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Quitter l'ancien degré pour renaître en Erets Israël

Le Rav explique la nessira, le passage de dos à face, et l'humilité nécessaire pour recevoir un nouveau degré.

48 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Le peuple d'Israël, la terre d'Israël et le double degré du tsadik, 55 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Nous sommes arrivés dans la partie centrale. Nous avons vu que le lien à Erets Israël passe par une certaine annulation des degrés que nous avions avant ce degré-là.

Il y a une règle dans la Kabbale qui s'appelle la Nessira. C'est un processus qui explique qu'avant d'atteindre un certain niveau, il faut que quelque chose meure. Dans le niveau d'avant, entre guillemets. C'est-à-dire qu'à chaque fois que nous montons de niveau, le degré d'avant est annulé. On appelle ça Havaya: un être, une existence, ne peut pas arriver tant qu'il n'y a pas l'annulation, entre guillemets, du degré qui était précédent.

On voit cela de manière allusive lorsque nous avons reçu la Torah au mont Sinaï. La montagne du Sinaï s'appelle Har Horev, la montagne de la destruction. Pourquoi « destruction » ? Parce que nous devons détruire un certain degré d'acquisition précédent pour atteindre le nouveau degré d'acquisition. Celui qui n'a pas le courage de couper avec ce qu'il y avait auparavant ne pourra jamais monter d'étage, parce qu'il reste lié à quelque chose qui lui donne une certaine assurance. Mais en réalité, il restera petit. Un petit peu plus profondément…

Quand on parle de la Nessira, de ce découpage, on parle d'un passage qui s'appelle Achor à un passage qui s'appelle Panim. Panim et Achor, c'est-à-dire face et dos. Qu'est-ce que ça veut dire, face et dos ? Au niveau simple, nous savons que le premier homme a été créé avec son côté féminin dos à dos, et que Dieu les a séparés pour les remettre face à face.

Quel est le message de cette description de nos Sages ? Tout simplement que la position dos à dos est une position obligatoire, naturelle, mais qui n'est pas un choix. Elle n'a pas été choisie. Quand je suis dos à dos avec quelque chose, cette chose m'appartient par nature. Par exemple, si l'homme a été créé dos à dos avec son épouse, cela veut dire qu'il n'a pas choisi cette épouse. On la lui a collée, malgré lui.

Le découpage de cette position dos à dos pour arriver à face à face va créer un autre degré, un degré de choix. Autrement dit, la notion de panim, de face, introduit une notion de choix. Tant que je suis dos à dos, je n'ai pas le choix, et je dois passer d'un manque de choix à panim, à un choix.

Dans notre vie, les choses sont claires. Quand nous recevons quelque chose, nous le recevons par nature. Par exemple, nous sommes nés juifs. Notre maman est juive, nous sommes nés Israël. Mais cela ne suffit pas. Ça, je l'ai reçu de force, par nature. Qu'est-ce que je vais faire de ma vie ?

Pour re-choisir ce qui m'a été donné par nature, de force: est-ce que durant ma vie je vais faire des efforts pour véritablement choisir d'être Israël ? Pas seulement parce que je suis né Israël. Vous voyez la différence ? Le premier niveau est un degré de Segoula, un degré qui n'est pas sous l'influence de mon choix. Ça m'a été donné. La nature m'a créé de cette manière-là.

Le deuxième niveau, c'est le choix: qu'est-ce que moi, en tant qu'homme, je vais faire pour réaliser ce que j'ai reçu gratuitement ? Chacun de nous a un don dans sa vie. Quelqu'un, par exemple, est artiste. L'artiste a été créé déjà avec une âme d'artiste, ça n'est pas un choix. Mais qu'est-ce qu'il va faire durant sa vie pour dévoiler l'artiste qu'il est à l'intérieur de lui ? Ça, ce sera le choix de sa vie.

Il ne suffit donc pas de recevoir quelque chose par notre naissance, il faut choisir durant toute notre vie de dévoiler ce que nous avons reçu gratuitement. Est-ce que la chose est claire ? Quand on choisit dans la vie, on devient grand. Tant qu'on ne choisit pas, on est encore petit. Ce sont des termes de Kabbale: Katnout et Gadlout. On est petit quand on n'a pas le choix, on devient grand lorsqu'on choisit.

Bien entendu, le véritable choix, c'est de choisir ce que nous sommes à l'intérieur. Et pour savoir ce que nous sommes à l'intérieur, il faut creuser, aller chercher très profondément. Dans la Torah, l'allusion à cela, c'est creuser des puits. Quand nos patriarches Abraham, Yitzhak et Yaakov creusent des puits, quel est le message ? C'est d'aller chercher profondément dans ma matière, dans la source même.

Quelqu'un qui ne fait pas cette recherche restera toujours à la surface, dans un monde superficiel, et il ne s'attachera qu'à l'extériorité des choses, à la moralité extérieure. Il vivra comme un petit, qui, en réalité, ne choisit pas vraiment, parce qu'il ne sait pas chercher, approfondir et mettre en relief sa véritable vie.

Le Rav continue: ce travail que nous demandons n'est pas facile. Les gens qui ont peur de se fatiguer vont vite sortir de ce système, vont être découragés par ce processus, et vont quitter le processus en réalité, parce qu'ils n'auront pas le courage de continuer. Cela est donné à des gens qui sont têtus, mais têtus dans le bon sens: ceux qui savent continuer à chercher, être assidus, être réguliers dans cette recherche et dans l'accès à Erets Israël. Car l'accès à Erets Israël est quelque chose de difficile.

Le fait de choisir, c'est le fait de devenir grand. Et quand tu as un choix, tu peux refuser même tout. À partir de quand quelqu'un a-t-il le choix ? À partir du moment où il peut dire: je ne veux rien de tout ça. C'est une grande difficulté, parce que lorsqu'on ne te donne pas le choix, tu es relativement rassuré. On te guide, on fait pour toi les choses. Mais lorsqu'on te donne à choisir, d'un côté tu peux tout perdre, parce que tu peux choisir de tout rejeter, mais de l'autre tu peux choisir de tout accepter.

C'est quelque chose de très difficile, qui nous grandit, qui nous met à un niveau élevé. Car d'un côté cela peut être la plus grande négativité. D'ailleurs, le Rav Kook nous dit quand on peut véritablement choisir Dieu: quand on peut complètement le refuser. C'est là que tu commences à devenir grand. Tant que tu ne peux pas dire « tout ce que Dieu me dit, j'en ai rien à faire », tu n'as pas encore le véritable choix.

À partir du moment où tu te dis « c'est vrai que tout ce que Dieu me dit, tout ce que la Torah me dit, j'en ai rien à faire, mais je choisis de suivre ma vie selon ce chemin-là », là tu deviens grand. Si c'est passé avec… Elisha ben Abouya, qu'on appelle Aher. Il a choisi complètement de refuser, de sortir. Mais c'est un véritable choix. Quand as-tu un choix dans ta vie ? Quand tu as les deux degrés du choix. Sinon tu n'as pas de choix. Donc en réalité, notre vrai choix, c'est la possibilité de refuser.

Il y a donc un moment dans la vie où, de par nature, on va se découper pour revenir après. Quand cela va-t-il se passer …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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