Le lien entre le peuple d'Israël et la Terre d'Israël
Pourquoi la Terre d'Israël n'est pas un simple lieu, selon le Rav Kook, et comment ce lien se découvre.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Le retour à la terre d'Israël et la techouva, 54 min
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Hachem, aujourd'hui nous allons commencer un texte qui est en trois parties et qui a été écrit par le Rav Tao, Chlita, concernant les difficultés de l'adaptation sur la terre d'Israël d'une manière générale. Comment faut-il comprendre la terre d'Israël par rapport à ses habitants ? Quel est le lien entre les habitants et la terre ? Est-ce le lien de quelqu'un qui vient pour organiser son peuple, ou est-ce quelque chose de beaucoup plus profond et de beaucoup plus intime ? Comme le dit le Rav Kook dans Orot,
concernant Erets Israël, ce n'est pas quelque chose d'extérieur. Cette terre n'est pas un élément, un endroit de plus dans le monde où le peuple d'Israël vient se réunir, même pour des raisons techniques de facilité de vie. Bien au contraire, la terre représente en fait un lien avec la nation. On ne peut pas dissocier les deux. C'est quelque chose qui est imbriqué, que le cerveau humain ne peut pas comprendre. La seule manière d'appréhender le sujet, c'est en étudiant la partie secrète de la Torah. C'est ce que
dit le Rav Kook. En s'éloignant de la partie secrète de la Torah, donc de la Torah des secrets, la Torah d'Erets Israël, la valeur de cette terre devient floue. Elle n'est pas comprise, et on ne peut pas du tout s'adresser à la terre d'Israël d'une manière convenable.
À partir de là, la faute des explorateurs était d'avoir vu la terre d'Israël d'une manière superficielle. Et aujourd'hui, si on retombe dans cette erreur, on peut retomber dans la vision d'Erets Israël d'une manière superficielle, et on devient, en quelque sorte, Ras Vechalob, plus ou moins proche de ces fameux explorateurs, les Méraglim, les espions, qui étaient dans l'histoire de la Torah. Si on veut définir les choses un peu plus profondément, le texte dit ceci: on n'arrive pas à faire descendre le lien entre le divin et l'humain. Il y a un problème de prise de conscience: la terre d'Israël n'est pas un ennemi de Dieu.
Car pourquoi cette peur ? D'une manière générale, dans le désert, on voit qu'il y a une séparation entre Dieu et la terre. Même lorsque Dieu fait tomber la manne, cette manne ne tombe pas sur la terre. Il faut qu'il y ait un récipient qui précède, pour que la manne ne touche pas la terre. Et les sages nous expliquent que la sainteté de cette manne, qui descend du ciel, ne peut pas toucher la terre, qui est impropre à cette sainteté. Donc on peut développer un système qui nous dit que la terre est anti-divine. La preuve, dit-on, c'est que cela est vrai dans les exils. La difficulté, c'est de faire un switch et de comprendre que lorsqu'on arrive en terre d'Israël, le divin peut s'habiller dans le monde de la nature. C'est la difficulté que nous avons à passer d'un stade d'exil à un stade de délivrance.
Et cette délivrance, je viens de vous donner une clé: c'est le mariage entre l'esprit et la matière, entre HaKadosh Baroukh Hou, entre l'infini et le monde de la matière, à tel point que les fruits d'Erets Israël vont avoir, eux aussi, une kedoucha. Cela veut dire que nous n'avons pas peur ici de retrouver la sainteté qui se trouve dans la nature, HaKedoucha, Chabbat Teva. Et celui qui n'arrive pas à comprendre ce lien est en réalité en décalage par rapport à la véritable notion du judaïsme.
