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Achdout : l'unité d'Israël selon le Talmud

Les tefilines de Dieu et la question : qui est comme Israël sur la terre ?

7 min

Rav Élie Kling

Ensuite : Pourim, le printemps de la Gueoula et l'aube qui précède le soleil, 1 h 03

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom à tous. Comme le Talmud a de l'humour, de temps en temps on nous raconte de petites blagues. Je pense que c'est comme ça qu'il faut prendre ce petit passage, qui pose la question de manière très humoristique. Est-ce que HaKadosh Baroukh Hou, est-ce que Dieu lui-même met les tefilines ? Et évidemment, pour que la réponse soit intéressante, elle est positive. Oui, répondent en chœur les sages du Talmud, il met les tefilines.

Et le Talmud de Kotimis, on l'a lancé. Alors, s'il met les tefilines, le bon Dieu, qu'est-ce qu'il y a donc d'écrit dans les tefilines ? Parce que, comme vous le savez, je suppose, à l'intérieur de ces fameuses petites boîtes carrées noires que les Juifs mettent tous les matins, il est écrit un certain nombre de choses. Chez nous, quand tu ouvres les tefilines, tu vois qu'il y a écrit le Chéma Israël, Hachem Elokeinu Hachem Ehad, c'est-à-dire la proclamation de l'unité d'Hachem. Et bien non, ce serait un petit peu ridicule de dire que Dieu proclame sa propre unité.

À qui, je vous le demande ? Et donc le Talmud dit: mais alors, si, mais les tefilines, qu'est-ce qu'il y aurait d'écrit dans ces tefilines ? Et la réponse, eh bien, il y a écrit: Mi ke'amkha Israël ? Qui est comme toi, Israël ? Goy ehad baaretz. Qui est comme toi, Israël ? Un peuple unique sur terre. C'est-à-dire qu'à l'unité proclamée de Dieu par l'homme répond l'unité proclamée d'Israël par Dieu lui-même. C'est évidemment sous couvert de plaisanterie, mais c'est évidemment un enseignement très profond que nous donnent ici les sages du Talmud.

Autrement dit, l'unité d'Israël n'est pas seulement quelque chose de stratégiquement intéressant, parce que ça, c'est pour tout le monde. L'union fait la force, tout le monde le sait. Ce n'est donc pas uniquement parce que, lorsqu'on est ensemble et unis, on est plus forts que lorsqu'on est désunis. Mais ça va beaucoup plus loin. Le Talmud est en train de nous dire que si Israël n'est pas uni, eh bien finalement, il ne rend pas saoul les tefilines, HaKadosh Baroukh Hou.

C'est-à-dire qu'on profane en fait les tefilines de Dieu, on lui fait parjurer, il proclame quelque chose qui n'existe pas, qui n'a pas de réalité sur terre, lorsqu'on n'est pas unis, lorsqu'on ne s'entend pas les uns les autres, lorsqu'entre nous il y a des divisions qui tournent, comme ça arrive quelquefois, à l'animosité, la haine, l'agressivité, etc. Attention ! Ne confondons pas, bien entendu, Ahdout et Ahidout, comme on dit en hébreu. En français, ça serait l'unité et l'uniformité.

Ahidout, l'uniformité, c'est évidemment tout à fait regrettable. Si on pensait tous la même chose, s'il n'y avait pas de discussion entre nous, d'abord, il n'y aurait pas de Talmud du tout. Le Talmud est tout entier basé sur les discussions, sur les mahloqot. Et puis, chez les Juifs, comme nous le savons, il faut qu'ils puissent vivre avec la discussion. Sans discussion, on n'arrive pas à vivre. Il n'est donc pas question d'adopter le point de vue de mon opposé. Il s'agit simplement que les discussions que nous avons

entre nous, quelquefois très sérieuses, quelquefois très, très, très sérieuses, qu'elles portent sur l'avenir du pays, sur la manière de vivre notre judaïsme, ou sur mille et une autres choses qui sont réellement, comme on dit chez nous, sur mdim, béroumo, des choses d'une très haute importance, se fassent avec amour du prochain, sans briser les liens qui nous unissent. Sinon, on rend les tefilines de Dieu pasoul, c'est comme si Dieu mettait des tefilines qui n'étaient pas cachères.

Et pourquoi ? Si on a compris que l'unité d'Israël est plus qu'uniquement une question stratégique, il faudrait comprendre pourquoi. La raison est très simple. Quel est le message d'Israël aux nations ? D'abord à nous-mêmes, mais surtout aux nations. C'est justement l'unité proclamée d'Hachem. Mais ce n'est pas seulement l'unité d'Hachem.

Nous ne sommes pas seulement les premiers à avoir proclamé à l'univers que Dieu est un, mais également que l'humanité est une. Au départ, il n'y avait qu'un seul couple, et de ce couple-là descendent toutes les races humaines. Quiconque lit les premières lignes de la Torah ne peut pas, évidemment, être raciste. Puisque nous avons réellement un ancêtre commun, cela veut dire qu'aucune race n'est supérieure à l'autre. C'est la raison pour laquelle le judaïsme est l'ennemi juré de tous les racistes que l'histoire a connus.

Donc, si le message d'Israël est qu'il n'y a qu'un seul monde, qu'une seule humanité, qu'un seul Dieu, cela veut dire que nous avons l'unité à la bouche. Et imaginez que nous ne soyons pas unis entre nous: qu'est-ce que les nations vont dire ? Qui êtes-vous pour parler d'unité alors qu'entre vous, vous n'êtes pas capables de la mettre en pratique ? C'est la raison pour laquelle, pour Israël, l'unité n'est pas simplement quelque chose de recommandable, mais c'est notre raison d'être. Si on brise l'unité, on n'arrive plus à réaliser notre mission sur terre, la mission pour laquelle nous avons été choisis, le message que nous avons apporté à l'humanité.

D'ailleurs, c'est la raison pour laquelle, dès que la désunion est arrivée à des extrémités, on a quitté le pays. Comme vous le savez, c'était la raison principale de l'exil qui a duré pendant six…

Voilà ce que je voulais vous dire dans ces moments où, justement, on retrouve une certaine unité à cause ou grâce aux problèmes auxquels nous sommes tous confrontés, c'est-à-dire cette fameuse crise et ce fameux virus. Il faut simplement espérer que cela nous accompagnera même une fois que tout sera derrière nous. Peut-être pourrait-on commencer par quelque chose de très pratique, très concret, puisque nous sommes entre nous et que nous n'arrivons pas à sortir. Qu'est-ce que vous pensez de cette idée-là ? Si on prenait notre carnet d'adresses, notre liste de téléphones, et qu'on regardait quelqu'un qu'on n'a pas appelé depuis longtemps, un ami oublié, un copain de classe,

avec qui on a réellement perdu le contact, ou un proche parent qu'on n'a pas vu depuis longtemps, un grand-oncle, une tante ? Et si l'on prenait cinq minutes, après tout, qu'avons-nous d'autre à faire, pour lever le téléphone, lui demander comment il va et recréer un lien ? Ce serait un bon début dans une unité et une fraternité retrouvées. Shalom à tous, et à la prochaine fois.

Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling

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