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Les tsadikim ressuscités appelés kadosh : le sens du mot

Kadosh désigne ce qui existe de façon forte et permanente, et le débat entre Rambam et Rahavad sur le corps après la résurrection.

51 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Apprenons donc des morts qu'a ressuscité yehezkiel, 53 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom tout le monde. Nous continuons donc notre étude dans le Pérek Hélek. Nous sommes à la page Tsadik Bet, Amouda Lef, en bas, la toute dernière ligne, deux lignes avant la fin: Tana Devei Eliyahou. On a enseigné dans la maison d'étude, dans le Beit Hamikdash de Eliyahou. Ça veut dire quoi ? Beit Eliyahou, la maison d'Eliyahou HaNavi, est venue participer

au débat des hachamim. En fait, il y a une interprétation du Maharal de Prague selon laquelle, quand on dit Tana Devei Eliyahou, cela veut dire que les hachamim étaient en train d'étudier ensemble, qu'ils discutaient, et que pendant le cours de la discussion, il est évident pour tout le monde que telle ou telle chose a été dite, mais on n'arrive pas à désigner la personne qui l'a dite. Ça, on l'appelle Tana Devei Eliyahou. C'est un peu comme si l'esprit

Donc, c'est ça, le Beit Hamikdash. Maintenant, on voit souvent qu'Eliyahou HaNavi dit des choses fondamentales. C'est-à-dire qu'il ne s'adresse pas, en général, à tel ou tel détail de la halakha; il s'occupe des choses fondamentales. Là aussi, nous avons ça: Tsadikim sh'amtana deviliyau, tsadikim sh'ati lakadosh okhou l'akhayotan, les justes que Dieu ressuscitera. Enam chozrim le afaran, ils ne reviennent pas à la poussière. Shenehemar, ainsi qu'il est dit: Ve'ayah anish'ar be'tzion, ve'anotar birouchalayim kadosh ya'amerlo. Celui qui restera à Tsion, le résidu de Jérusalem,

on l'appellera saint. Kol HaKatouv le Chaim, Birushalayim. Tous ceux qui sont inscrits pour la vie sont à Jérusalem. Donc, on voit que les ressuscités sont appelés kadosh. Alors, c'est quoi, kadosh ? La Guemara nous dit: Ma kadosh le olam kayam, de même que le Saint existe pour toujours, afhem le olam kayamim, eux aussi. Les tsadikim existent pour l'éternel.

Ça veut dire que les tsadikim sont appelés kadosh, et là, nous avons une définition intéressante du mot kadosh. Vous savez qu'il y a beaucoup d'interprétations du mot kadosh. L'interprétation que nous avons ici, par la Guemara, c'est ce qui a une existence forte et permanente, c'est-à-dire ce qui est réel, ce qui est véritablement existant, ce qui est véritablement étant.

C'est ça qu'on appelle kadosh. Et donc, plus une chose a d'existence forte, de puissance d'être, plus elle est sainte. D'accord ? On peut parfois se tromper là-dessus. Parfois on se dit: on dit qu'il y a des choses qui sont saintes, mais il faut être réaliste. Eh bien, selon la Guemara, c'est plutôt le contraire. Ce qui est saint, c'est le véritable être.

Et il y a ce qui est, disons, contingent, ce qui est périphérique. C'est ça qu'on appelle kadosh. Maintenant, ce qu'il dit là est intéressant: Enam prozrim le afaran, les corps ne reviennent pas à la poussière. Alors, où vont les corps, après la résurrection des morts ? Vous avez compris ma question, ou vous êtes en l'air aujourd'hui ? Non ? Je reprends. Ce que dit le Tana Devei Eliyahou, c'est qu'après la résurrection des morts, les corps ne reviennent pas à la poussière. Mais alors, où vont-ils ?

— Ils restent.

— Quoi ? Mais qu'est-ce qu'ils vont devenir, les corps ? Rien ?

— Comment ça ? Ils vont exister ou pas ?

