Hanouka : la nature, Israël et le combat de Yaakov
Pourquoi Israël seul a gardé la nature capable de révéler l'infini, et ce que signifie le nom Yaakov en exil et Israël sur sa terre.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Hanouka, le combat contre la klipa et la lutte de Yaakov, 1 h 08
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
M'ouvrir la possibilité de mettre un texte. C'est bon, on peut commencer ? Oui, c'est bon.
On va parler de Chanukah. On va entamer le texte déjà qui parle de Chanukah. C'est un texte que je vous ai préparé spécialement pour vous. Je l'ai appelé Chanukah, les limites et ce qu'il y a au-delà des limites.
Ce cours va faire partie d'un prochain livre qui sortira concernant Chanukah, que je suis en train d'écrire, et nous allons le développer ensemble, avec votre permission.
Dans cette nature, avant la faute du premier homme, les limites de la nature étaient capables de contenir tout ce qui est en dehors des limites. C'est-à-dire qu'il y avait, dans la création d'Hakadosh Baroukh Hou, une possibilité. Hakadosh Baroukh Hou a utilisé, en fait, ce mot: Sa création étant donné qu'il a créé une nature, mais à l'intérieur de cette nature, il a mis la possibilité de dévoiler ce qui est en dehors de la nature. Autrement dit, lui-même. Donc Hakadosh Baroukh Hou a créé la nature dans ses mesures, dans ses frontières.
Et tout ceci était mèdouyék, tout ceci était précis. Il y avait une précision, et au niveau de la quantité et au niveau de la qualité, dans tous les domaines qui incombent à la création, c'est-à-dire dans un monde, dans le temps et dans les unités créées.
Dans les identités humaines, animales, végétales, minérales. Tout était mesuré dans cette nature. Et là, bien que ce soit tellement bien fait, ordonné et mesuré, Hakadosh Baroukh Hou a planté à l'intérieur de cette nature, limitée par sa définition, il a planté des graines d'éternité.
Imaginez-vous qu'en fait ce monde soit un jardin, un verger, un champ, qui est limité par sa nature, mais qu'à l'intérieur, Dieu a planté des graines d'infini. Voilà ce qu'Hakadosh Baroukh Hou a créé dans le monde. Bien entendu, pourquoi planter ces graines d'infinité ?
Qui sont ces graines d'infini ? C'est Lui-même, ce sont Ses valeurs. Il fallait donc que le monde, la nature telle que Dieu l'a créée, soit porteuse d'une possibilité d'engendrer, d'accoucher, de faire naître l'infini, béni soit-Il. L'infini devait se dévoiler, se révéler par la nature qui elle-même est limitée.
La nature devait faire pousser ces graines d'infini pour justement dévoiler ces valeurs d'infini à partir du champ limité de la création. Vous avez donc compris ce premier degré: Dieu a créé un champ.
On appelle ce champ la création du monde. Et dans ce champ, il y a une possibilité de faire naître ce que Dieu a implanté à l'intérieur du champ, c'est-à-dire des graines d'infini. Si le champ marche, les graines d'infini vont se dévoiler au monde.
Et là, le problème: après la faute du premier homme, la force qui a été donnée à cette nature au départ a été fortement affaiblie, jusqu'au point où, au lieu de faire pousser ces valeurs d'infini à partir des mesures finies de ce champ, bien au contraire, ce champ, c'est-à-dire toute cette création, est devenu quelque chose qui se perd, qui n'a pas d'avenir.
Et à plus forte raison, il ne peut plus dévoiler, comme c'était le cas au départ dans la pensée de Dieu, les valeurs qui sont hors nature, qui dépassent la nature. Donc apparemment, on est foutus. Dieu a voulu quelque chose, mais la nature n'est pas capable de fournir ce qu'Hakadosh Baroukh Hou lui demande.
Je résume pour que ce soit clair. Dieu a créé un monde limité. Et à l'intérieur de ce monde limité, Il a eu une injection d'une force qui est capable de donner à ce monde limité la possibilité d'accoucher l'infini. La faute du premier homme a dégradé tout ce système, et donc la nature n'est plus capable, ni même elle, d'être continuelle puisqu'elle se dégrade sans arrêt, et bien moins de dévoiler les valeurs de l'infini qu'Hakadosh Baroukh Hou a planté en elle.
Alors qu'est-ce qui se passe ? Ce n'est pas un peu Hachem qui par la nature s'exprime ? Il veut nous faire comprendre des choses, tout à fait.
— Donc il y a maintenant dans cette nature... La nature a été dénaturée. C'est-à-dire que Dieu voulait s'exprimer, comme tu le dis très bien, par cette nature. Le problème, c'est que cette nature a été dénaturée par la faute de l'homme.
