Le retour de la prophétie et la Torah du Père
Pourquoi la Torah de son père précède celle de son maître, et ce que la Kabbale apporte à la génération messianique.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Qui est le rav Yoel Benharrouche ?, 51 min
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Nous sommes dans une semaine très importante, une semaine où nous allons marquer la journée de Lag BaOmer, avec l'importance de Rabbi Shimon Bar Yochai dans notre processus de délivrance, qui n'est autre que le processus du retour de la prophétie dans notre monde.
À savoir, plus précisément, le contact renouvelé entre Akadosh Baruch Hu et sa propre création. Ce contact renouvelé est très important, et nous allons essayer de le développer. Nous avons encore trois minutes, c'est ça ? Mais les élèves vous attendent. On peut commencer alors ? Vous pouvez y aller.
Ça rajoute deux minutes au cours, et je pense que c'est... Allez. Il faut savoir que ce que je viens de vous dire est en fait une mitsva inscrite dans le livre de Devarim, que nous laisse Moshé Rabbeinu, au chapitre 32.
Et c'est ce que mon cher Abénou nous dit: il faut que tu te souviennes des jours de l'histoire en ayant de la bina, du discernement. Autrement dit, il faut que tu saches discerner entre les différentes années et les différentes dorot. C'est-à-dire que chaque génération a une spécificité, et c'est la bina qui va nous donner la capacité de savoir comment intervenir pendant la génération dans laquelle nous sommes.
Vous savez que la Kabbale a eu un développement, comme un enfant qui s'est développé pendant des milliers d'années, et aujourd'hui le monde est mature. Le monde est déjà âgé. Je vais utiliser une phrase pour contrer ceux qui pensent que la Kabbale doit être étudiée à partir de 40 ans: le monde dans lequel nous sommes est bien plus vieux que 40 ans. Et donc la génération est capable d'appréhender ces paroles du Zohar HaKadosh, notamment.
Et donc le verset nous dit: il faut que tu saches demander à ton père avant de demander à tes maîtres. Il y a ici deux Torot, la Torah du Père et la Torah du Maître. Un cours très connu du Rav Ashkenazi Manitou, Alava Shalom, dit que la Torah du Père précède en fait la Torah du Maître. Donc, d'abord il faut que tu demandes à ton père. La Torah du Père, c'est la Torah naturelle, la Torah de la vie, l'arbre de la vie. Et après, une fois que tu as goûté de l'arbre de la vie en ayant demandé à ton père, là tu peux t'affairer à demander aux zekenim, c'est-à-dire à ceux qui ont déjà la sagesse, aux rabbanim. Le Rav ne passe donc qu'en deuxième position.
Il y a d'abord la Torah de ton père, avant la Torah de ton maître. Et c'est pourquoi nous avons un traité entier dans la Mishna qui s'appelle Massekhet Avot, le traité de nos pères. Qu'est-ce que cette Maseret Avot ? Qui dit père dit existence de fils, d'engendrement. Donc, à chaque fois que je parle d'un papa, ça veut dire qu'il a des enfants. Les Hakhamim nous disent que si ce traité s'appelle Avot, cela veut dire tout simplement que toutes les autres Maseretot, par rapport à lui, ne sont que des enfants.
Et tant que tu n'as pas étudié Massekhet Avot, c'est-à-dire la Torah de ton papa, tu ne peux pas réellement accéder à la Torah de ton Rav. Référence à l'arbre de la vie: ça, c'est la Torah de papa. Et l'arbre de la connaissance du bien et du mal: ça, c'est la Torah du Rav. Nous avons vu que la première faute a déjà été de placer la Torah du maître avant la Torah du Père. Et là, nous sommes dans une correction, celle de remettre en place la Torah du Père avant la Torah du Maître. Tout simplement parce qu'il faut d'abord vivre, avoir une éthique de vie, une morale de vie, avant d'introduire des notions de Torah.
Et donc la Torah du Père, c'est ce que nous étudions entre Pessa'h et Chavouot: Massekhet Avot. Tous les Pirkei Avot, qui sont en réalité des chapitres de nos pères, des articulations de nos pères, nous permettent en réalité de retrouver, après la Torah du Maître, c'est-à-dire le don de la Torah à Chavouot. Nous sommes donc ici dans une correction où la Torah du Père précède la Torah du Maître: on lit Pirkei Avot, qui précède la période où nous allons recevoir la Torah à Chavouot. Et il faut donc revenir à notre identité première.
Notre identité première, c'est la prophétie. La prophétie induit que nous sommes en contact direct, permanent, avec la volonté divine, qui est nécessaire et qui représente le rétablissement, la réconciliation entre le Créateur du monde et sa propre création. En effet, la création du monde est un petit peu turbulente: il y a une coupure entre le Créateur et la création. Et cette coupure, qui est comme une naissance où l'on coupe le cordon ombilical entre le Créateur et sa propre création, eh bien, pour que le bébé puisse vivre, il faut que la maman revienne vers le bébé qui vient de sortir, qui a été séparé d'elle.
Sans le retour de la maman vers le bébé, ce bébé va mourir. Et donc, de la même manière qu'Akadosh Baruch Hu a « accouché » de ce monde, sans le retour du Créateur, la grande maman, vers son bébé qui est la création, toute cette création est vouée à l'échec. Elle va mourir. Le retour de Dieu vers son bébé, vers son monde, c'est le retour de la maman vers son bébé.
Ce retour se fait par le retour de la vie. Mais pour recevoir cette vie, il faut qu'il y ait dans ce monde des hommes qui ont la perception, la capacité de percevoir, de recevoir, de capter les missions divines. Ces hommes, ces femmes, on les appelle des prophètes. Donc la prophétie est inhérente au peuple d'Israël, puisque ce peuple, je vous le rappelle, a été créé justement pour dévoiler les valeurs de l'infini dans le fini. Sans l'existence d'Israël en tant que prophète de l'humanité, le monde ne peut pas exister. Il est voué à sa destruction.
De là, vous comprenez pourquoi le jour du don de la Torah, si Israël refuse la réception de cette Torah, le monde revient au tohu. Tout simplement parce que le monde ne peut pas exister. Donc ce but-là, revenir à la prophétie, induit une étude très profonde de la Torah. La prophétie induit une étude approfondie qui touche aux secrets mêmes de ce que le Créateur a à nous dire, et non pas seulement la manière de faire les choses comme un rituel, comme une religion.
Et donc le Créateur nous offre, en plus de l'histoire de la Torah, qui n'est qu'un vêtement, et selon Rabbi Hayim Vital, ce n'est qu'une servante par rapport à la maîtresse de maison, qu'est la Kabbale. La Kabbale va être la maîtresse de maison; tout le reste de l'étude va être comme la servante de cette maîtresse. Ce sont des mots difficiles, mais que Rabbi Hayim Vital utilise pour nous faire comprendre. Donc pour lui, la Mishna est une Shifra, alors que la Kabbale est une Guevira. La Guevira, c'est la maîtresse de maison.
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