La sainteté de la nature et la terre d'Israël
Pourquoi Tou BiShvat relie la sortie d'Égypte à l'entrée en Erets Israël, et comment les fruits révèlent la sainteté.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : La sainteté cachée dans la nature et le libre choix, 1 h 19
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Aujourd'hui nous commençons un nouveau cours, dans la suite du précédent. J'ai une étape que je veux franchir avec vous. Nous avons déjà assez développé le premier sujet, concernant l'émouna. Maintenant je voudrais passer au degré de l'application des choses.
C'est un autre texte que j'ai écrit, qui s'appelle Erets Israël, HaKedousha SheBa'teva, la terre d'Israël, qui représente en fait la sainteté qui se cache dans la nature, la sainteté de la nature. Ce cours est lié également au mois de Chevat, plus précisément à Tou BiChevat, que nous allons fêter Be'ezrat Hachem la semaine prochaine.
Le fait que nous lisions le récit de la sortie d'Égypte toujours dans le mois de Chevat est aussi une indication, et c'est très important de le savoir. Normalement, la sortie d'Égypte s'est réellement passée au mois de Nissan, puisque c'est le premier mois de l'année du calendrier hébraïque. Et pourtant, la lecture du récit de la sortie d'Égypte a lieu à Chevat. La paracha de Bechalla'h se lit la semaine prochaine, au Chabbat qui vient dans deux jours. Bechalla'h se lit toujours durant le mois de Chevat.
Alors je me pose la question: est-ce que le mois de Chevat a un lien avec le mois de Nissan, c'est-à-dire avec la sortie d'Égypte ? La réponse est oui, tout simplement parce que la sortie d'Égypte a un but. Elle est de rentrer sur la terre d'Israël. Et la terre d'Israël est manifestée par sa capacité à dévoiler la sainteté dans ses fruits, dans les bienfaits de la terre.
Or, c'est à Tou BiChevat que nous fêtons Rosh Hachana la-Ilanot, le nouvel an des arbres. Autrement dit, c'est pendant ce mois-ci que la sortie d'Égypte se termine réellement, jusqu'au moment où l'on arrive en terre d'Israël et où la terre d'Israël donne ses fruits.
Vous voyez donc qu'il y a un lien extraordinaire entre la sortie d'Égypte et l'accès à la terre d'Israël, alors que le récit normal de la sortie d'Égypte nous laisse encore quarante ans dans le désert. On est d'accord ?
Donc, ici, les sages ont combiné une lecture de la Torah qui nous parle de la sortie d'Égypte avec, au niveau du calendrier, la fête de notre arrivée en Erets Israël. Nous avons combiné le texte de la Torah avec le temps présent dans lequel nous vivons. C'est extraordinaire: les sages avaient en tête de relier la sortie d'Égypte à l'entrée en Erets Israël.
Et le sommet de l'entrée en Erets Israël, ce qu'on appelle dans le langage de nos sages Ketz HaMeguélé, la fin des temps, le plus dévoilé possible, c'est lorsque la terre d'Israël donne ses fruits avec un bon œil. C'est exactement ce que nous fêtons à Tou BiChevat: nous mettons tous les fruits sur la table. Cela veut dire que nous sommes dans une soirée de reconnaissance et de remerciement envers Celui qui nous a fait sortir d'Égypte, mais aussi qui nous a fait arriver sur cette terre.
Et là, sur notre table, nous posons les bienfaits de cette terre pour montrer au Kadosh Baroukh Hou que nous sommes reconnaissants. Et, en plus de cela, que cette montée en Erets Israël a donné des fruits. Pas seulement des fruits du végétal, mais des fruits dans tous les sens du terme. Les fruits que j'ai sur la table sont tout simplement une cristallisation du sujet, de ce que le fruit représente d'une manière générale.
Est-ce que je me suis bien fait comprendre ? Cela veut dire qu'en réalité, notre entrée en Erets Israël n'aboutit réellement que lorsqu'elle donne des fruits. Et le fruit de notre entrée en Erets Israël, ce sont justement nos enfants, nos facultés à dévoiler des choses, à exprimer des choses.
Rappelez-vous ce que nous avons dit dans les cours précédents: l'exil, c'est l'incapacité à exprimer, ou à s'exprimer, et la rédemption, c'est justement l'expression des choses. Sortir du potentiel pour arriver au manifesté. Il n'y a rien de plus clair qu'un fruit pour relater, pour réaliser ce sujet-là.
Car le fruit, en hébreu, péri, a la même racine que... para (la vache) dans le monde animal, qui signifie se multiplier. Le péri et la para ont une racine commune. C'est aussi la première mitsva: Pérou OuRvou, « fructifiez-vous et multipliez-vous ». Là aussi, en français, « fructifier »: regardez bien, Pérou, c'est la même racine. Pérou OuRvou, la fructification.
La Gueoula, c'est donc le dévoilement des fruits, c'est-à-dire le dévoilement de la pensée initiale, le dévoilement du potentiel dans son degré le plus manifesté. Lorsque j'ai un fruit, c'est que je suis arrivé à une manifestation réelle de ma pensée, qui n'était au départ qu'un potentiel.
Et lorsque j'ai un fruit devant moi, dans la main, mon rôle est de voir le lien entre ce fruit, c'est-à-dire le résultat, et sa source. C'est pour cela que, lorsque j'ai un fruit qui vient de l'arbre, je dis Boré Péri Ha'Ets, je mentionne les deux degrés. Le fruit qui est devant moi renvoie à l'arbre qui lui a donné la vie. Péri Ha'Ets. Et si ce fruit vient de la terre, Péri HaAdama. Je mentionne donc les deux degrés, pour bien faire le lien entre la source et le résultat.
Le judaïsme nous éduque à toujours faire le lien entre le résultat que nous avons devant nous et la source dont ce résultat est issu. C'est très important. C'est comme ça qu'on reconnaît nos parents et qu'on comprend l'importance du kavod que nous donnons aux anciens. Pardon ?
Le judaïsme nous éduque. Ce ne sont pas des choses que je récite par cœur, je les dis comme ça, donc je ne sais pas si je vais répéter mot à mot. Le judaïsme nous éduque à faire le lien entre les résultats et les causes. C'est-à-dire que nous devons toujours revenir à la source.
Si j'ai une pomme devant les yeux, si je mange la pomme et que j'oublie la source de la pomme, je suis un voleur, parce que j'ai découpé, j'ai déconnecté le résultat de sa source. C'est comme si j'avais volé un résultat sans tenir compte de la source dont il est venu.
C'est la même chose pour les parents. Si je suis ce que je suis, c'est grâce à ma maman et mon papa. Ce sont eux qui m'ont donné la vie, donc je leur dois le respect. Et la même chose vaut pour les frères: plus le frère est l'aîné, plus il est premier, plus vous lui devez du kavod. Il y a un respect qui revient au frère qui est plus grand que moi, ou à la sœur qui est plus grande que moi, d'accord ?
C'est une évolution très importante, pour ne jamais séparer la source du résultat. Ça, c'est le mode de vie du judaïsme, qui nous fait toujours faire les liens, pour voir toujours une unité dans ce que nous faisons, et non pas prendre les choses déconnectées.
Ça, ça s'appelle voler. Ça s'appelle vivre dans le détail et ne pas voir le tout. Donc, quand j'ai un verre d'eau, je relie ce verre d'eau qui est là, devant moi, au tout. Imaginez-vous que, en train de boire, je bois en …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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