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Lekh Lekha et le retour vers l'ordre de la Création

Comment la lumière divine ordonne le chaos et pourquoi la Gueoula passe par la terre d'Israël.

50 min

Rav Yoël Benharrouche

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bonjour à tous. Aujourd'hui, nous allons continuer notre sujet principal tout en gardant un contact avec la paracha de la semaine, la paracha Lekh Lekha. Nous parlons bien entendu du grand processus divin pour lequel le monde a été créé tout entier, à savoir le dévoilement de Hakadosh Baruch Hou sur terre.

Faire descendre sur terre la morale divine, faire descendre sur terre les notions divines, pour que le monde s'arrange, pour que le monde passe d'un état qui coule à un tikkoun, d'une dégradation à une correction. Ce processus est obligé de s'habiller dans la notion de temps, et donc il est lent par nature, et il faut un travail continu pour arriver à ce degré de correction du monde.

Pour cela, Hakadosh Baruch Hou choisit Abraham, pas comme un homme religieux, mais comme un homme qui va fonder la nation d'Israël. Je dis bien la nation, c'est-à-dire le niveau national, et pas seulement le niveau religieux. Alors, notre sujet, c'est le retour vers l'ordre. Je l'ai appelé comme ça pour montrer qu'en réalité, on est dans un degré de désordre au départ,

et qu'on doit arriver à un degré qui rejoint l'ordre divin. L'essentiel de la Gueoula, c'est de dévoiler la sainteté de la Terre d'Israël. Et c'est en réalité le sujet principal du renouveau du monde futur.

C'est en fait le retour vers l'ordre principal, initial, qui se résume dans la Torah par le terme où Dieu ordonne que la lumière soit. J'explique ce que je viens de dire. Lorsque le monde est créé,

immédiatement nous voyons deux niveaux. Un niveau qui s'appelle Chamayim, un niveau qui s'appelle Erets. Le niveau qui s'appelle Erets a des problèmes. Le verset suivant le dit: la partie terrestre a des problèmes, elle est dans le Tohou Bohou. Il y a un noir qui s'étend sur les abîmes de la création, et on ne sait pas trop

où aller. Il y a un désordre dans ce monde. Pour corriger ce désordre, le verset suivant dit: dans ce degré de noir, dans ce degré d'abîme, dans ce degré de dégradation, de mélange, Hakadosh Baruch Hou ordonne que la lumière soit. Autrement dit, « et la lumière fut ». Cela veut dire que Hakadosh Baruch Hou

commence le processus de l'arrangement du monde, qui a commencé par une dégradation. Il faut comprendre que la Torah est raccourcie, elle parle avec des notions très courtes, et elle dit beaucoup de choses en peu de mots. Quand Hakadosh Baruch Hou dit que la lumière soit, cela veut dire que l'ordre revienne. En effet, la lumière est l'élément qui met les choses en place, qui donne la vision complète de

quelques événements. Un exemple: si j'éteins la lumière dans cette chambre et que nous sommes dans le noir complet, on a perdu immédiatement la notion de tout. C'est-à-dire que si on est dans le noir complet dans une chambre, les seules choses qui sont à notre portée, ce sont les choses qu'on touche. Donc, moralement, on est plus proche des détails et moins proche d'une vision complète. Si je touche quelque chose dans le noir, je peux dire: je touche un stylo,

mais je ne sais pas où ce stylo se trouve par rapport à l'ensemble de la chambre. Je résume: l'état de noir n'est pas seulement l'extinction d'une lumière, mais c'est l'état mental d'un homme qui n'arrive pas à voir une vision complète de quelque chose, et qui ne voit que des détails. Je peux donc dire à quelqu'un: tu es dans le noir. Qu'est-ce que cela veut dire, « tu es dans le noir » ? Tu ne vois que des détails dans ta vie. Tu n'arrives pas à voir un ensemble. Tu ne sais pas où tu vas.

Tu vis au jour le jour, dans le détail. Tu es petit dans ta vision. Tu as une vision restreinte, obtuse, fermée, limitée, comme un homme dans le noir. Au moment où j'allume la lumière, qu'est-ce que je fais ? Je fais en sorte que ce stylo commence à prendre une position dans l'espace de la pièce. Je sais par rapport à quoi le mesurer. Donc je vois maintenant, grâce à la lumière, le stylo

et tout ce qu'il y a autour. J'ai donc gagné quelque chose de beaucoup plus grand: j'ai gagné une vision complète. Ça, c'est la notion de lumière. Éclairer quelqu'un, même dans l'expression « j'ai été éclairé », cela veut dire que je suis sorti de la vision de détail seulement, et que je vois maintenant quelque chose de complet. J'arrive à avoir une vision globale, une image complète de mon existence. Est-ce que la chose est claire ?

Lorsque Hakadosh Baruch Hou demande que la lumière soit, c'est exactement la même chose au niveau de la création du monde. Je reviens à ce que j'ai dit tout à l'heure. Si la terre se trouve dans une position de tohou bohou, de noir, cela veut dire quoi ? Qui domine à ce moment-là dans le monde ? Les détails. On n'arrive pas à voir un but, on n'arrive pas à avoir une vision complète.

On ne comprend pas vers quoi Hakadosh Baruch Hou veut amener le monde. Dès l'instant où Hakadosh Baruch Hou demande que la lumière soit, ce n'est pas seulement un éclairage: on n'a pas allumé une lampe pour éclairer le monde. Dieu a introduit dans le monde une notion de globalité, c'est-à-dire de vision complète, de Hokhmah, de sagesse. C'est pour cela que la lumière de la Torah s'appelle Or, Or Haïta. Or Haïta, c'est la lumière.

Donc, lorsque Dieu dit que la lumière soit, ce n'est pas seulement que la lumière soit: c'est que j'éclaire le monde dans l'ensemble de ses détails, pour lui montrer en réalité un sens. Voilà ce qu'on doit retrouver dans notre vie. Si l'exemple, la matrice de la création du monde était faite de cette manière, je répète les versets:

au commencement, il y a les deux degrés. Tout ce système-là, dans l'ordre que je viens de citer, va se répéter dans la vie de chacun de nous, dans la vie de notre peuple, dans la vie du monde tout entier. Ce n'est pas une fois qu'il s'est passé quelque chose comme ça.

Et là, la Torah vient nous enseigner que ce qu'elle dit est valable tout le temps. Chaque fois qu'on va commencer un degré, chaque fois qu'on va débuter une nouvelle forme d'action, de quoi que ce soit, quand vous allez entrer dans votre vie dans un nouveau domaine, un nouveau sujet, il va apparaître sous cette forme-là. Au début, il sera en réalité tout. Il y aura déjà le tout, mais en mélange.

Et vous, vous devez amener dans ce sujet quoi ? La lumière. Et la lumière qui va être amenée dans ce sujet va éclairer le sujet, va vous donner le sens vers lequel vous devez avancer. Si vous ne faites pas cela, vous restez au stade, donc vous n'avancez pas dans votre vie, parce que vous ne savez pas vers quoi vous allez. Je vais traduire cela avec des mots simples:

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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