Psychologie de la techouva : sérieux, joie et amour selon le Rav Kook
Comment la techouva se vit sans angoisse, par amour, et pourquoi il faut savoir se pardonner soi-même.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : La guévoura qui accompagne la techouva, 47 min
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## Le mois d'Elloul et l'angoisse du sérieux
Bézrat Hachem, nous allons continuer aujourd'hui le développement concernant la techouva. Les dernières fois, nous étions dans un contexte global. Aujourd'hui, Bézrat Hachem, nous allons nous rapprocher de l'homme, du Baal techouva lui-même, en essayant de comprendre quels sont les effets de la techouva sur l'être.
On a l'habitude qu'avec l'arrivée du Chodesh Elloul dans le calendrier hébraïque, Chodesh HaTechouva, le mois de la techouva, il y ait en même temps une certaine joie qui s'approche, et aussi une certaine angoisse à l'intérieur de l'être.
Comme si une voix intérieure nous poussait à être plus tristes. En tout cas, on associe cette tristesse au sérieux. « J'ai besoin d'être sérieux, donc je fais un petit peu plus la tête. » On a l'impression qu'être sérieux, c'est faire la tête. Quand on dit aux gens « Sois sérieux », ils prennent tout de suite une tête de concentration. Quand on se concentre, on a l'impression qu'il n'existe plus rien, on n'a même plus de sourire. Quelqu'un qui est sérieux ne doit pas sourire.
C'est vrai, cela veut dire que tout notre service de la Torah se fait avec la légèreté d'esprit, puisqu'il est écrit: Ivdou et Hachem bessimha. Donc nous sommes des rigolos, plein de. Et il est marqué qu'il ne faut pas sourire ? Dans le pire des cas,. Moi, je suis en train de te dire le contraire: la simha, c'est le seul travail véritable pour Dieu.
Si tu sers HaKadosh Baroukh Hou par la colère, par la tristesse, par le soi-disant sérieux qui s'accompagne de la tête fermée, il y a un problème, pour plusieurs raisons. D'abord, parce que HaKadosh Baroukh Hou est appelé Chéa simha bimono: Il est entièrement joie. Deuxièmement, cela t'éloigne des êtres humains. Les gens qui veulent t'approcher ne le peuvent plus, parce que tu as fait techouva. Tu es devenu quelqu'un de sérieux, on ne peut plus t'approcher.
C'est exactement l'inverse de l'approche du judaïsme. Bien au contraire, tu dois rester ouvert, agréable, souriant, comme dit la Guemara: Lavan chinayim, montre tes dents, c'est-à-dire avec un beau sourire. Nous avons donc une tendance à ce que le mois d'Elloul apporte avec lui ce sentiment. Keilou Moussa Gatchouva, comme si…
La notion de techouva, Mechayev Tizkoul, est obligée de venir avec une… comment dit-on Tizkoul en français ? Une frustration. On commence à t'empêcher de faire des choses: tu dois devenir plus sérieux, donc tu dois, alors là, encore les slichot, encore Roch Hachana, je vais être jugé, donc je dois maintenant être angoissé. Il est vrai qu'il y a une intériorité qui doit amener au sérieux.
Mais il faut faire très attention aux nuances entre le sérieux et l'angoisse, entre la peur d'un côté et le risque de perdre son naturel. Avec le doute vient une certaine lourdeur, et l'on se sent coupable de plein de choses. On a donc tendance à se juger soi-même et à se dire: tu n'as pas été très bien là-dedans. C'est vrai.
Il y a un certain travail qui se fait sur soi. Ce travail est important, et il faut savoir comment le gérer. Il me semble donc important de rappeler ici quelques fondements que le Rav Kook zatsal nous a laissés dans ses Iggerot HaReiya.
