Techouva sur les penchants matériels et la tristesse du monde
Comment un penchant permis devient élévation, et pourquoi les tsadikim portent la techouva du désordre du monde.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Techouva, tristesse et âme : la nechama et ses manques, 46 min
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Quel plaisir, après les fêtes, c'est toujours une joie de recommencer. Alors, bonjour à tout le monde. On peut commencer, n'est-ce pas ? Oui, oui, c'est très bien. Je voudrais simplement rappeler que nous étudions les Orot HaTechouva et que nous ne l'avons pas fini, bien que nous ayons passé Roch Hachana, Kippour, Souccot, Hochaana Rabba et Simhat Torah. Et pourtant, nous continuons l'étude des Orot HaTechouva. Ce n'est pas du tout anachronique, ce n'est pas du tout déplacé. Faire techouva, c'est toujours une bonne chose.
Vous partagez tout de suite le texte là ? Pas du tout. Non ? Non, pas du tout. On m'a dit « Pérek », alors je n'ai pas de problème. On était en Europe. Pour autant que je sache, nous sommes au Pérek Yod-Daled. Pérek Yod-Daled ? Oui, bien sûr. Pérek Yod-Daled au... C'était Yod-Daled.
Exactement. Donc, en fait, c'était n'importe quoi. Le vav était commun aux deux manières, mais nous sommes dans le chapitre 14, donc Yod-Daled, au paragraphe. Excusez-moi. Ah bien voilà, non, ce n'est pas grave. Donc, nous parlons ici du sujet général du chapitre, qui s'appelle Orhot Techouva Peratiot, c'est-à-dire des cheminements particuliers de techouva.
Et donc, contrairement au chapitre précédent dans lequel le Rav nous explique des considérations très générales sur la techouva dans toute son ampleur, ici le Rav va entrer dans des cheminements de techouva qui sont différents pour chaque personne. C'est-à-dire que si quelqu'un doit faire techouva sur une certaine manière d'agir, ce n'est pas la même que pour une autre manière d'agir.
Par exemple, vous avez ici quelque chose qui est tout à fait propre aux tsadikim, et pas à n'importe quel tsadik, aux plus grands des tsadikim: faire techouva du fait que l'on a une tendance vers le profane. Regardez ce que dit ici le Rav: quand on fait quelque chose avec une tendance vers le profane, corporelle ou animale.
C'est-à-dire qu'il s'agit de quelque chose qui est tout à fait autorisé par la halakha. Nous avons le droit, par exemple, de nous empiffrer de chocolat. C'est tout à fait autorisé, rien d'interdit. De même, on a le droit également d'aimer le sommeil. Le sommeil, par paresse, n'est pas interdit. Il n'y a pas dans la halakha un paragraphe du Choulhan Arouh qui dit qu'il est interdit d'aimer le sommeil.
Chez les tsadikim, quand ils en arrivent à des tendances qui sont plutôt animales, plutôt basses, plutôt épaisses, grossières dans le sens original du terme, alors les tsadikim se sentent mal de cela, ils veulent faire techouva de ça. Vous savez, souvent les tsadikim ont un problème: ils doivent se repentir de leur péché pendant les jours de techouva, et ils n'en ont pas.
Ils n'ont pas de péché. Effectivement, ils n'ont pas de transgression du Choulhan Arouh. Mais il y a, disons, une tendance à la bassesse sur laquelle on doit faire techouva. C'est ça dont parle le Rav ici: quand on est attiré à faire quelque chose par une tendance profane, corporelle ou animale.
Si ce n'est que quelque chose qui est autorisé, par exemple, je reprends la belle expression de tout à l'heure, sans pifrer de chocolat, si c'est quelque chose d'autorisé, dès le moment où l'on s'éveille à revenir de cela, toutes les forces s'élèvent
et se transforment en noblesse et sainteté. C'est-à-dire que le fait même de penser, d'envisager, de réparer cette tendance à la bassesse, c'est en soi déjà le tikkoun, la réparation. Alors nous avons vu que quand on a transgressé un commandement positif... Ce qui est plus grave, c'est quoi, transgresser un commandement positif ?
C'est ne pas accomplir un devoir positif que nous donne la Torah. Par exemple, je n'ai pas mangé de matsa à Pessah. Manger de la matsa le soir du Séder, c'est un commandement positif. Si je ne mange pas la matsa le soir du Séder, j'ai transgressé un commandement positif. Qu'en est-il de la techouva de ce point de vue-là ? Là, la halakha est très claire: dès que l'on fait techouva pour une mitsva, pour un commandement positif,
et qu'il ne bouge pas de cet endroit, il ne se déplace pas avant que l'on ne lui ait pardonné. C'est-à-dire que le fait d'avoir fait techouva pour un commandement positif est suffisant et efficace. Ce qui n'est pas le cas, par exemple, pour un commandement négatif. Et quand il s'agit de choses qui sont fondamentalement autorisées, il n'y a pas de transgression d'un commandement positif.
Dès qu'il pense à revenir, il est immédiatement non pas seulement pardonné, mais sanctifié. L'action et toute sa puissance se sanctifient avec lui. Et la tristesse associée au plaisir profane,
vous savez, il y a une expression en français: on a parfois le « vin triste ». Le vin, c'est bon. Mais étant donné que le vin, ici, ne sert pas à quelque chose de positif, il ne fait que nous réjouir ou nous émouvoir, alors parfois il y a un sentiment de tristesse qui est associé au fait d'avoir été attiré par la bassesse matérielle.
Le Rav nous dit ici: cette tristesse qui est associée au plaisir profane se retourne, se transforme immédiatement en une joie de mitsva. Pour ceux dont le cœur est droit, il y a la joie. Qui sont ceux qui ont le cœur droit ?
Ce sont ceux qui veulent faire techouva de la tendance matérielle. C'est donc ce que nous dit le Rav: ça, c'est pour les tsadikim, qui n'ont rien d'autre à faire que de faire techouva pour leur attirance à la matérialité, à l'animalité. Et bien le Rav leur dit: dès que vous avez pensé à faire techouva de ça, non seulement vous êtes pardonnés, mais en fait vous êtes sanctifiés.
C'est donc bon pour les tsadikim qui sont parmi nous et qui sont ici présents à cette étude. Là, nous entrons dans un domaine beaucoup plus large, le domaine de la tristesse. C'est ce dont le Rav va parler dans les paragraphes qui viennent. Il y a ici une transition, à travers la remarque du Rav sur la tristesse. Nous allons parler de la source, de l'origine de la tristesse
dans l'âme. Et ça, ça peut intéresser plusieurs psychologues. Il y avait un neuropsychiatre dont vous avez probablement entendu parler, qui était Henri Baruk. Henri Baruk reprochait à Freud d'avoir négligé la conscience morale dans l'appréciation des équilibres mentaux. C'est-à-dire...
surtout pour les psychiatres: si vous avez un déséquilibre mental, c'est que vous avez besoin d'un médicament. Pour Freud, c'est que vous avez besoin d'une psychanalyse pour voir quels sont les traumatismes de l'enfance qui vous amènent à cet état d'esprit. Et Henri Baruk insistait sur le fait que parfois, c'est un problème de conscience morale. C'est une culpabilité que l'on ressent d'avoir fait quelque chose de mal. Or, cette culpabilité est quelque chose de réel.
Je suis triste du fait de me sentir coupable. Et ça, c'est un élément moral qui s'introduit dans la psychologie et dont il faut tenir compte. C'est la raison pour laquelle Henri Baruk avait appelé son système d'appréciation des troubles mentaux « Sedec », c'est-à-dire du nom hébreu …
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