La Shechina qui revient à Sion et la fécondité de la terre
Le retour de la Shechina à Sion comme union intime avec la terre, et la fécondité d'Israël comme signe du messianisme.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Hanouka, le huit dans le sept : l'infini entre dans le fini, 60 min
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Merci de votre présence. Aujourd'hui, nous allons commencer un sujet nouveau qui traite de la Chekhina. En fait, ce n'est pas nouveau, c'est une continuité de ce que nous avons fait jusqu'à maintenant. Nous allons essayer de comprendre ce que signifie cette notion de Chekhina, que nous avons l'habitude de traduire par la présence divine. Nous allons aussi essayer de comprendre quelles sont les conséquences de cette présence. Vous allez voir qu'il y a quelques petites nuances qui, b'ezrat Hachem, seront nouvelles pour vous.
Discours prophétique du retour de la Chekhina à Tsion. Vous savez que dans la Amida, nous demandons à chaque fois, dans chaque Amida, à Kadosh Baroukh Hou, en lui disant que nous savons qu'il ramène sa Chekhina à Tsion. Il s'agit donc, en réalité, de deux degrés.
La Chekhina est féminine par nature, parce qu'elle est active, révélatrice. Dans le judaïsme, c'est toujours le côté féminin qui joue ce rôle. D'une manière générale, la femme est un écran sur lequel va être projeté le film caché chez l'homme. Bien entendu, lorsqu'il s'agit du couple Kadosh Baroukh Hou et de l'Assemblée d'Israël, c'est exactement la même chose: Kadosh Baroukh Hou représente cette énergie potentielle première, avec tous les idéaux qu'elle contient.
Et la partie féminine, qui est l'âme collective de notre peuple, a été créée bien avant notre apparition en tant que juif individuel. Cette âme collective joue le rôle de l'écran sur lequel l'Infini, béni soit-Il, va projeter son intervention, son film, son idée, sa projection, en réalité, de toute la structure de la création.
Le prophète nous dit qu'il y a des conséquences. Lorsque la Chekhina revient à Tsion, ce n'est pas seulement un déplacement. Qu'est-ce que cela veut dire, d'abord ? Il faut essayer de comprendre. Mais en plus du retour de la Chekhina à Tsion, qui est un retour dans tous les sens du terme, nous allons essayer d'approfondir: il y a des conséquences à ce retour-là.
Première conséquence, pour Israël. Il est dit: « Réjouis-toi et sois dans un état de simcha, toi, fille de Tsion, car voici, je viens et je résiderai au milieu de toi. » C'est un serment divin: « Je le jure par mon Nom. » Chaque fois qu'il est écrit néoum Hachem, cela veut dire: je suis fidèle à mes promesses. Et chaque fois que je dis néoum Hachem, sachez que cette promesse ne revient pas vide, c'est-à-dire qu'elle se réalise dans la réalité.
Ce retour est un lien intime. Pourquoi dis-je intime ? Parce que lorsque l'Éternel utilise le verbe lavo, ce n'est pas seulement « venir » au sens premier de l'explication. Chaque fois que la Torah utilise le terme lavo à l'infinitif, bi'a, cela veut dire un rapport intime.
Nous comprenons que le retour de la Chekhina à Tsion a pour valeur quelque chose qui relève d'un rapport intime entre l'Infini et ce monde. Qui dit rapport intime dit passage de semences. Qui dit passage de semences dit possibilité de donner vie. Il y a donc ici un partage, il y a ici un accouchement, réellement.
C'est pour cela que notre venue en Terre d'Israël est toujours définie comme ce degré de lien très intime entre le peuple et la terre, entre Dieu et le peuple et la terre. C'est toujours cette terminologie: « Quand vous viendrez… » Connotation intime: « Lorsque vous aurez un rapport… »
Ce qui nous hisse ici à un degré très profond, c'est que le rapport avec la Terre d'Israël ne se réalise pas seulement dans une progression géographique, d'un endroit extérieur vers l'intériorité de cette terre. Il est bien plus fort que cela: notre rapport avec la terre est censé, s'il est bon, engendrer des fruits. C'est-à-dire donner des bébés.
Ce n'est pas pour rien que les Sages nous disent que la plus grande des preuves du messianisme, c'est le retour d'Israël sur sa terre. Comment le messianisme est-il défini dans la Torah ? Tout simplement par l'abondance des fruits. Et plus la terre est remplie de ses enfants, plus elle va donner de beaux fruits, avec un bon goût, qui vont en réalité être dans une multitude, dans une abondance qui n'avait pas eu lieu auparavant. Selon les termes de nos Sages: tu n'as pas de signe de la fin des temps aussi clair que lorsque la Terre d'Israël donne ses fruits. Pourquoi donne-t-elle ses fruits ? Parce que ses enfants viennent en elle, c'est-à-dire un rapport entre les enfants d'Israël et cette terre-là.
Le terme est donc l'avo, bi'a, à l'infinitif. D'ailleurs, même au niveau de la relation homme-femme, le terme utilisé par nos Sages et par la Torah est bi'a: Hilkhot bi'a, les halakhot qui traitent de ce sujet intime.
Vous voyez donc qu'il y a ici un lien intime entre l'Éternel et Tsion, la Chekhina et Tsion. « Me voici, je viens », dans le sens intime: « Je serai en toi. » Regardez jusqu'où cela va: il y a ici, réellement, une description presque très intime.
Mais « je le jure par mon Nom ». Qu'est-ce que cela donne ? Premier degré, première conséquence: une allégresse et une joie intense qui vont toucher la profondeur même de cette épouse. Le retour de ce rapport génère donc une joie, et un champ, car Rina est aussi un champ intérieur. Ceci concerne Israël: la première conséquence du retour de la Chekhina à Tsion, pour Israël, c'est Rina véssimhi.
Deuxième conséquence: Véhitnou goyim. Et là, il y a une nouveauté, puisque cela concerne désormais les nations du monde. Que se passe-t-il lorsque l'Éternel ramène la Chekhina à Tsion ? C'est toujours le même sujet. Apparemment, les nations du monde n'ont rien à voir avec ce phénomène: c'est la Chekhina qui revient à Tsion. Je comprends que, pour les enfants d'Israël, quelque chose se déplace, bouge, change. Mais chez les nations du monde, regardez ce qui se passe: le prophète dit qu'il y a un retour massif vers l'Éternel, vers Dieu, vers le Tétragramme.
Je lis maintenant le verset du prophète. La bouche du prophète est le Verbe divin qui parle à travers lui: beaucoup de nations, beaucoup de peuples vont commencer à accompagner ce mouvement de retour et vont revenir vers…
Écoutez bien, c'est une nouveauté. Le Tétragramme appartient généralement à Israël. Il y a ici un retour vers quelque chose qui appartient à Israël. Les nations du monde sont plus proches du divin lorsqu'il se manifeste dans la nature, c'est-à-dire sous le nom d'Elohim. Et là, le prophète nous dit quelque chose de nouveau: les nations du monde vont en quelque sorte toucher quelques degrés du divin qui, jusqu'alors, n'appartenaient qu'à Israël. Ce jour-là, il va y avoir un changement.
Mais ce n'est pas terminé. Si c'était tout, on se dirait qu'il y a un phénomène supérieur, mais regardez jusqu'où les choses vont arriver. Ce n'est pas seulement ce qu'on vient de lire. J'ai coupé le verset volontairement, pour ne pas vous le dévoiler complètement: on va le dévoiler maintenant. Ce phénomène est accompagné d'une nouveauté extraordinaire, qui sort réellement de l'ordinaire …
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