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Le vidouï et la triple confession : Hatati, Aviti, Pachati

Pourquoi le Rambam exige de dire les trois termes, et comment le vidouï se rattache à la techouva morale.

56 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Pourquoi fête-t-on Hanouka, et pas la fiole d'huile, 52 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Salam tout le monde. Nous sommes les mêmes que ce matin, d'accord ? Mais nous avons commencé. Évidemment, tout va mal, puisqu'il était question que vous ayez les textes. Il y en a qui en ont, il y en a qui ne les ont pas. Mais est allé chercher les feuilles, ce qui est un avantage.

Donc une partie d'entre vous ont les textes, d'autres ne les ont pas. Je vais vous citer de mémoire, parce que j'ai une mémoire d'éléphant. Le texte, c'est après l'histoire du vidouï, le Rambam dit: « Keytsad ouvé vidouï, omer… » Comment est le vidouï ? On dit Ana Hachem, de grâce.

C'est une forme de demande. Alors, qu'est-ce que je vois au fond ? Ça veut dire quoi ? Ça veut dire: j'ai péché. Il y a ici quelque chose d'extraordinaire, c'est que le texte arrive. Je sais que je n'en ai pas besoin, mais c'est quand même pour la forme. Il y a hatati, Hachem. Hatati veut dire: j'ai péché. Aviti veut dire… j'ai péché, non ? Et pachati veut dire: j'ai péché. C'est-à-dire qu'on doit dire: j'ai péché, j'ai péché, j'ai péché. Ah, c'est donc qu'il y a une différence. En hébreu, il y a une différence capitale entre les trois termes.

Hatati signifie: j'ai fait un péché par inadvertance, sans intention. Aviti, c'est ce qu'on appelle bemezid, intentionnellement. Et pachati, c'est par un esprit de révolte. C'est un péché que je fais parce que je me révolte contre celui qui m'a donné la mitsva. Et j'ai fait ainsi et ainsi.

Quelle est la question immédiate qui se pose quand nous lisons ce texte ? Pourquoi dire les trois à la fois ? Si le péché était d'un ordre de l'inadvertance, involontaire, alors on devrait dire seulement hatati. Si le péché était prémédité, on devrait dire seulement aviti. Et si c'était par un esprit de révolte, on devrait dire seulement pachati. Et pourtant le Rambam nous dit qu'il faut dire les trois. Vous comprenez la difficulté ? Oui, oui.

Les treize attributs de miséricorde n'ont rien à voir avec le vidouï, d'accord ? On les dit dans les Slihot, mais dire les treize attributs, c'est une chose, et faire le vidouï en est une autre. C'est clair, ou pas ? D'accord. Donc, c'est une fois qu'on a fait le vidouï, qu'on a fait la techouva, qu'on invoque alors la miséricorde de l'Éternel. Mais ce n'est pas ça dont parle le Rambam ici.

Or, nous avons un grand principe, ça c'est le principe numéro 2. Le principe numéro 1, on l'a vu ce matin: pour savoir ce que dit la Torah, il faut lire la Torah. Maintenant, deuxième principe très important: quand nous étudions un thème, nous n'étudions pas l'autre. D'accord ? Donc c'est par entêtement que, quand on me pose une question qui n'a rien à voir avec le texte, je ne réponds pas. Voilà. C'est un grand principe, c'est une sorte d'étroitesse d'esprit, mais enfin c'est comme ça.

Bon, la question à laquelle je reviens: pourquoi est-ce qu'on doit dire à la fois hatati, aviti et pachati ? Ça devrait dépendre de la forme de la faute. Avez-vous compris la question ? La question est claire, ou pas ? Oui, tu veux dire quelque chose ?

— Oui, mais justement, j'ai fait un péché et c'était par exemple un avon, donc je devrais dire seulement aviti.

— Pourquoi est-ce que je dois dire « hatati aviti pachati » si ce n'était pas le cas ? Ici, ce n'est pas une prière, c'est un vidouï. Dans le vidouï qu'on ajoute après la tefila, oui, mais là, ce n'est pas de ça dont parle le Rambam. Le Rambam parle ici d'un péché personnel. Quelqu'un a fait un péché, il doit faire le vidouï. Il fait techouva, il fait le vidouï. Maintenant, le Rambam dit qu'il doit dire « hatati aviti pachati ». Ce qui serait faux si c'était soit hatati, soit aviti, soit pachati. La question donc reste claire.

Mais alors la réponse ? La réponse est lumineuse. C'est que dans toute forme de péché, il y a les trois. Par exemple, quand je fais un péché involontaire, c'est une sorte de négligence. Donc la négligence est déjà plus coupable. C'est-à-dire que dans toute négligence, il y a un peu du avon, de aviti. Hatati veut dire j'ai péché, aviti veut dire j'ai péché, et pachati veut dire j'ai péché. Mais avec une différence: dans le premier cas, hatati, il s'agit d'un péché involontaire; dans le deuxième, c'est un péché volontaire; et dans le troisième, un péché par révolte. D'accord ?

Maintenant, la question c'était: pourquoi dire les trois si on n'a fait qu'un des trois ? Oui, qu'est-ce qu'il y a encore ? On dit quoi ? Tahiti ? Oui, mais ce n'est pas dans le moussar.

Bon, je reviens à la réponse de la question, j'ai commencé à répondre. C'est que dans tout péché involontaire, il y a un élément de négligence. La négligence est coupable, elle est une forme de havone, de prémédité. Dans tout péché prémédité se cache, de manière diffuse, mais ça se cache quand même, un esprit de révolte. Donc en fait, dans tout péché, quelle que soit sa catégorie, il y a les trois. Donc on dit hatati, aviti, pachati. C'est clair ? Trois.

Si je me permets de faire un péché, ne serait-ce que par appétit, c'est qu'il y a en moi quelque chose d'inconscient qui se révolte. Donc il y a toujours un peu de pachati dans le aviti, et un peu de aviti dans le hatati. Oui, mais attention: l'inadvertance, ça ne veut pas dire que je n'étais pas au courant du péché. Je sais que la chose est interdite, mais je l'ai faite de manière involontaire. Mais si j'étais sérieux, je ne serais pas tombé là-dedans. C'est par négligence que je me permets un péché involontaire. On le fait quand même. J'ai vu beaucoup de gens faire des péchés qu'ils savaient être interdits.

— Non, pas vraiment, parce que ça ne lui arrive que de manière involontaire. C'est-à-dire, par exemple, quelqu'un transgresse le Chabbat parce qu'il a oublié que c'est Chabbat aujourd'hui. Il a oublié que c'est Chabbat. Mais il sait l'importance du Chabbat. Donc il aurait dû développer dans sa conscience la connaissance du temps dans lequel il se trouve. De ce point de vue-là, c'est un peu aviti. Oui, vas-y.

— Ah bien, disons que c'est toujours un peu mêlé. C'est-à-dire, les psychanalystes diront toujours que dans tout conscient se cache un subconscient, et le subconscient dit parfois le contraire du conscient. D'accord ?

— Oui, elle le sait. Ça s'appelle avon. Donc c'est aviti.

C'est involontaire parce que si la personne était vraiment au courant de ce qui est interdit, elle ne le ferait pas. Si je sais que tel breuvage est empoisonné, je ne le boirai pas, même si j'ai très soif. Vous dites: bon, on ne sait jamais, mais j'ai la vie sauve. Continuons. « J'ai péché devant Toi. » Le « devant Toi » est très important. Ça …

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