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La vitesse de la Gueoula selon Rabbi Yehoshua ben Levi

Hâter ou attendre la délivrance : le débat du Talmud sur Isaïe 60 et le mérite des générations.

51 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Le coq et la chauve souris, 52 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom tout le monde. Puisque c'est comme ça, je vous propose de passer à la page Tsadikat HaMoud Aleph. Dans la page que nous avons vue la dernière fois, il était question des signes de la Gueoula. Et là, je vous demande de passer vers le bas de la page.

Rabbi Yehoshua, si vous prenez les lignes larges, vous comptez la septième ligne large, à la fin de cette septième ligne.

Non, ce que tu as, si tu prends à ta droite, il y a une ligne intermédiaire, moyenne, et il y a des lignes larges, n'est-ce pas ? Donc il faut compter sept à partir du haut, et on tombe sur Rabbi Yehoshua, n'est-ce pas ? Tsadikat, comment ? Oui, Tsadikat HaMoud Aleph. Tsadikat HaMoud Aleph. Et vous prenez la septième ligne large.

Vous avez en fait trois sortes de lignes: des lignes étroites, une seule moyenne, et sept larges. Vous prenez la septième large. À la fin de la ligne, il y a écrit Rabi Yehoshua. C'est tout simple, n'est-ce pas ? Vous prenez donc les lignes larges, vous comptez sept lignes, et à la fin de la ligne, vous tombez sur Rabi Yehoshua. Voilà.

Rabi Yehoshua ben Levi mettait en opposition deux textes. Il est écrit: Bé'ita (en son temps), et il est écrit: Ahishena (je l'accélérerai). De quoi s'agit-il ? C'est dans le livre d'Isaïe, chapitre 60. Il est dit: Hakaton yihyé le'elef, « le petit deviendra mille », vehatsa'ir le-goy atsum, « le plus jeune deviendra une grande nation puissante », Ani Hachem, « je suis l'Éternel », Bé'ita ahishena, « en son temps, je l'accélérerai ».

L'expression elle-même est paradoxale. Soit c'est en son temps, soit c'est j'accélérerai, je hâterai. C'est-à-dire: soit la Gueoula vient vite, soit elle vient en son temps. Soit elle est fixée pour un moment précis de l'histoire, quels que soient nos mérites, soit elle est avancée en fonction de nos actes.

Alors, le Talmud explique. C'est ce que dit Rabbi Yehoshua ben Levi: Zachou ahichena, lo zachou be'ita. S'ils ont mérité, cela avancera vite; s'ils n'ont pas mérité, ce sera en son temps.

Cela ressemble un peu à l'opinion de Rabbi Yehoshua qu'on avait vue, qui était que la Gueoula ne dépendait pas, en dernier recours, de la techouva. Mais il y a un temps. Pourquoi y a-t-il un temps ? Une date, ce n'est pas de la magie.

Il y a une certaine épaisseur de temps qui fait qu'il y a un mérite d'être. C'est-à-dire que le temps nous produit indépendamment de notre volonté. À notre insu, nous sommes transformés par le temps. Et donc vient un moment de l'histoire où le temps est achevé, et c'est alors le moment d'être libéré. Jusque-là, vous avez suivi ? Bon.

En fait, je me suis trompé: ce n'est pas Rabbi Yehoshua, c'est Rabbi Alexandri au nom de Rabbi Yehoshua ben Levi. J'aurais dû le dire trois mots plus tôt. Bon. Suite: Amar Rabbi Alexandri.

Ce qui veut dire, d'ailleurs, que d'une certaine manière, la marche de l'histoire dans son ensemble ne dépend pas du libre arbitre de l'homme. Il y a une marche générale de l'histoire, et ce qu'on appelle le libre arbitre concerne essentiellement l'individu.

Dans ce cas-là, pourquoi se fatiguer à faire avancer les choses ? Eh bien, pour que ça aille plus vite. Quand les choses vont plus vite, elles vont également avec moins de douleur. Si on ne fait pas assez vite, ça prend du temps, et c'est douloureux. C'est la raison pour laquelle il faut faire avancer les choses. Mais le cours général des choses est inexorable.

