Hemdat Hadarom : vingt-cinq ans auprès des jeunes filles
Le séminaire Hemdat Hadarom, ses 646 anciennes, son programme d'un an et les raisons de la baisse de l'aliyah française.
Rav Élie Kling
Ensuite : Hemdat HaDarom, 25 ans d'une école pour jeunes filles, 7 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
— Pleine Lado est avec moi aujourd'hui. Le Rav Élie Kling. Élie, bonjour.
— Bonjour, bonjour.
— Hemdat Hadarom, ça fait combien de temps ? Vingt ans maintenant ? On va commencer la vingt-cinquième année.
— La vingt-cinquième année, waouh, le temps passe vite. Un demi-siècle, un quart de siècle. C'est une véritable institution. On va parler aujourd'hui de Hemdat Hadarom, parce que c'est une vraie institution, des centaines, des milliers de personnes. On a fait le compte récemment: il y a 646 anciennes qui sont passées par chez nous. 646. Pour toutes, il y a des petits-enfants et tout, des machins et tout. Et donc, il y a une grande famille.
— Vous ne faites pas le style grand...
— On a pensé au Chabbat, à l'Acharat... On a pensé, mais il n'y a pas de place. Voilà. Pas de place, et il faut un budget de... Le budget, on compte sur Qualita, mais la place, on ne l'a pas encore.
— Donc on va parler de Hemdat Hadarom, parce qu'on a un fil rouge. Et le fil rouge, on l'entend partout aujourd'hui: les jeunes ont changé, la génération, ils ne pensent plus qu'à eux, ils ne pensent plus qu'à l'argent, ils ne pensent plus qu'à partir. Et justement, quoi de mieux qu'un séminaire qui est là depuis vingt-cinq ans pour nous dire comment les gens ont évolué entre la première session de Hemdat Hadarom et la dernière que tu prépares aujourd'hui ?
— Oui, on est en pleine préparation là. C'est un peu difficile, quand même, cette année. À cause de...
— J'en sais rien. Les Français montent moins, il y a moins d'Alyah, il y a moins de mouvement. Ça se ressent aussi à Hemdat Hadarom ?
— Aussi, oui. Il y a les problèmes habituels: les filles veulent partir, mais les parents ne sont pas trop chauds pour les laisser partir.
— Ok.
— Et puis il y a cette baisse, finalement, de l'Alyah, dont on va certainement parler si tu veux, et qui a bien sûr touché toutes les... D'abord les chiffres dans l'absolu, et puis évidemment, ça se répartit dans chacune des institutions. Alors viens, on commence par ça. Ton analyse. Qu'est-ce qui se passe ?
— Ah d'accord, ok. Très bien. Qu'est-ce qui se passe ? Alors, j'en sais rien. Donc on passe à la deuxième question. On a mis un expert.
— Excuse-moi, on passe à la deuxième question. Non, mais tu es souvent sur le terrain en France, tu te promènes, tu tournes. Il y a quand même des tendances, tu sens des choses...
— Il y a plusieurs explications. Des spécialistes plus grands que moi se sont penchés sur la question. D'abord, les chiffres, tout le monde les connaît maintenant, je suppose. Pendant des années et des années, l'Alyah de France était stable, à peu près 2000.
— Tout compris, hein: homme, femme, enfant, adulte, vieillard, et voilà. Et puis, d'un coup, une embellie pendant quelques années. Et puis tout d'un coup, on a beau tourner autour du pot et dire que c'est l'antisémitisme en France, allez, ce n'est pas à cause de l'antisémitisme, c'est vraiment l'idéologie, etc. Bon, la vérité, c'est qu'au moment où il y a eu les grands attentats, ça a commencé à monter en flèche. Et quand on dit « en flèche », c'est en flèche. On est passé de 2000 à 4000, puis 5000, et c'est même arrivé à 7000, presque 8000. Et puis on a eu deux, trois années de grands départs, et après c'est redescendu.
— Alors, c'est redescendu d'abord parce que, si on prend uniquement le prisme de ce qui se passe en France, ce n'est pas qu'il y a moins d'attentats. Mais comme les attentats se sont moins dirigés contre les Juifs, on connaît notre peuple, optimiste de nature: puisque ce n'est pas nous qu'on vise, il n'y a pas de raison de partir. Voilà. Et puis, il y a sans doute aussi le fait que ceux qui sont partis, ce ne sont pas des gens qui ont décidé de partir parce qu'il
y avait l'attentat. Ce sont des gens qui, idéologiquement, étaient déjà... Et ça a servi un peu de déclencheur. Ça a servi de zaraz, comme on dit ici: ils ont précipité les choses. Le type qui pensait partir, je ne sais pas, après sa retraite, s'est dit: « Bon, tu sais quoi, viens, on part avant. » Il y a donc eu une Alyah finalement de ceux qui étaient déjà dans le coup. Ce qui fait qu'aujourd'hui, c'est ceux qui sont moins dans le coup qui restent, et donc c'est
plus difficile. Et puis le réservoir, c'est aussi un peu vidé.
— C'est-à-dire qu'il y avait des gens, effectivement, comme tu dis, les plus motivés. Ils sont montés. Ils sont déjà partis, au bout d'un moment. Et de toute façon, le réservoir des gens qui tournent vraiment, qui sont un potentiel d'Alyah, c'est-à-dire qui tournent autour de la communauté, qui sont intéressés, qui sont en contact avec Israël, etc. On ne va pas parler des gens qui sont complètement éloignés, qui ne sont en contact ni avec Israël, ni avec la religion, ni avec la communauté.
— Ouais.
— Ça se restreint quand même. Il y a eu une Alyah de 7000, de 5000, etc. Ce groupe-là est plus petit, donc on ne peut pas attendre qu'il se renouvelle rapidement et dans les mêmes dimensions. Maintenant, il y a aussi autre chose qu'il faut dire, même si je ferais de la peine à mes amis de la communauté juive française. On a fait un Chabbat récemment avec les rabbins, justement pour parler de ça. Il y a un silence sur le sujet.
— Au niveau... Rouhani, au niveau spirituel.
— Sur le sujet d'Israël ?
— Sur le sujet d'Israël. On parle plus d'Israël ? C'est-à-dire que je te racontais une anecdote qui m'est arrivée récemment. J'étais en juillet dans certaines communautés de là-bas, et on m'a demandé de parler. J'ai donc parlé, j'ai fait un petit rapport entre la paracha et ce qui se passe ici. Mais à la fin, un type vient me dire, franchement, la vérité: « Ce que tu as dit sur la paracha et l'actualisation, là, on n'a jamais entendu ce discours. » Alors j'ai dit: « Et quand le rabbin parle d'Israël, qu'est-ce qu'il en dit ? » Il m'a dit: « Mais il n'en parle pas. »
— Et c'est là que j'ai compris que, parce que moi, dans ma tête, il y avait des rabbins qui étaient contre et qui essayaient donc de calmer les choses. Mais ce n'est pas qu'ils sont contre ni qu'ils sont pour: c'est qu'ils ne sont pas là. C'est-à-dire que le sujet n'apparaît pas. Le type m'a dit très gentiment que quand on parle d'Alyah, quand il y a un membre de la communauté qui veut partir et qui demande au rabbin ce qu'il en pense, alors oui, le rabbin dira: « Est-ce que tu as bien réfléchi ? C'est une bonne chose, etc. Tu as bien calculé où …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling
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