Donc l'homme, par sa faute, a dénaturé la véritable nature de la nature, à tel point que cette nature n'est plus capable de révéler l'infini. Alors qu'est-ce qui nous reste ? On est foutus, apparemment, comme je vous l'ai dit tout à l'heure.
— C'est à nous de travailler la nature ?
— Alors que la nature reste toute seule. Oui, mais qu'est-ce que ça veut dire, « c'est à nous » ? C'est qui, nous ? C'est à Hachem ?
— Le peuple d'Israël.
Là, on continue. Dans toute l'existence tout entière, il n'est resté qu'une seule création qui a gardé, qui a préservé, comme dans une boîte de conserve, la nature telle qu'elle l'était au départ.
Cette création, c'est Israël. Israël est donc la seule création dans le monde qui a gardé, qui a préservé la possibilité de dévoiler l'infini, alors que c'est une créature finie.
— Tu parlais de quoi ? De la terre ou du peuple ?
— De la terre, bien entendu.
Yachar El: pourquoi le mot Israël se dit Yachar El ? J'ai coupé le mot en deux, au lieu de dire Israël, Yachar El, parce que c'est en réalité la seule forme qui a été créée, qui est capable de garder la droiture divine telle qu'elle était au départ.
C'est-à-dire que le peuple d'Israël est la seule création qui a gardé sa capacité à dévoiler la droiture divine. Alors que toutes les créations de ce monde, si on devait leur donner même une forme géométrique, elles seraient quoi ?
— Circulaires, tout à fait.
Moralité: si le monde entier est circulaire, y compris la nature, eh bien, Israël, c'est la seule droite à l'intérieur de ce monde circulaire. Donc Israël a gardé, en fait, la droiture de la mémoire d'Hakadosh Baroukh Hou dans ce monde. Toute la nature a été dénaturée, sauf Israël. Où est-ce qu'on a vu une chose pareille ?
Et ça répond à la question de tout à l'heure: est-ce qu'il s'agit de la terre ou du peuple ? Au niveau du déluge, vous vous rappelez que le déluge a été dans tout le monde, sauf en Erets Israël. Vous le saviez, ça ? En Erets Israël il n'y avait pas le déluge, et le verset nous le dit clairement: c'est la seule terre qui n'a pas été endommagée par la pluie du déluge, au moment de la colère divine.
— Je continue. Allez-y, question.
Tout simplement parce que si l'infini, béni soit-Il, crée le monde, c'est l'infini donc qui crée le fini. Pourquoi faire ? Dans la Kabbale, les sages nous expliquent que le but de ce monde fini, mesuré, limité, c'est de dévoiler l'infini. Sinon, ça ne sert à rien.
Dieu veut donc se dévoiler dans le fini, comme Il est dévoilé dans les mondes infinis. C'est ce qu'on appelle Chekhina batahtonim, c'est-à-dire la Chekhina …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
Dans la même série
Cours sur Hanouka, la lumière, Yavan et la Gueoula.
- 19
Hanouka, Yossef et le lien entre ciel et terrePourquoi la Grèce voulait éteindre les yeux d'Israël, et comment Yossef, lien entre le haut et le bas, éclaire la fête. - 20
Hanouka selon la kabbale : la force du futur dans le présentComment l'œil d'en bas et l'œil d'en haut, selon le Rav Kook, éclairent Hanouka et la victoire d'Israël. - 21
Hanouka, une lumière venue du ChabbatPourquoi Hanouka puise dans la lumière cachée de la création et comment la capter pendant huit jours. - 22
Hanouka, l'antithèse grecque et la réception de la lumièrePourquoi chaque fête a son antithèse, et comment Hanouka oppose Israël à la logique grecque (Yavan). - 23
Hanouka : la nature, Israël et le combat de YaakovPourquoi Israël seul a gardé la nature capable de révéler l'infini, et ce que signifie le nom Yaakov en exil et Israël sur sa terre. - 24
Hanouka, le combat contre la klipa et la lutte de YaakovPourquoi chaque fête porte une force contraire, et ce que la Guemara de Houlin dit de l'ange qui lutte contre Yaakov. - 25
Hanouka : allumer la lumière de l'intérieurPourquoi la Ménorah s'allume du haut vers le bas : Hanouka éduque à faire sortir ce qui est déjà en soi. - 26
Hanouka, Yosef et la flamme intérieurePourquoi Hanouka compte deux miracles, et comment Yosef relie la flamme des lumières à notre peuple. - 27
Hanouka, huit jours contenus dans une seule lumièreLe chiffre 8 dans la première nuit, la Hanoukia comme union du cercle et de la droite, et la lumière face à l'Empire grec. - 28
La Ménorah, feu intérieur et équilibre de la matièrePourquoi les sept branches représentent la structure du monde, et comment le feu de l'esprit doit éclairer la matière sans la détruire.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav