Yitzhak, Yaakov et la bénédiction volée (Béréchit 27)
Comment Yitzhak, troublé par la voix et les mains, décide de bénir celui qui mérite la bénédiction.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Yaakov au puits de Haran : la pierre et l'unité des peuples, 52 min
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On a vu l'histoire de l'échelle, Zéhanohi, n'est-ce pas ? Bon, d'accord. Génial. Bon, on va faire quelques sauts. Regardez au chapitre Kavzaïn, oui, au chapitre Kavzaïn, au verset Kaf-Alef.
Chapitre Kavzaïn, verset Kaf-Alef. Vous avez kiffé la soirée hier ? Chapitre Kavzaïn, verset Kaf-Alef. Vous avez trouvé ? Et Yitzhak dit à Yaakov: « Approche-toi, je te prie, que je te palpe, mon fils, Esav ou non. »
Béni, mon fils Esav, Imlo ou non. Chapitre Kavzaïn, c'est si difficile que ça ? Ça, tu es au début du livre. Chapitre Kavzaïn. Le numéro du chapitre était toujours écrit en haut de la page. C'est incroyable, incroyable. Nous attendons tous patiemment. Chapitre Kavzaïn. Est-ce que tu sais trouver le chapitre Kavzaïn ? Comment est-ce qu'on sait que c'est Kavzaïn ? Si tu regardes la ligne tout à fait en haut de la page, tu vois qu'il y a écrit Kavzaïn au milieu de la ligne, n'est-ce pas ? Oui ou non ?
Eh oh, on te cause. Tu vois qu'il y a quelqu'un ? Bon. C'est comme ça qu'on trouve le numéro du chapitre. Maintenant, regardez au verset Kaf-Alef. Le numéro du verset est écrit au début du verset, d'accord ? Ça veut donc dire que Yitzhak a un doute, n'est-ce pas ?
Pourquoi, en touchant Yaakov, il saura qui il est ? Parce qu'il a des poils, il est velu, Esav, tandis que Yaakov a la peau lisse, n'est-ce pas ? Et donc, ça veut dire qu'en fait, Yitzhak soupçonne que ce n'est pas Esav, mais que c'est Yaakov. Non, il se dit: c'est peut-être Yaakov. Pourquoi ne fait-il pas la différence par la voix ?
Dans ce verset, il aurait pu savoir par la voix déjà. Ah non ? Il ne lui a pas parlé ? Qu'est-ce qu'il a écrit auparavant ? Qu'il lui a amené son plat et qu'il lui a dit tout ça ? C'est tout simple: ça veut dire que Yaakov et Esav avaient la même voix. Ce qui fait qu'on ne peut pas distinguer Yaakov de Esav par la voix. Oui, parce que c'est là qu'il a le doute. Il dit à son fils. Il sait que c'est un fils, mais il ne sait pas lequel. J'en sais rien.
— Pour l'instant, on ne sait rien. Oui ?
— Oui.
Il imagine qu'il y a quelque chose, effectivement. Et, entre autres, le style employé par Yaakov, d'accord ? Pourquoi ?
Bon, ça, c'est spéculation. La réalité du verset, c'est que Yitzhak se demande qui il a. Comment ? Il se doute. Une seconde, regardez au verset Kaf. Si vous voulez vraiment la réponse: Yitzhak dit à son fils: « Comment as-tu trouvé si vite ? » — « Parce que l'Éternel, ton Dieu, a amené à moi. » C'est un style qui n'est pas employé par Esav.
Et donc il se dit: tiens, c'est bizarre. Voyons qui tu es. Est-ce que tu es Esav ou pas ? Ça veut dire qu'il soupçonne clairement que c'est Yaakov. Verset Kaf-Bet. « Alors Yaakov s'approcha d'Yitzhak, son père, qui le toucha. » Et qu'est-ce qu'il a trouvé ? Il a trouvé les poils, puisque sa mère lui avait mis une peau de chèvre. Oui, de chèvre. Et alors il dit: « La voix, c'est celle de Yaakov, et les mains sont celles de Esav. »
Ah, justement. Ce n'est pas la voix. Parce que si c'était la voix, il l'aurait su auparavant. Donc c'est le style employé. Il se dit: il parle comme Yaakov, il a les mains de Esav. Et quelle est donc la conclusion d'Yitzhak ? Qui est le personnage ? Esav, vous êtes sûr ? Regardez, verset Daleth... regardez le verset 4 guillemets.