Première référence: Kobetz Aleph, siman « Taf, Taf Ayin ». Dans ce premier recueil, le Rav Kook nous dit la chose suivante: lorsqu'on enseigne à l'homme un mode de vie d'annulation de l'être face au Créateur, on va en réalité lui enseigner qu'il n'est rien du tout.
Par conséquent, tu n'as aucun rapport avec l'Eternel, car Lui est l'infini, béni soit-il. Qu'est-ce que tu es, toi ? Tu n'es rien. Dit le Rav Kook: quand on enseigne ce genre de Torah, ce genre d'approche, au lieu de lui enseigner la grandeur de Dieu, regardez bien la nuance du Rav, au lieu de t'enseigner combien tu es petit, on devrait plutôt t'enseigner
combien Lui est éternel, combien Lui est infini. Cela vous paraît pareil ? Non. Dans le premier cas, on rabaisse l'homme, alors que dans le deuxième, on augmente la qualité, la valeur de l'infini, béni soit-il. C'est comme les gens qui veulent se placer par rapport à quelqu'un d'autre: il y a deux possibilités. Soit ils sont véritablement à une hauteur supérieure,
soit, si cela ne marche pas, qu'est-ce qu'ils font ? Ils rabaissent l'autre. En rabaissant l'autre, on a l'impression de se trouver plus haut. Dans le concept de la Torah, il y a la même approche. On peut enseigner à nos élèves qu'ils sont en réalité rien du tout, que seul l'Eternel existe et que nous sommes des vapeurs qui passent. Ou bien on peut enseigner la même chose en disant
que l'Eternel est infini, béni soit-il, sans parler de ta petitesse à toi. Tu peux même déduire que tu es petit, mais ce n'est pas le but. Le but est d'étudier combien Il est grand. On n'est pas là pour abaisser l'homme. HaKadosh Baroukh Hou t'a voulu. La preuve, tu es là; la preuve, tu t'es réveillé ce matin; la preuve, tu es né un jour. Et comme dit Rabbi Nahman de Breslev: tant que tu n'étais pas né,
le monde n'avait pas besoin de toi. Dès que tu es né, le monde ne peut plus exister sans toi. Cela veut dire que chacun de nous est très important. C'est pour cela que HaKadosh Baroukh le veut et le fait vivre à l'instant même où je vous parle. Dit le Rav Kook: quand l'enseignement vient pour abaisser l'homme, pour lui dire combien il est minable, sans lui enseigner combien HaKadosh Baroukh est immense,
on est en train de détériorer son efesh, on est en train de massacrer l'image que l'homme a de lui-même. Et pourquoi ? Parce que ce genre d'enseignement, ce genre d'approche, enseigne à l'homme une vie d'esclave.
Une vie de petitesse, une vie de mesquinerie. Tu ne vaux rien de toute façon. Tu existes, on ne sait pas trop pourquoi. Fais ce que tu as à faire et dégage. Ce n'est pas l'enseignement que la Torah nous demande. La Torah ne veut pas que l'homme soit un esclave, car pour servir HaKadosh Baroukh Hou, il faut au contraire être un homme libre. Si tu n'es pas un homme libre,
tu ne peux même pas commencer à servir HaKadosh Baroukh Hou. Seul un homme libre peut couronner HaKadosh Baroukh Hou roi de l'univers. Un homme libre, c'est quelqu'un qui, par son libre choix, son libre arbitre, accepte que HaKadosh Baroukh Hou soit le maître du monde. C'est-à-dire qu'il a la possibilité absolue de refuser d'entrer dans ce jeu. Il peut le faire.
Si l'homme n'est pas libre de rejeter même Dieu, cela veut dire qu'il n'est pas libre non plus de l'accepter. Ce qu'il fait en réalité, c'est s'intégrer dans un état global de peur. Mais ce n'est pas une liberté, ce n'est pas le véritable service de Dieu. Oumal Khoutou Bératson Kiblou Alehim: tant que tu n'accueilles pas HaKadosh Baroukh Hou avec …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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