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Le Corona, entre épreuve et enseignement de la Torah

Le Rav Cherki tire du confinement et du masque des leçons sur le prochain, la lèpre, la sécurité d'Israël et l'espérance messianique.

29 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Baruch Ata Hachem : la source qui vient à nous, 48 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom, bonsoir. Merci beaucoup Johan, c'est un grand plaisir de se rencontrer à chaque fois, ainsi que Gabriel Lévy qui est ici présent. Je dois également mentionner l'émotion que je ressens quand je parle dans un lieu consacré à la mémoire de Beno Grosse, une très grande figure de notre génération. Je pense qu'il est important que ces enseignements soient étudiés.

C'est pour moi un honneur d'être ici présent. Je tiens à rappeler à Johan que j'étais déjà présent au Hok Beno Grosz avant votre entrée dans l'équipe. Et puisque tu l'as évoqué, je voudrais parler du refus de se faire vacciner. C'est extraordinaire.

Vous savez, le peuple d'Israël, à plusieurs titres dans la Torah, reçoit plusieurs qualificatifs. L'un d'eux est amkecheh oref, « le peuple à la nuque raide », ou « à la nuque dure ». Et que veut dire cette expression ? Vous savez qu'on n'aime pas toujours avoir des attributs négatifs. C'est pour cela que le Maharal de Prague, souvent enseigné par Beno Grosse, explique qu'avoir la nuque raide, pour le peuple d'Israël, est une qualité. C'est-à-dire que le peuple d'Israël n'est pas prêt à accepter n'importe quoi si on ne lui prouve pas. Même si la chose est prouvée, il veut que ce soit encore plus prouvé.

Évidemment, cette qualité est aussi un défaut. C'est ce qui nous empêche de faire techouvot, c'est ce qui nous empêche de nous vacciner. Rappelons-nous que du point de vue de la halakha, le vaccin est absolument indispensable, étant donné que les risques éventuels dont on parle, aussi bien réels qu'imaginaires, et beaucoup sont imaginaires, ne sont que des risques, alors que les morts sont une réalité. Et vous avez un principe dans la halakha: le doute ne l'emporte pas contre l'évidence. En tout cas, je ne voulais pas entrer trop profondément dans les sensibilités. Allez-vous vous faire vacciner ?

Une fois que vous serez vacciné, vous aurez un autre enjeu, celui d'être majeur, pour être majeur et vacciné. Pour l'instant, moi, je suis moi-même vacciné. J'espère un jour être majeur.

Nous parlons donc de cette période, les enjeux du Corona. Je pourrais dire même: les bénéfices de l'époque. Vous savez que c'est un grand principe du judaïsme, et aussi une maladie chronique. C'est ce qu'on appelle l'optimisme chronique. Nous considérons que, puisque le peuple juif a tenu pendant des milliers d'années, et puisque celui qui le fait tenir est le Créateur du monde, on peut se dire qu'à l'aboutissement, après tous les malheurs et toutes les catastrophes que nous avons traversés, finalement tout va vers le bien.

L'optimisme fait partie, disons, d'une partie substantielle, essentielle, on pourrait dire viscérale, de l'être d'Israël. Et je l'avoue, je suis atteint de ce virus, le virus de l'optimisme chronique, malgré toutes les vicissitudes que nous traversons au niveau national ou individuel.

Donc, si nous traversons une période difficile, c'est extraordinaire. Plus c'est difficile, plus il y a de choses positives à en tirer. Ce que je voudrais faire avec vous, c'est analyser, d'un point de vue disons traditionnel, du point de vue de l'enseignement de la Torah, ce que nous pourrions tirer de cela.

Tout d'abord, passons par le négatif pour pouvoir arriver au positif. Je voudrais dire d'abord de manière très claire: la situation est négative. Pourquoi ? Parce que la chose la plus belle que l'on puisse rencontrer chez son prochain, c'est son visage. Et nous vivons une période où nous devons couvrir notre visage quand nous rencontrons notre prochain. C'est extrêmement dur pour un peuple qui a pour vocation « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Or, on aime bien se regarder en face, on aime bien parfois se regarder dans la glace, on aime bien voir également son prochain. Donc le fait de devoir se cacher le visage est très grave.

De plus, il y a ce qu'on appelle l'éloignement. On doit s'éloigner de deux mètres de son prochain. Or, nous avons là deux règles de la halakha. Quand on est en anathème, quand on est sous le nidouï, le nidouï étant une déclaration rabbinique qui dit que l'on est rejeté de la communauté, alors on n'a pas le droit de se rapprocher de quelqu'un qui est sous le coup de cet anathème, dans la distance de quatre coudées, c'est-à-dire deux mètres. On pourrait donc dire que c'est une sorte de nidouï d'anathème collectif qui nous est imposé par les circonstances.

De plus, il y a une situation dans laquelle on doit se couvrir le nez et la bouche, c'est quand on est lépreux avéré. Vous connaissez la règle de la halakha concernant la lèpre. La lèpre exige tout d'abord un confinement. Et quand il est confirmé qu'on est vraiment lépreux, on est non seulement jeté en dehors du camp d'Israël, mais on doit aussi se couvrir la bouche et le nez. On peut donc se dire: qu'est-ce que le Bon Dieu veut nous dire dans cette histoire ? Veut-il absolument nous dire que nous sommes en état de nidouï et en état de lèpre ? C'est terrible.

Eh bien non, ce n'est pas terrible. Je vais vous dire pourquoi. Le fait qu'on écarte le lépreux, qu'on le mette en dehors du camp, et le fait qu'on s'éloigne de celui qui est sous le coup du nidouï, à deux mètres, ce n'est pas par vengeance. C'est pour permettre de vaincre la lèpre, c'est pour permettre de vaincre le nidouï. En effet, il y a des raisons pour lesquelles on est lépreux: ce sont des raisons morales.

On peut dire que la Providence nous invite à une réparation intérieure. Et même si je ne connais pas les secrets de la Providence, je sais en tout cas quels avantages on peut retirer de ce confinement, de cette interruption de la vie normale, parfois même de l'interruption de la vie professionnelle. Cela nous atteint très profondément, mais ne nous met pas en danger. Vous savez qu'il y a eu des périodes où, dans l'absence de travail, dans la pauvreté, on tombait parfois dans une misère noire. On pouvait même mourir de faim. Aujourd'hui, en Israël et de manière générale dans le monde, personne ne meurt de faim. Vous aurez toujours un morceau de pain. Je pense qu'il est important de prendre les choses proportionnellement.

Et qu'est-ce qui s'est passé avec notre époque ? Qu'est-ce qui s'est passé avec le Corona ? Il s'est passé quelque chose de très important: le monde a changé. Le monde d'avant le Corona, je ne sais pas si vous vous en rappelez, ce n'était pas tellement longtemps, c'était à peu près il y a un an. On pouvait se promener partout dans le monde, on pouvait envisager sans problème de passer la semaine suivante au Japon, en Patagonie ou à New York. On pouvait se déplacer. Le monde était devenu un monde mondial, un monde dans lequel les voyages ne coûtaient pas très cher.

On pouvait, par quelques manipulations, très facilement se déplacer dans les parties les plus exotiques de la Terre sans être ruiné. C'est quelque chose que, dans notre enfance, on ne connaissait pas. On savait qu'un voyage était quelque chose de très onéreux. Aujourd'hui, …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Oury Cherki

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