Il n'a pas reconnu, parce que ses mains étaient velues comme les mains de son frère Esav. Est-ce que ça veut dire qu'il est arrivé à la conclusion que c'est Esav ? Non. Il ne sait pas, en vérité, si c'est Yaakov qui a pris les mains de Esav ou si c'est Esav qui a pris la voix de Yaakov, n'est-ce pas ? Donc, en tout cas, il est persuadé qu'il se passe quelque chose d'inhabituel.
Il se dit que c'est soit l'un, soit l'autre: soit Esav qui est devenu un peu Yaakov, soit Yaakov qui est devenu un peu Esav. Oui ?
— Si c'est la voix, c'est le ton de la voix, tu as raison. Mais s'il s'agit du style employé par Yaakov, alors ce n'est pas si facile à changer. Donc il se dit que c'est soit Yaakov qui est devenu un peu Esav, soit Esav qui est devenu un peu Yaakov. Conclusion: vayevarekhehou, et donc il le bénit. Il le bénit. Pourquoi ?
Parce qu'il dit: celui qui est digne de bénédiction, c'est celui qui est capable de faire l'assemblage des deux. Il a plus tendance à penser que c'est Esav, mais il n'en est pas sûr. À la limite, même si c'est Yaakov qui a volé les mains de Esav, il est content, d'accord ? Regardez d'ailleurs, lors de la rencontre avec Esav, qu'est-ce qu'il lui dit, toujours dans Kavzaïn, mais au verset Lamed-Guimel ?
Qu'est-ce qu'il y a écrit dans le verset Lamed-Guimel ? Verset Lamed-Guimel, vous avez trouvé ? Ou vous glandez ? « Yitzhak fut pris d'un grand tremblement. » Il dit: « Et qui est ce chasseur ? Il m'a amené de tout. Il m'a amené, et j'ai mangé de tout avant que tu viennes, et je l'ai béni. Que lui aussi soit béni. »
Donc la réaction de Yitzhak: si quelqu'un a la voix de Yaakov et les mains de Esav, il mérite la bénédiction. Ça veut dire que c'est là que se réalise le projet, d'accord ?
— Oui ?
— Quoi ?
— Il est insuffisant.
Pourquoi est-ce qu'il a peur à ce moment-là, Yitzhak ? De qui a-t-il peur ? Ça fait peur ? C'est troublant, mais ça ne fait pas peur. Peut-être qu'il a peur de Esav. Il l'aimait, mais il a peur de lui, parce qu'il sait de quoi il est capable.
Maintenant, regardez une petite seconde au verset Lamed-Vav. Là, il va se passer quelque chose d'extrêmement incroyable. Petite question avant de passer au verset Lamed-Vav: qui est l'aîné ? Biologiquement, c'est Esav. Mais qu'est-ce qui s'est passé au début de la paracha ? Il lui a vendu son droit d'aînesse.
Donc les bénédictions qui reviennent à l'aîné doivent aller chez Yaakov, c'est évident. Les brachot sont là parce que c'est l'aîné. C'est pour ça qu'il dit: « Je suis ton aîné, et donc c'est pour ça que tu dois me donner les brachot. » Donc, en fait, en bon droit, c'est Yaakov qui doit recevoir les brachot. Mais qui sait qu'Esav va vendre son droit d'aînesse ? Personne.
Non, elle ne le sait pas. Elle sait que le prophète lui a dit qu'un jour le plus jeune prendra la place du plus grand. Mais la vente elle-même s'est faite en secret, dans l'intimité. Donc, en fait, personne n'est au courant, si ce n'est Yaakov …
Cours de Machon Meir
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