Le mérite et la faute : comment Hachem juge l'homme
Le principe de l'évaluation des mérites et des fautes, et pourquoi être benoni vaut mieux qu'être tsadik.
Rav Oury Cherki
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom tout le monde. Nous en sommes donc dans Hilkhot Techouva, ce qui concerne tout à fait le jour de Kippour, puisqu'à Kippour on fait techouva. Nous en sommes au chapitre guimel, dans la halakha: lorsqu'on soupèse, lorsqu'on évalue les péchés d'un homme avec ses mérites.
On ne tiendra pas compte de la première faute qu'il a faite, ni de la deuxième. On commence à partir du troisième. Si on a trouvé que les péchés qu'il a faits à partir du troisième …
Alors les deux premiers s'associent, on le juge pour tout, y compris pour les deux premiers, vous voyez ? De plusieurs péchés. Mais s'il a des mérites équivalents au nombre des péchés qu'il a faits à partir du troisième…
Ma'avirim kol avonotav rishon rishon: on fait disparaître tous ces péchés l'un après l'autre. Pourquoi ? Ha'shelishi nei'harev rishon, parce que le troisième est considéré comme premier. Shekhar nimhelou ha'shenayim, puisque les deux premiers ont été pardonnés. Ve'hanirevi ariu rishon, et le quatrième devient premier. Shekhar nimhal ha'shelishi, parce que le troisième a déjà été pardonné. Ve'hakhen sofam, et ainsi jusqu'à la fin.
C'est pour ça qu'on dit dans les prières Ma'avir rishon rishon, qui fait passer l'un après l'autre. Oui ?
— Est-ce que ça veut dire que le péché est annulé ?
Non, ça ne veut pas dire que le péché est annulé. Ça veut dire que la personne dans son ensemble est jugée pour le bien plutôt que pour le mal.
Non, non, non, ce sont deux choses différentes. Il y a des péchés: il a mangé un chewing-gum sans faire la bérakha, et il a fait chiloul Hachem, d'accord ? Maintenant, le problème, c'est qu'on ne sait pas comment on évalue, qu'est-ce que chaque mitsva vaut et chaque avéra vaut, selon la personne. C'est pour ça que le Rambam nous a dit plus haut qu'il n'y a que Dieu qui sait comment ça se passe. Mais ce que nous savons, c'est qu'il y a un moyen de s'en sortir. S'il y a équilibre entre les péchés et les démérites, et ce n'est pas que l'un annule l'autre, mais il ne sera pas jugé pour telle chose. D'accord ?
— Pourquoi faire la différence ?
C'est très simple. On peut dire que tant que j'en suis aux deux premiers, je suis encore un peu inconscient. Donc les deux premiers ne sont pas jugés, c'est-à-dire qu'ils ne sont pas pardonnés, on n'est pas jugé. Donc à chaque fois…
Ce qui fait qu'en fait, il y a un avantage à être ce qu'on appelle benoni, à avoir un équilibre entre les péchés et les mérites. Par contre, imaginez quelqu'un qui est un grand tsadik. Il n'a pas de péchés, il étouffe de mitsvot qu'il fait, il en a plein. Alors, que nous dit la Guemara ? Que Dieu juge ceux qui sont proches de lui, même pour l'épaisseur d'un cheveu.
Par exemple, Moshé Rabbénou. Vous connaissez ? Bon, son histoire avec le bâton: il a fait une gaffe, ça y est, il est puni. Et donc, du point de vue de l'intérêt, qu'est-ce qu'il vaut mieux être ? Benoni ou tsadik ? Ben évidemment, c'est plus intéressant d'être benoni que d'être tsadik.
— Si un tsadik voit qu'il arrive des malheurs, ça ne peut pas troubler sur le fait qu'il est tsadik vraiment ?
