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Hanouka, l'antithèse grecque et la réception de la lumière

Pourquoi chaque fête a son antithèse, et comment Hanouka oppose Israël à la logique grecque (Yavan).

57 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Hanouka : la nature, Israël et le combat de Yaakov, 58 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom uvracha, Hanouka saméa'h, lékoulam, besorot tovot, yeshouot vénéhamot. Chaque fête dans le calendrier d'Israël vient avec son antithèse. On ne peut pas entrer dans une fête si on ne connaît pas l'antithèse de cette fête. C'est-à-dire qu'il y a une force contradictoire à la fête en question. L'antithèse de Hanouka, c'est l'intelligence humaine,

qui s'appelle Yavan, et qui a pour définition le noir. Nos Sages nous disent que lorsqu'il y avait le noir sur les abîmes de la création du monde, c'était une correspondance à la Grèce. La Grèce représente le noir. En hébreu, c'est la même racine que le mot chikha, c'est-à-dire l'oubli. Autrement dit, la puissance

antinomique à Israël, l'antithèse d'Israël, c'est l'intelligence humaine qui limite tous les accès à ce monde, à cette cohésion humaine, à cette logique humaine, dont le mot Yavan en hébreu cache le mot Higayon. Higayon, c'est en réalité la force de la logique.

Le Maharal nous dit dans son livre Netsa'h Israël et dans Ner Mitsva plus précisément que Yavan tient la sagesse humaine, et c'est pourquoi elle va contre la Torah. Elle est à l'encontre de la Torah tout simplement parce qu'elle a la possibilité, avec cette sagesse humaine très développée,

de poser des questions qui peuvent embrouiller ceux qui étudient, pour essayer de mettre le doute et de brouiller, en fait, les différenciations. Comment est-ce que nous pouvons embrouiller les différenciations ? Vous savez que le peuple d'Israël a une capacité: grâce à ce que Hakadoch Baroukh Hou lui a donné, il sait faire des havdalot.

Il y a des différenciations à protéger, à respecter. Il ne s'agit pas ici de séparation, mais bel et bien de différenciation. Les séparations sont interdites, mais les différences sont nécessaires, et il faut

les connaître. Quiconque ne connaît pas les différences entre les différents degrés de ce monde va tenter de faire un amalgame, et tout va devenir en fait embrouillé. En hébreu, ça s'appelle un tohou-bohou, entre le fait que la Torah soit donnée du ciel, de l'infini, de l'absolu, et la sagesse humaine qui vient de l'objectivité, qui est en réalité

une subjectivité humaine. Donc il y a ici une grande différence, et il faut sortir en guerre contre la klipa, contre les forces, contre la force contradictoire de chaque fête. Il faut donc sortir à Hanouka en guerre. Hanouka est une fête dans laquelle nous ressortons en guerre, chaque fois, à nouveau, chaque année. On ne sort pas en guerre parce que nous sommes

complètement désemparés. On n'a plus confiance en notre peuple, parce que la plupart ont quitté, ont laissé tomber. Pas du tout. On sort en guerre parce que nous avons l'émouna, la ségoula de notre nation Israël, et c'est pour aller la mettre en relief que nous sortons en guerre. Pour aller sortir et dévoiler notre

identité intérieure dans notre monde. En ayant compris ce secret, on peut commencer la fête. Vous comprenez bien que sans comprendre l'antithèse de la fête, quelle qu'elle soit, on tombe dans un rituel. On va allumer des bougies, on va manger des beignets, on va jouer aux toupies, et ça s'arrête là. On n'a pas compris le sens profond de la fête. Et le Satan, les forces déviatrices, savent jouer

de l'être humain, savent jouer des hommes et des femmes que nous sommes, pour nous gâcher l'essence même de la fête, en nous offrant des éléments qui viennent compléter, se rajouter, habiller tout autour, sans réellement toucher au point culminant. Et là, je vais un tout petit peu maintenant rentrer dans

la profondeur de cette klipa, de cette écorce grecque. D'abord, il faut comprendre que nous avons une règle dans le judaïsme: c'est que la lumière de l'Infini béni soit-Il est invariable. Elle n'est pas soumise au changement, quoi que nous fassions. Cette lumière ne tarit pas, cette lumière ne change pas. C'est une lumière absolue qui appartient

au Netsa'h, à l'éternité, et qui ne peut pas bouger. Ce qui fait que tous les changements que vous allez voir dans votre vie, quel que soit le domaine, ce sont des changements qui sont toujours inhérents au réceptacle, à ceux qui voient l'expérience, pas à l'expérience elle-même. Autrement dit, la lumière divine, elle, ne bouge pas. Ce qui bouge, ce sont les contenants.

Ce sont les ustensiles de réception. On appelle en hébreu les mékablim. Ceux qui sont mékablim, eux, sont en réalité dans le changement perpétuel. Et donc, selon le kli que je présente à un moment donné dans ma vie, ce kli, bien entendu, est formé de mesures, il est formé d'épaisseurs, il est formé de matières, il est formé de quantités,

qui peut recevoir en lui. Cet ustensile, avec toutes ses mesures, est bien défini. Et c'est par rapport à la définition du kli que je présente que la lumière apparaîtra dans ma vie d'une manière différente. Étant donné que nous sommes tous différents, que nous avons tous des kélim différents les uns des autres, la lumière que nous percevons, chacun d'entre nous, est différente.

C'est normal, c'est naturel. Je ne peux pas recevoir plus de lumière que je ne suis capable de recevoir. Donc, le travail essentiel dans ma vie, c'est la construction et l'édifice de mes kélim, de mes ustensiles de réception. On appelle ça, dans un langage que vous avez peut-être l'habitude d'entendre aujourd'hui, la notion de tikkoun hamidot, le tikkoun des mesures.

Selon les mesures, la lumière apparaîtra différemment. Et c'est quelque chose de très clair. C'est pourquoi nous disons, nous prononçons une bénédiction à laquelle nous ne faisons pas très attention. Écoutez bien ce que nous disons à Hanouka, et d'une manière générale.

Les kabbalistes disent qu'il ne faut pas dire le mot chel. Il y a des raisons profondes: Léhadlik ner Hanouka, ce sont les initiales du mot Nachal. Et Nachal, c'est un fleuve, c'est un nom secret qui se dévoile d'un monde supérieur pour se déverser dans notre monde.

Toujours est-il que vous devrez entendre ce que je viens de vous dire. Normalement, on aurait dû dire: qu'est-ce que ça veut dire ? Eh bien, c'est très simple, mais il fallait le voir. On ne peut pas allumer la lumière. Vous comprenez ce que je suis en train de vous dire ? La lumière est.

On ne peut pas l'allumer, on ne peut que la révéler. Autrement dit, qu'est-ce que je dois allumer dans ma vie ? Pas la lumière, léhadlik or, non: léhadlik ner. Ner, c'est le moyen, c'est l'élément dont je vous ai parlé tout à l'heure, c'est-à-dire les mesures. Les mesures, oui.

Je dois faire un travail sur les mesures de ma vie, pour que la lumière qui existe déjà vienne et se révèle dans les mesures que j'ai rallumées en moi. Vous connaissez peut-être l'expression du roi Salomon qui nous dit dans Michlé,

Donc il y a bien une différence entre le ner, qui correspond à la mitsva, et la lumière, qui correspond à la Torah. Il y a ici, donc, lumière et ustensiles. Les mitsvot sont des nerot, qui éclairent la mitsva. Et donc ces nerot-là, ces mitsvot, ne sont pas un but en soi. Ce sont des moyens

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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