Le mois d'Iyar, entre la sortie d'Égypte et le don de la Torah
Comment le temps sert de filtre à la lumière divine, et pourquoi Iyar relie la Torah à la souveraineté d'Israël.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Le mois de Nissan, la création et la sortie d'Égypte, 1 h 01
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Aujourd'hui nous allons parler du mois de Iyar, de la notion de temps qui joue le rôle d'un filtre par rapport à la lumière infinie, béni soit-Elle, qui traverse les filtres du temps, comme elle traverse les filtres des lieux et comme elle traverse les filtres des êtres. Nous avons trois notions que la lumière infinie traverse pour descendre dans notre monde.
L'une d'entre elles, c'est la notion de temps. Le temps joue un rôle d'invitation à la lumière divine, pour qu'elle le traverse à des périodes bien précises et lui donne un vêtement différent selon les temps. C'est-à-dire que la lumière infinie est toujours la même, mais lorsqu'elle apparaît dans ce monde, selon le temps où elle apparaît, elle change de vêtement, elle change d'apparence. Il y a donc un Messer, c'est-à-dire une donnée divine qui doit se dévoiler, et que nous devons déceler et révéler. C'est pour cela que le temps s'appelle Zeman. Il vient du lachon hazmana, l'ehasmi, l'invité. Donc le temps invite l'Infini à le traverser.
Et ce temps a en réalité été créé au moment même de la création du monde, avec la notion de lieu, donc d'espace, et avec la notion des êtres, qui sont en réalité des désirs. Les trois éléments représentent en fait des désirs de recevoir. Le temps invite, la terre veut, et l'être n'fèche, c'est aussi vouloir dans le langage de la Torah: « si ton âme te dit ». Donc l'âme, c'est un désir de recevoir. Il ne s'agit donc en réalité que de notions de kélim, au niveau du temps, au niveau de l'espace et au niveau des êtres: des kélim de réception pour la lumière infinie, qui est toujours la même lumière, qui ne change pas, qui ne varie pas, mais qui se dévoile selon l'ustensile dans lequel elle apparaît.
Et nous devons, en tant qu'hommes d'Israël, puisque nous avons été créés avec la capacité de décoder les apparitions différentes de cette lumière infinie, savoir comment réagir dans le monde au moment voulu. Alors, nous sommes maintenant dans un mois qui est un mois intermédiaire entre la sortie d'Égypte et le don de la Torah.
Ça veut dire que la sortie d'Égypte est une libération nationale, et que le don de la Torah est une libération de l'être au niveau de l'esprit, parce qu'il reçoit le sens même de sa vie. La Torah n'est pas un livre de loi, mais le code génétique appartenant à Israël, et par Israël à l'univers tout entier.
Le fait que le mois de Iyar soit dans cet intermédiaire entre la royauté qui se dévoile au moment de la sortie d'Égypte, Gilo Ishrina, on appelle ça Malkhout, et le don de la Torah, qui est une descente de lumière divine, veut dire que le mois de Iyar a une propriété bien précise: c'est de relier la Torah à la Malkhout.
Qu'est-ce que cela veut dire, relier la Torah à la Malkhout ? C'est que la Torah doit descendre pour s'habiller dans un système qui gère le genre humain. On peut appeler ça de la politique, on peut appeler ça une structure nationale, peu importe le terme que nous allons donner. N'oubliez pas que nous sommes sortis d'Égypte pour rentrer en Erets Israël, et que nous recevons la Torah pour guider.
Donc la place du mois de Iyar est très importante. Il n'est pas … il n'est pas compris, il est guidé. Il n'est pas de la nation qui est sortie de lui. Ok.
Le mois de Iyar fait donc le lien entre Nissan, le mois de la sortie d'Égypte, et Sivan, le troisième mois, celui du don de la Torah. Mais si on fait attention à ce lien, il est beaucoup plus profond que de relier deux mois. Comme je viens de le dire, il est le lien entre la Torah et le dévoilement de Dieu dans ce monde. Ce qui veut dire que la Torah seule ne suffit pas.
Ceux qui observent la Torah et ses mitsvot n'ont pas encore accompli le désir de l'Éternel. Ils deviennent religieux, et cette religion peut malheureusement les guider en dehors du système pour lequel ils ont été créés, à tel point qu'ils vont développer un judaïsme en dehors de leur terre, en croyant que la Torah et les mitsvot appliquées suffisent.
Mais ce n'est pas la volonté de Dieu. La volonté de Dieu, c'est de prendre cette Torah et de la faire descendre dans une Malkhout. Qu'est-ce qu'une Malkhout ? C'est que le peuple d'Israël revienne sur sa terre pour édifier une souveraineté, pour être libre, indépendant, pour pouvoir justement jouer le rôle de traducteur des valeurs de l'infini dans ce monde.
Le peuple d'Israël ne peut pas le faire à l'extérieur, car à l'extérieur il n'est pas appelé peuple, mais ensemble d'individus, de communautés. Le peuple d'Israël n'existe que sur sa terre, au niveau de son dévoilement. Donc il n'y a pas d'autre possibilité que de venir ici. Mais même quand on vient ici, on ne peut pas se suffire de venir habiter sur cette terre.
Je reprends les termes du Ramban, qui dit qu'on n'a pas le droit de venir habiter en Israël sans édifier une souveraineté, c'est-à-dire sans avoir une médina. Le Ramban nous dit qu'on n'applique pas la mitsva d'habiter la terre d'Israël en habitant la terre d'Israël. Il faut habiter la terre d'Israël en étant souverain, en étant indépendant, en étant atsmaï.
Donc tant que nous n'avons pas d'atsmaout, il n'y a pas d'application de Bou ourchou vé'chvou ba'aretz. On ne peut pas s'installer sur notre terre si cette terre est sous le contrôle de quelqu'un d'autre. Et les guédolim d'Israël de toutes les générations nous disent que c'est exactement pareil que d'habiter ici ou d'habiter à Paris.
S'il n'y a pas de souveraineté sur la terre d'Israël, il n'y a pas de souveraineté d'Israël. Faites donc très attention à cela. Les gens confondent le fait de venir en Israël, ils croient que ça suffit. Si tu n'es pas soumis à la médina, qui est en réalité la structure, tu ne peux pas réaliser la volonté de Dieu. Il y a donc une mitsva de la Torah, la mitsva de fonder l'État d'Israël. C'est une mitsva de la Torah.
Sans cela, on ne peut pas appliquer « Bo'u, ourchou vé'chvou, venez, prenez possession et habitez ». C'est pourquoi, à chaque fois que nous venons sur cette terre au cours de l'histoire, il y a des guerres qui précèdent, parce qu'il y a une mitsva de conquérir et d'être souverain.
Lorsque David habite sur la terre d'Israël, mais qu'il va, à un moment donné, dans un lieu où un autre roi que le roi d'Israël domine, il est sorti d'Israël. Et il écrit de lui-même: « Aujourd'hui j'ai fait de l'avodah zara, parce que j'étais dans une ville en terre d'Israël qui est sous la souveraineté d'un roi étranger. » Et il écrit dans les Téhilim: « Aujourd'hui on m'a renvoyé de la terre de mes ancêtres, en me disant: va servir d'autres dieux. »
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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