La délivrance divine selon le Peri Haaretz et le Tehillim 85
Pourquoi la délivrance est d'abord celle de Dieu, et comment la Ségoula précède le choix de l'homme.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Le Chiloul Hachem et le retour du peuple sur sa terre, 1 h 16
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Je voudrais juste faire un récapitulatif de ce qu'on a commencé la fois dernière. Nous parlons d'un texte qui sort d'un Téhilim, le Téhilim 85. Le 85 est le chiffre de la royauté d'Israël. David HaMélekh a sûrement voulu le placer dans ce chapitre.
85, c'est la valeur numérique du mot pé, en hébreu, qui veut dire la bouche. C'est donc le dévoilement des valeurs intérieures, qui sortent comme la pensée, qui sortent par la bouche. Tant que la bouche ne parle pas, nous ne pouvons pas connaître la pensée. En réalité, c'est comme si c'était la pensée des Téhilim jusque-là.
Chapitre 1 du premier Mismor, jusqu'à 85, il y a une expression, une bouche qui exprime en fait cette force des Téhilim. Le texte traite de la difficulté de monter en Israël à toutes les générations. Et nous avons commencé par un livre retrouvé de Rabbi Menachem Mendel, qui s'appelle Pri HaAretz, Le fruit de la terre.
Le titre est voulu, puisqu'il renvoie à la référence bien connue du traité Sanhédrin, qui dit que l'expression la plus claire de la fin des temps, c'est celle des fruits de la terre d'Israël. C'est-à-dire que lorsque la terre d'Israël donnera ses fruits, avec un bon œil, c'est l'expression de la Guemara: alors il n'y a pas de fin des temps aussi claire que celle-ci. Pourquoi les fruits de la terre ?
Parce que le divin est enfin descendu sur terre. C'est ça que ça veut dire. Autrement dit, la délivrance est celle de Dieu lui-même, et pas la nôtre. Notre délivrance et la suite sont une branche de la délivrance divine.
La délivrance divine, qu'est-ce que ça veut dire ? Tout simplement la réalisation de ce que le divin voulait lorsqu'il a créé ce monde.
Et qu'est-ce qu'il voulait pour créer ce monde ? Il voulait revenir dans ce monde, qu'on l'aide à revenir, à se réinstaller, entre guillemets, dans le monde qu'il a quitté pour le créer. Nous avons donc expliqué que la création est un acte de découpage entre le Créateur et la création, comme un tinok en hébreu: un bébé, ce sont les mêmes lettres que le mot nitouk, c'est-à-dire une coupure. Et lorsque Dieu, entre guillemets, se coupe de la création, cette création est en train de mourir. Donc Dieu doit revenir vers cette création pour lui donner la vie, de la même manière qu'une maman revient vers son fils, sa fille, qui vient de naître, pour lui redonner la vie, continuer à lui donner la vie, comme c'était le cas à l'intérieur du ventre.
Donc, tant que nous étions, entre guillemets, en Dieu, nous vivions de Son être. Dès que nous sommes sortis, bara, l'expression du mot bara veut dire « barre ». Barre, c'est dehors, en dehors d'Eux. Donc nous ne pouvons plus vivre de Son être. Pour que nous puissions vivre de Son être, Il revient dans ce monde. L'éternité revient dans ce monde. En hébreu, techouva. Donc Dieu fait techouva. Dieu fait son retour dans le monde.
Et ce retour de Dieu dans le monde utilise quelques canaux bien connus. La terre d'Israël: Il revient par cette terre spécialement. Le peuple d'Israël: Il revient par ce peuple spécialement. Et le temps d'Israël, tous les temps d'Israël, y compris le Chabbat, qui est la base de tous ces temps. Dieu revient donc par le Chabbat dans ce monde, il revient par le biais de ce peuple d'Israël dans ce monde, et il revient par la terre d'Israël dans ce monde.
Donc les points de contact, de rencontre entre le divin et ce monde, ce sont ces trois degrés: dans l'expression de nos sages et de la Hassidout, c'est-à-dire un temps, un espace et un homme, bien choisis. Et lorsque ce retour se fait, nous parlons de la délivrance de Dieu. C'est-à-dire que Dieu, entre guillemets, a touché le but même de Sa création.
À chaque fois, nous parlons de notre délivrance, mais nous disons à chaque fois ta délivrance. On le dit tous les jours dans l'Amida, mais on ne fait pas attention à ce qu'on dit. On a l'impression que nous voulons notre délivrance, mais en réalité c'est la Sienne. Donc la délivrance divine, c'est le retour du divin sur terre. C'est ça la délivrance de Dieu, c'est ça la force qui est de la réalisation. Lorsque Dieu se réalise à travers ces trois degrés, notamment le peuple d'Israël...
Alors, nous étions arrivés à 1, 2, 3, 4, la quatrième, le petit paragraphe, c'est-à-dire en notre temps. Et là, nous avons dit qu'il y a un grand secret.
Lorsque nous sommes dans notre temps, la lumière de la Gueoula, Zorea'h, éclaire, rayonne, comme un soleil qui rayonne, mais cela se fait d'une manière cachée, au niveau, pour l'instant, de l'âme de la génération. Autrement dit, il y a un soleil qui se lève déjà, mais on ne le voit pas, car il est un soleil caché. Un soleil qui est à l'intérieur même de l'âme du peuple d'Israël.
Autrement dit, pour voir ce soleil, il faut pénétrer à l'intérieur de l'âme du peuple de cette génération. Sans étudier la partie secrète de la Torah, qui correspond à l'étude de l'âme du peuple d'Israël de cette génération, on ne peut pas se connecter avec cette génération. On ne comprend pas la génération avec laquelle nous avons affaire. Nous n'avons pas de lien avec cette génération.
Et donc on ne peut pas comprendre le secret de l'âme de cette génération. Il n'y a donc pas non plus de compréhension du processus de délivrance divine et humaine, bien entendu.
Comment savons-nous que c'est tellement caché ? Tout simplement parce que c'est un moteur qui fait bouger des centaines de milliers de Juifs, de toutes les parties de la terre, de toutes les extrémités, pour revenir saisir leur terre. Cela veut dire que le peuple d'Israël reçoit de ce rayon caché un élan, un ordre intérieur qui lui dit: Va-t'en. Va vers toi. Reviens à toi. Fais en sorte que Dieu revienne dans ce monde. C'est ça, le Lekh Lekha. Laisse Dieu passer, laisse-Le descendre dans ce monde. Donc ne reste pas là où tu es, à l'extrémité de la terre, reviens à ta terre, reviens à l'endroit qui correspond à ta néchama. Là-bas, tu pourras comprendre ce que tu ressens pour l'instant.
C'est-à-dire qu'en exil, nous entendons les choses, et en Erets Israël, nous les voyons. C'est pour ça que la Guemara, quand elle veut ouvrir un langage, dit: Ta Chema, viens et écoute. Alors, lorsque nous sommes en Erets Israël, le Zohar, qui est la Torah d'Erets Israël, dit: Ta Ch'azé, viens et vois. C'est-à-dire que nous montons de niveau: nous sommes au niveau de la vision, qui est une fenêtre de la néchama.
Donc, lorsque l'homme prend conscience de ce degré-là, il touche l'intériorité, et donc il voit ce grand soleil, il vit ce grand soleil dont nous avons parlé tout à l'heure. Cela veut dire que la Gueoula commence par le dedans. Elle ne commence pas par le dehors.
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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