Je continue le texte: Amar Rabbi Alexandri, Rabbi Yehoshua ramé. Rabbi Alexandri nous dit que Rabbi Yehoshua ben Levi mettait en opposition deux autres textes. Lesquels ? Il est écrit...

C'est dans Daniel. Le Machiah est décrit d'une part comme un personnage lumineux, mystique, très grand, qui vient avec les nuées du ciel. D'autre part, on le décrit comme un pauvre marchand, chevauchant un âne. C'est quelqu'un qui travaille dur, vous voyez. Ani verochev al-hamor.

Où en sommes-nous ? Bon, on est à un certain moment de la Gueoula, c'est avancé. Où est-ce qu'on est dans la Guemara ? D'accord, on est à la page Tsadikat HaMoud Aleph. Oui, évidemment. D'ailleurs, je crois l'avoir dit suffisamment. Est-ce que tu n'as pas le texte ? C'est fort fâcheux. Est-ce que je peux t'aider en aucune façon ? Passe-moi tes feuilles, peut-être que je les trouverai. Tu n'as pas Tsadikat HaMoud Aleph ? C'est... c'est un drame. C'est bien, parce que la dernière fois, on avait étudié un texte de là-bas.

Alors, que faire ? Je reprends ici: Amar Rabbi Alexandri, Rabbi Yehoshua ben Levi ramé. Rabbi Yehoshua ben Levi mettait en opposition deux textes. Il est écrit: Vehinéh im anané hachamayim ke-var enach ba (voici qu'avec les nuées célestes arrive comme un homme). Et il est écrit: Ani verochev al-hamor: c'est un pauvre enfourchant un âne, dans Zacharie, chapitre 9.

Si ils ont mérité, il m'a dit, cela se fera avec les nuées du ciel. Si ils n'ont pas mérité, ani verochev al-hamor, un pauvre enfourchant un âne. Ça veut dire quoi, ça, avec les nuées du ciel ?

Il y a une lecture courante chez certains religieux, qui est erronée: si le Machiah vient avec les nuées du ciel, cela veut dire qu'il vient de façon miraculeuse, et en chevauchant un âne, cela veut dire par des voies naturelles. Selon cette lecture, il est donc préférable qu'il y ait un miracle plutôt qu'il n'y en ait pas. Oui ? J'en suis pour l'instant à l'analyse de la lecture en usage chez certains religieux.

Cette lecture dit que la Gueoula, c'est-à-dire la libération par des nuées du ciel, signifie le miracle, et que sur un âne, cela veut dire par la nature. Donc, du point de vue de cette lecture, il y a une préférence pour le miracle plutôt que pour la nature. D'accord ? Ça, c'est, disons, la lecture de certains religieux. En fait, la Guemara ne dit rien de cela.

Elle dit qu'il y a deux manières d'amener le Machiah: soit de manière splendide, soit de manière médiocre. Mais la Guemara ne dit pas, en fait, si c'est miraculeux ou non. Nous savons par les prophètes qu'il est préférable qu'il y ait une Gueoula naturelle plutôt que miraculeuse. Par exemple, c'est dans le livre d'Isaïe, Yeshayahou, où il est dit:

« Vous ne sortirez pas avec précipitation, vous n'irez pas en vous enfuyant, car l'Éternel marche devant vous, le Dieu d'Israël est votre rassembleur. » Donc on voit que, d'après le prophète, le fait qu'un processus se passe sans précipitation, or ce qui se passe sans précipitation, c'est la nature, est préférable à un processus précipité, tel que celui que nous avons connu lors de la sortie d'Égypte, où il est dit que nous sommes sortis en précipitation.

Oui, qu'est-ce qu'il y a ? Voilà. Le terme hippazon, précipitation, apparaît trois fois en tout et pour tout dans la Bible: deux fois pour la sortie d'Égypte. …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Oury Cherki

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