Lorsque le roi Salomon a construit le premier Temple, la reine de Saba est venue voir cette merveille. Le texte, là-bas, dans Melakhim Alef, chapitre 9 à peu près, dit que lorsqu'elle a vu le Temple de Jérusalem, elle n'avait plus de souffle, c'est-à-dire qu'elle était au bord de l'évanouissement. Les sages posent la question: pourquoi ? Le texte le dit: elle a vu le roi Salomon, ses serviteurs, mais ce n'est pas cela qui a causé son exaltation. Quand la reine de Saba a-t-elle été émerveillée ? Lorsqu'elle a vu quelque chose de bien précis. Qu'a-t-elle vu ? Une montée, une sorte de pont, des escaliers, qui rejoignaient sa maison au Temple de Jérusalem. C'est-à-dire que Chlomo HaMelekh s'était fabriqué un passage entre sa maison et le Temple. Il allait et venait au Temple de Jérusalem par ce pont qu'il avait créé, et cela a émerveillé la reine de Saba.
Dans le sens premier de l'explication de ce texte, on peut dire qu'elle était émerveillée que le roi Salomon soit tellement lié au Temple de Jérusalem, qu'à chaque fois qu'il voulait accéder à Dieu, il avait un chemin direct, entre guillemets. Mais les sages de la Torah d'Erets Israël, qui est une Torah de délivrance, nous disent que c'est quelque chose de beaucoup plus profond. Ils voient là le grand secret de cette Torah d'Erets Israël: dans la terre d'Israël, le Saint des Saints est relié à ma vie privée. C'est cela le lien entre la maison de Chlomo HaMelekh et le Temple de Jérusalem, le Saint des Saints, et l'homme.
Est-il possible de comprendre qu'un homme privé, avec sa chambre à coucher, soit relié au Temple de Jérusalem ? C'est impensable. Le Temple de Jérusalem, c'est Dieu, c'est l'infini. Ma maison, c'est ma maison, je suis dans un monde avec toutes mes faiblesses d'homme. Eh bien non. C'est la force du roi Salomon: il a montré cela, et effectivement, cela a plu. Cette idée a germé dans la tête de cette reine, la reine de Saba. Elle a compris qu'il se passait quelque chose de nouveau dans ce peuple juif: le Saint des Saints, le plus haut niveau, était relié à la vie la plus intime, la plus basse entre guillemets, la plus charnelle de l'homme. Cela veut dire qu'il n'y avait pas de séparation. Il y avait une différenciation, mais il y avait quand même un lien, un trait d'union entre le Kodesh et la nature.
C'est ce que nous allons essayer de voir maintenant dans ce texte. Et ce texte, bien entendu, ne va pas rester figé sur un petit détail. Il va ouvrir tout de suite, et vous allez voir toutes les références qui arrivent pour montrer quel est notre lien, en tant que peuple, avec cette terre. Nous ne sommes pas des éléments privés. Avraham Avinou, qui est la matrice de ce peuple, n'est pas un homme privé. Il a été choisi, et déjà en lui, il y a une notion de peuple. Paradoxe: un homme privé, individuel, qui est déjà la matrice d'un peuple. C'est difficile à comprendre. Et nous allons voir, Be'ezrat Hachem, que notre lien est un lien d'un peuple à sa terre, du peuple qui appartient à cette terre, et de la terre qui appartient à ce peuple.
On va commencer par une question qui peut nous toucher tous: les difficultés de l'intégration en Israël. Le Rav vient nous donner des choses très concrètes. Cela ne plane pas. C'est très concret, c'est dans notre vie, dans notre histoire, dans notre actualité. Il y a de cela deux cents ans, il y a eu le début de l'implantation des juifs sur la …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
Dans la même série
Onze cours numérotés sur le lien du peuple et de sa terre.
- 1
Le lien entre le peuple d'Israël et la Terre d'IsraëlPourquoi la Terre d'Israël n'est pas un simple lieu, selon le Rav Kook, et comment ce lien se découvre. - 2
Le retour à la terre d'Israël et la techouvaComment la terre d'Israël révèle l'âme du juif, et pourquoi revenir au cœur est la clé du retour. - 3
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