— Ils vont exister.

— Non ? Et alors ? Donc ils ne reviennent pas à la poussière. Où vont-ils ? Ils restent sur terre. Donc ils vont rester. Donc ils vont vivre. C'est le contraire de ce que tu as dit. Alors il faut décider: soit ils restent, soit ils ne restent pas. Il y a tout un débat là-dessus.

Pourquoi je vous parle de ça ? Parce qu'il y a tout un débat, un peu violent, entre le Rambam et le Raavad. Le Rambam, Rabbi Moshe ben Maïmon, et le Raavad. C'est qui, le Raavad ?

— Rabbi, très bien.

— C'est Rabbi ? Allez, et si on devait passer à la suite ? Le Aleph ?

— Hachem, ça pourrait être, mais ce n'est pas ça.

— Avraham, très bien, très bon. Beit, c'est quoi ?

— Beit, voilà. Donc vous avez déjà fait une très grande partie du taï. Et Dalet ?

— David, voilà. Rabbi Avraham ben David. Génial, vous avez trouvé tout de suite. Vous êtes très doués. Donc le Raavad, Rabbi Avraham ben David, c'est l'opposant permanent du Rambam. Il a des notes sur le Mishné Torah dans lesquelles il dit où il n'est pas d'accord. D'accord ? Vous avez donc ce qu'on appelle les Hassagot, les objections du Raavad. Vous avez le Rambam et le Raavad. Maintenant, ça rentre dans un sujet extrêmement problématique.

D'après le Rambam, le Olam Aba, hein, j'entends bien le Olam Aba, je dis Pirqei Avot. Le Olam Aba, c'est un monde où il n'y a que l'âme et il n'y a pas de corps, n'est-ce pas ? Et le Raavad, quand il a lu ça, ça l'a mis en colère. Il a dit: ce que dit cet homme-là, en parlant du Rambam, ressemble aux paroles de ceux qui disent

qu'il n'y a pas de résurrection pour les corps, mais uniquement pour l'âme.

— Pourquoi il dit que ça ne fait que ressembler, que ce n'est pas exactement la même chose ?

— Exactement. Le Rambam fait une distinction entre Triat Hamétim et Tehiat Hamétim, et entre Olam et Olam Aba. Pour le Rambam, il y a une résurrection des morts; les corps revivront un jour, mais pas éternellement. Viendra un jour où, après que les tsadikim auront ressuscité, ils vivront longtemps et agréablement,

mais ils mourront un jour pour accéder au Olam Aba, qui lui est sans corps. Pour le Rambam, la résurrection des morts est un événement passager, long, mais passager. Ce qui est vraiment important pour le Rambam, c'est le Olam Aba, dans lequel il n'y a pas de corps, il n'y a que des âmes.

— Alors à quoi ça sert ?

— Très bonne question. C'est la raison pour laquelle certains ont soupçonné le Rambam de ne pas croire en la résurrection des morts. C'est certainement très faux. Le Rambam s'en est expliqué de manière très précise dans son épître sur la résurrection des morts, Iguéret Tehiyat HaMétim. Mais effectivement, la question se pose: à quoi ça sert, la résurrection des morts, puisque de toute façon il faut se débarrasser du corps ? N'est-ce pas ?

Le Rambam, dans son texte sur la Tehiyat Hamétim, qui est un long texte, une vingtaine de pages, il parle de ça, mais il n'explique pas une seule fois pourquoi il y a la résurrection des morts. Bizarre, quand même. Alors, si c'est vrai, toutes les spéculations sont possibles. L'interprétation que moi je donne est la suivante: il y a des tsadikim qui ont eu une vie malheureuse. Donc ils n'ont pas eu leur part du Olam Hazé. Il y a donc une frustration liée à leur être, et il faut les débarrasser de cette frustration. On leur donne donc le Olam Hazé, un Olam Hazé convenable.

Cours de la chaîne YouTube du Rav Oury Cherki

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