La techouva, pensée divine antérieure à la création
Pourquoi la techouva précède le monde et comment la vivre pour faire descendre le divin ici-bas.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Techouva, vivre sur la terre d'Israël et le tétragramme, 55 min
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Bonsoir, bonsoir, bonsoir.
Je vous propose un cours concernant la techouva et un petit peu, bien entendu, Roch Hachana. La plupart du temps, nous avons l'impression que la techouva naît après une faute. C'est-à-dire: on a fauté, on fait techouva. C'est faux. Les Hakhamim, dans la Guemara, dans le traité de Pessa'him à la page 54, nous disent que la techouva existe bien avant la création du monde. Autrement dit, il n'y a ni faute, ni monde, ni homme, ni femme, ni rien du tout. Il y a la pensée divine. Et dans cette pensée divine, la techouva existe déjà. Dans les termes de nos sages: techouva kadma la'olam.
Mais moi, j'ai une question. La création du monde, c'est une création de temps. Comment peut-on dire qu'avant la création du monde, il y a quelque chose ? L'avant n'existe pas.
Alors qu'est-ce que les sages viennent m'enseigner en me disant « techouva kadma la'olam » ? Nous sommes obligés de conclure qu'il ne s'agit pas d'avant et d'après, mais de cause à effet. C'est-à-dire que la cause, plus exactement la racine, le sens de la création du monde, c'est la techouva. Ça veut dire que la techouva existait, qu'elle était la pensée divine pour créer le monde.
Autrement dit, faire tes chouvas aujourd'hui, ici-bas, dans notre monde, après la création, c'est l'art d'être fidèle à la pensée divine qui a précédé la création. Tout simplement. Et plus je suis fidèle à cette pensée divine qui a précédé le monde, plus je suis en réalité en phase avec la pensée divine, avec le vouloir divin, avec sa volonté, avec le sens même pour lequel le monde a été créé.
Ça veut dire qu'en réalité, ce monde d'Arabat n'a été créé que pour une seule chose: pour refléter, pour réfléchir les valeurs de l'infini dans cette création. Dieu a créé un monde, il l'a créé d'une manière voulue, comme une existence avec un manque, et il a créé l'homme
pour devenir son associé dans la perfectibilité de ce monde. Tout ce que je suis en train de vous dire est écrit dans un seul verset: Acher bara Elohim la'asot. Acher bara Elohim la'asot, c'est à la fin de la création du monde. Lorsque l'homme apparaît, Hakadosh Baroukh Hou place l'homme comme associé. Pour terminer, ce que Hakadosh Baroukh Hou a laissé aux deux tiers, presque trois tiers, c'est-à-dire presque entier, fini, il n'y a que quelques petits arrangements que l'homme doit, entre guillemets, c'est un jeu, parfaire pour terminer la création divine, qui a complètement été terminée, à part quelques petits détails, pour placer l'homme dans cette association.
Et plus le reflet de ma vie, de notre vie, ici-bas, reflète parfaitement, en tout cas très fidèlement, cette pensée divine, plus le monde arrive petit à petit à se compléter comme Hakadosh Baroukh Hou l'avait pensé lors de son modèle initial. Je vous rappelle qu'Hakadosh Baroukh Hou avait vu la techouva: c'était son modèle de base. Et c'est grâce à cette techouva, qui en réalité s'appelle aussi la Torah, c'est pareil, qu'il a créé le monde.
Ce n'est pas revenir en techouva, mais faire techouva: c'est appliquer, avec nos pensées, avec nos paroles, avec nos actes, avec notre façon de vivre, pour devenir en réalité fidèle aux nuances divines, à la pensée divine initiale, primordiale, celle qui a précédé la création du monde. C'est-à-dire que si je suis fidèle au modèle initial, j'ai réussi ma mission, au niveau collectif et bien entendu au niveau individuel.
C'est-à-dire que ce que je viens de dire au niveau collectif est valable aussi chez l'homme et la femme, individuellement parlant. Je vais prendre mon exemple, comme ça personne n'est gêné. Quand Hakadosh Baroukh Hou a créé Yoël, il avait un modèle initial, une prévision. Ce modèle existe toujours. Il est dans un étage supérieur, c'est-à-dire dans un étage...
Car supérieur ne veut pas dire en haut, vous comprenez bien. Ce n'est pas parce que vous quittez le sol à 3 millions de kilomètres que vous allez trouver quelque chose. Dieu n'est pas dans le ciel, ni dans la terre. Il est l'infini, béni soit-il. Il n'est pas non plus spirituel. Hakadosh Baroukh Hou: ne le fermez pas dans des tiroirs de vos pensées. C'est de l'avodah zara. Hakadosh Baroukh Hou n'est pas spirituel. Hakadosh Baroukh Hou, c'est l'infini.
Il emplit les mondes et il entoure les mondes, et c'est une valeur qu'on ne peut même pas expliquer. C'est pour ça que toute définition d'Hakadosh Baroukh Hou est de l'avodah zara. Alors comment est-ce qu'on fait pour le définir ? Par la négative: il n'est pas. En, sauf. À partir du moment où tu dis « Dieu est », c'est déjà de l'avodah zara. Tu l'as limité à ton propre cerveau. Donc c'est subjectif. C'est complètement faux.
Morale: vous ne pouvez pas monter vers Dieu. Il n'y a pas où monter. Et en plus de ça, si vous montez, c'est que vous avez l'orgueil de croire que vous savez où le cloisonner, et le rétrécir tellement que vous montez vers lui. Vous avez déjà une direction. Alors, qu'est-ce que nous devons faire ? Tout simplement le laisser nous traverser. Entre guillemets, le laisser descendre. On ne doit monter nulle part. On doit tout simplement laisser à l'infini
la possibilité de nous traverser et d'arriver dans ce monde fini. C'est ça, monter. C'est-à-dire que si je m'élargis et que je laisse l'infini me traverser, que ses idéaux me traversent, que ses valeurs me traversent, que sa manière d'être me traverse, je deviens quelqu'un qui monte, sans bouger de ma place. Sinon, il faut m'enfermer vite dans un hôpital de fou.
On a été créé sur la terre pour y rester, et arrêter de croire que la mort est un idéal, parce que là-bas, vous allez rencontrer plus Hachem de votre mort que de votre vivant. À Roch Hachana, on nous met bien en garde. Tout ce qu'on fait, c'est parce qu'on sait que Tu es un Dieu vivant, et non pas un Dieu mort. Comme la maman du Rav Kook qui était dans le bateau qui venait en Erets Israël...
Et il y avait des bonnes sœurs à côté. Et les bonnes sœurs posent la question à la maman du Rav Kook, sur le bateau qui arrive à Yafo: « Qu'est-ce que vous venez faire en Terre sainte, madame ? » Et comme une bonne fille d'Israël, elle leur répond par une question: « Et vous, qu'est-ce que vous venez faire ? » – « Eh bien, nous, on vient pèleriner. » – « Ah bon ? Où ça ? » – « Eh bien, on va voir là où notre Dieu est mort. »
Moi, je vais voir là où mon Dieu est vivant. C'est ça, la grande différence. Ça veut dire que le monde dans lequel nous sommes n'est qu'un reflet et qu'un miroir de ce monde intérieur, de ce monde secret, qu'on a malheureusement tendance à croire situé en haut. Mon Rav me dit que même le geste, quand on dit « là-haut », c'est déjà de l'avodah zara. Tu l'as jeté d'ici, tu …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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