Orot, chapitre 1 : Erets Israël n'est pas un simple moyen
Le Rav Kook écarte l'idée d'un sol seulement utile et montre un lien de vie entre le peuple et sa terre.
Rav Yehouda Benishai
Ensuite : Eretz Yisrael, un but en soi et non un moyen, 42 min
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Chalom, chalom. Nous commençons aujourd'hui l'étude du livre Orot du Rav Kook. Le Rav Tsvi Yehouda, son fils, écrit en introduction à ce livre que Orot est le Kodech Kodachim.
Cela correspond à ce que dit Rabbi Akiva à propos du Shir HaShirim: Kol Hashirim Kodech, Shir HaShirim Kodech Kodachim. Qu'est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire que, de même que le jour de Kippour, le Cohen Gadol pénétrait dans le Saint des Saints, c'est-à-dire dans la partie la plus intime du Beth HaMikdach, pour rencontrer la révélation la plus évidente de la présence divine dans le monde, dans ce livre, qui a été rassemblé par son fils à partir de tous les écrits de son père, on entre dans l'étude la plus profonde, dans la compréhension la plus profonde de notions qui, longtemps, étaient réservées à très peu d'initiés. Ces notions faisaient partie de la Torah, des secrets de la Torah, et étaient exprimées dans un langage qui n'était pas accessible à tout le monde, et surtout à travers deux notions qui n'étaient pas encore dans le présent.
À partir d'une certaine époque, à partir d'un moment essentiel, il est devenu nécessaire de révéler cette Torah, afin que nous puissions comprendre des valeurs qui nous étaient connues, mais qui étaient loin de nous. Nous n'en avions plus l'expérience. À cause de quoi ? À cause de notre départ en exil. Notre départ en exil nous a éloignés de l'expérience, donc de la compréhension vraie, de notions très profondes qui nous ont été transmises de génération en génération, depuis l'époque de nos ancêtres, en passant par le don de la Torah au Sinaï et la révélation de la loi orale à travers les âges.
Mais voilà que le moment de la sortie de l'exil est arrivé. Et quand ce moment est arrivé, Dieu a envoyé un maître qui va nous permettre d'accéder à ces notions dans un langage qui nous est compréhensible, et qui va nous permettre de saisir l'essence des choses. Pas seulement leur description, mais surtout leur essence.
Le livre Orot commence par sa première partie, qui s'appelle « Erets Israël ». Ce n'est évidemment pas un hasard. Cela correspond à ce que je disais précédemment: dans ce livre, on a accès à des notions dont nous étions très éloignés auparavant. Pourquoi ? Parce que, géographiquement parlant, et pas seulement géographiquement, nous n'avions pas l'expérience d'un vécu en Erets Israël.
Et il est clair que le temps de la délivrance du peuple et son rapprochement avec sa terre doivent être étudiés et vérifiés, car on peut le considérer sous certains angles, comme cela s'est produit par l'intermédiaire du sionisme non religieux. Le rapprochement du peuple et de sa terre peut être compris comme une volonté d'ordre national, comme on a pu la rencontrer chez d'autres peuples qui ont voulu une indépendance sur un sol qu'ils pensaient être leur sol historique.
Dès le départ de cette étude, dans cette partie qui concerne Israël et le chapitre 1, lisons les phrases qui ouvrent ce chapitre. Le Rav Kook va tout de suite faire un tri, pour nous expliquer ce que Erets Israël n'est pas, et réfuter ainsi une approche profane de la terre, pour nous enseigner que Erets Israël est une idée profondément liée à la émouna. Ce n'est pas une approche d'ordre superficiel, mais elle doit se situer au niveau de la émouna, de la connaissance de la Torah de façon authentique.
Je lis donc les premières phrases, puisque notre but est une étude de texte. Erets Israël, chapitre Aleph:
« L'État d'Israël n'est pas quelque chose d'extraordinaire, parce qu'il n'est un intérêt extérieur qu'en tant que moyen pour l'objectif de la compréhension générale et de l'assurance de l'existence de la matière, ou même de la spiritualité. »
Dans cette première phrase, le Rav Kook écarte une mauvaise approche de la compréhension de ce qu'est Erets Israël. De quoi veut-il nous mettre en garde ? Vous avez remarqué que le mot hitzoni, qui veut dire « extérieur », apparaît deux fois dans ce texte. Cela désigne quelque chose qui n'est pas de l'essence même de notre lien avec cette terre. Un bien qui ne serait qu'un bien historique, donc peut-être lié au hasard. On pourrait considérer que la place qu'a chaque peuple sur le globe est un fruit du hasard, sans qu'il y ait de lien entre le peuple qui habite cette terre et la terre dans son essence même. Une terre comme simple moyen.
Il y a ici quelque chose d'important à redire: Erets Israël n'est pas qu'un moyen. Cela veut dire que Erets Israël est en fait un but. On pourrait considérer Erets Israël comme un moyen, un moyen d'arriver à quoi ? À un moyen de nous retrouver en tant que peuple dispersé aux quatre coins de la terre. Cela nous permet d'avoir un endroit où nous réunir pour tenter de mener une vie nationale. Ce ne serait donc qu'un moyen, un tremplin pour arriver à une vie nationale, le raccourci.
Le Rav Kook ne pense pas que Erets Israël n'est qu'un moyen pour nous permettre de nous retrouver. Après que la destruction de notre indépendance nous a amenés à nous disperser dans le monde entier, nous avons besoin d'un endroit où nous retrouver. Vous savez très bien qu'il y a eu plusieurs propositions pour repérer dans le monde un endroit où le peuple d'Israël, dispersé partout, pourrait se rassembler. Et il y en a eu plus de quarante.
Il y a eu plus de quarante propositions de lieux pour réunir le peuple d'Israël sur un sol. Vous en connaissez une partie. Vous avez sûrement entendu parler de l'Ouganda, de l'Argentine, et peut-être d'autres endroits, y compris Madagascar.
Le Rav Kook dit que c'est une erreur profonde de penser que notre lien avec Erets Israël ne vient que du hasard, de la possibilité de retrouver la Palestine parce que, à ce moment-là, tout le monde s'est mis d'accord pour dire que la Palestine était peut-être un endroit libre, qui permettrait au peuple de se retrouver.
— Bon, je m'excuse auprès de ceux qui me disent que leur son ne leur permet pas d'entendre les choses comme il faut. On va résoudre ce problème. Toujours est-il que, pour ceux qui m'entendent en tout cas...
— Oui ? Non, je dis juste, Raph, que si vous pouvez aller dans un endroit où il y a une meilleure connexion, ça serait très bien. Mais si c'est trop compliqué, on réglera ça la semaine prochaine.
— Je n'entends pas Yacov.
— Maintenant, est-ce qu'on m'entend mieux peut-être ? Un peu mieux. Est-ce qu'on m'entend mieux maintenant ? C'est un peu... Il y a des coupures.
— Il y a des coupures ?
— Oui. Si c'est trop compliqué, Raph, ce n'est pas grave. On verra ce qu'on fait la semaine prochaine.
Alors, on verra ça la semaine prochaine. Bon, en tout cas, voilà ce que j'ai commencé à expliquer. Et pourquoi ? Parce que la position d'Erets Israël, dans ce cas-là, est évidemment une position qui nous est extérieure, à nous-mêmes.
Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim
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