Est-ce que c'est pour troubler, pour savoir si on doit choisir la voie du bien ou du mal ? Ce n'est pas ça, ma question. Ma question est de savoir qu'est-ce qu'il vaut mieux être. Est-ce qu'il vaut mieux être benoni ou tsadik ? D'après ce qu'on vient de voir, être tsadik est problématique, tandis qu'être benoni, c'est vachement avantageux, puisqu'on peut annuler comme ça toutes les mitsvot, toutes les avérot, les unes après les autres.
— Les benonim ne sont pas… Ils ne sont pas autour, et alors ?
Oui, mais en tout cas, du point de vue du jugement, ils s'en sortent pas mal. D'accord ?
— Peut-être, mais en tout cas…
Peut-être, je n'en sais rien. À moins qu'on considère que la plupart des gens sont dafka, considérés comme des benonim, puisque le Rambam dit que nous ne savons pas le secret: comment les mérites se comparent aux démérites.
Le tsadik, il est jugé plus sévèrement que les benonim. Évidemment. Donc l'intérêt est plus d'être benoni que tsadik.
— Et s'il fait le même sujet, mais que d'un côté, c'est un tsadik qui a fait beaucoup d'une chose énorme ?
Oui, mais il sera jugé pour sa gaffe. D'accord, mais d'un point de vue…
Ça veut dire qu'il y a ici un idéal. C'est-à-dire que les tsadikim sont des tsadikim non pas parce que ça vaut la peine, non pas parce que c'est avantageux, mais parce que c'est un idéal. D'accord ? La question maintenant que je veux poser là-dessus: est-ce qu'il y a un intérêt à être idéaliste ? La réponse est qu'un idéaliste ne se pose pas ce genre de question. C'est-à-dire qu'il y a ici, si vous voulez, un divorce total entre celui qui est mû par l'intérêt et celui qui est mû par l'idéal. L'idéaliste s'en fiche pas mal de savoir s'il va y gagner quelque chose à être idéaliste ou pas. Exactement. Donc la question de savoir si ça valait la peine ne se pose pas pour le tsadik. Vous avez compris ?
— Oui. Pourquoi ?
Ah, mais du point de vue d'HaKadosh Baroukh Hou…
— Ah, dans ce cas-là, oui…
Mais peut-être que c'est justement une justice: être jugé pour ses moindres incartades. C'est-à-dire que le fait que, si je suis benoni, je ne suis pas jugé sévèrement, peut-être que c'est méprisable. D'accord ? C'est-à-dire que ça vaut mieux, il vaut mieux être jugé par le Créateur lui-même que dépendre du bon vouloir de la nature, par exemple.
— C'est un peu mignon, d'être jugé ?
Ouais, bien sûr, c'est ça. Bon, de toute façon, ce que tu fais n'est pas tellement important, fais ce que tu veux, on s'en fiche pas mal. Ouais, d'accord.
Regardez ceci. Quand est-ce que c'est vrai, tout ça ? Pour l'individu.
On attend jusqu'à… on fait passer les trois premiers, pas les deux premiers, mais les trois premiers. Che-nehemar, ainsi qu'il est dit: Al She'hocha pish'ei Yisraël, veLo ba'a lo ha'shi venu. À cause des trois péchés d'Israël, quand arrive le quatrième, je ne l'accepte plus. C'est-à-dire que, pour la communauté, trois péchés sont autorisés, on peut dire, entre guillemets, qu'ils ne sont pas pris en compte. C'est à partir du quatrième seulement que la communauté sera jugée.
Pourquoi ? Parce que la communauté est quelque chose de plus important que l'individu. Et quand on fait le calcul de la manière citée plus haut, on le fait à partir du quatrième. Jusque-là, vous suivez, n'est-ce pas ?
— Il y a une question ?
Qu'est-ce que vous voudriez qu'il y ait ? Cinq ? C'est plus facile ! Disons que si un individu a déjà fait trois péchés, on commence le compte. Tandis que si la communauté n'en a fait que trois, on ne lui compte …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Oury Cherki
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