire pour avoir la conscience du danger de cette consommation, entre guillemets, et la capacité à réparer ce que nous devons réparer dans cette consommation des fruits.
Le Midrash nous dit que la faute de l'arbre de la connaissance du bien et du mal était un étrog. D'autre part, il est écrit que c'était du blé. Beaucoup de définitions et beaucoup de pensées ont été écrites autour de cet arbre de la connaissance. Qu'était-il ?
La Guemara, dans Roch Hachana, à la page 14, nous donne une allusion à la réparation de cet arbre, c'est-à-dire un lien caché entre le fait de consommer l'arbre de la connaissance du bien et du mal, donc la première faute, et Tou Bichvat. Autrement dit, à Tou Bichvat est arrivé le moment où l'on peut consommer l'arbre de la connaissance. Alors que la première fois, lorsqu'on l'a consommé, il était encore interdit de le consommer. Ce n'était pas une interdiction définitive, mais une interdiction limitée dans le temps. Il fallait attendre l'entrée du Chabbat. Si le premier homme avait attendu l'entrée du Chabbat, il aurait eu le droit de consommer ce fruit. Or, il a mangé de ce fruit alors que nous étions encore avant Chabbat.
Sous-entendu: le monde n'était pas encore arrivé à sa perfection, à sa protection totale, et il y avait encore des forces négatives qui n'étaient pas corrigées, pas contrôlées. Ces forces négatives ont eu raison de lui, ont réussi à le faire tomber dans une faute et à participer à tout ce qui allait se passer pendant les 6000 ans à venir. Si Adam Harichon avait attendu l'entrée du Chabbat, le Chabbat étant en lui-même une protection, il n'aurait eu aucun problème à consommer ce fruit pendant le Chabbat.
Quel est alors le lien que la Guemara, donc Roch Hachana à la page 14, va faire entre Tou Bichvat et cette première faute ? La Guemara nous raconte une histoire: celle de Rabbi Akiva qui, un jour, est sorti dans son champ, dans son jardin, dans son verger. Il avait apparemment des fruits, des arbres, et parmi les arbres, il y avait un étrog, un arbre qui fait pousser ce fameux fruit.
Quand consomme-t-on l'étrog ? Quand a-t-on l'étrog ? À Souccot, nous avons un lien avec la fête de Souccot dans l'étrog. On ne le mange pas, on fait la bénédiction avec, on fait tous les arba minim avec l'étrog. Et à la fin, une fois la fête terminée, on peut se faire des confitures d'étrogim avec tous les étrogim qui sont restés sur place. Toujours est-il que cet étrog-là, Rabbi Akiva vient et le cueille. La Guemara nous raconte qu'il cueille un étrog de l'arbre.
Or, si nous nous référons à la Guemara que j'ai citée avant, et au Midrash que j'ai cité avant, selon lesquels le fruit de la connaissance du bien et du mal était lui-même un étrog, et que la Guemara nous dit maintenant que Rabbi Akiva est allé prendre l'étrog et le cueillir, la Guemara ne vient pas seulement nous raconter une histoire. Elle vient nous dire que Rabbi Akiva a considéré que le temps de la correction était arrivé. Ce qui était interdit au premier homme, cueillir ce fameux étrog, est maintenant autorisé. Et la preuve: moi, Rabbi Akiva, je descends dans mon jardin et je vais cueillir l'étrog.
Il était interdit le premier jour de Tichri, le jour de la création de l'homme, et maintenant il est autorisé parce que nous sommes déjà à Tou Bichvat, ou au premier de Chvat selon la Guemara. Très intéressant. Ce lien vient donc nous autoriser la consommation du fruit qui était interdit au départ. Le monde est apparemment arrivé à un stade où l'on peut consommer ce fruit.
Les kabbalistes, d'ailleurs, nous disent qu'il est important de faire une prière le soir de Tou Bichvat pour avoir, à Souccot prochain, un bel étrog. Ça veut dire que pour avoir un étrog la prochaine fois que je serai devant Hag Souccot, la fête de Souccot, et que j'aurai …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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