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Les trois semaines entre deux jeûnes : le deuil national

Pourquoi le deuil du Temple s'intensifie au fil des jours, à l'inverse du deuil d'un proche.

6 min

Rav Yonathan Serror

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom à tous et à toutes, chers amis, chers frères, chères sœurs. Vous savez que nous allons entrer dans la période des trois semaines qui séparent le 17 Tammouz du 9 Av. Et je voudrais avec vous faire d'abord, dans un premier temps, un rappel des halakhot de ces trois semaines, et après essayer de comprendre la signification de ces coutumes de deuil. Alors vous savez que depuis le 17 Tammouz, en théorie, il ne faut plus écouter de la musique, il faut faire attention de ne pas faire des choses dangereuses.

Mais d'un autre côté, d'après par exemple les Séfaradim, on peut encore se couper les cheveux jusqu'au jour de Rosh Hodesh Av, et on peut même encore se marier d'après les Séfaradim. Tandis que d'après les Achkénazim, depuis le 17 Tammouz, c'est terminé: ni on ne se coupe les cheveux, ni on ne se marie. Mais à partir de Rosh Hodesh Av,

à partir du moment où l'on entre dans le mois d'Av, il va falloir réduire l'intensité de nos joies. Et donc on ne pourra plus se couper les cheveux, on ne pourra plus, pendant neuf jours, ni se marier, on ne pourra plus écouter de la musique, on ne pourra plus se baigner, aller par exemple à la piscine. Il faut s'abstenir par mesure de deuil.

Et une fois qu'on arrive au Chabbat qui précède le jour de Ticha BeAv, là, on ne peut plus laver ses vêtements; ou du moins, si on les lave, il faut qu'ils aient été portés pendant le Chabbat qui précède Ticha BeAv, pour ne pas mettre des vêtements propres. Et bien évidemment, une fois qu'on arrive au jour de Ticha BeAv, là,

c'est le point culminant de ces trois semaines de deuil. On s'assoit par terre, on jeûne, on ne mange pas, on ne se lave pas, etc. Il est intéressant de remarquer que ces lois du deuil sont exactement l'antithèse des lois du deuil du particulier. Chez le particulier, plus on avance dans le temps depuis le décès, plus les lois du deuil vont en s'estompant: le jour de l'enterrement, après ça les sept jours, les trente jours et l'année. Plus on avance dans le temps, plus la rigueur des lois va en s'estompant.

Tandis que par rapport au deuil national, des trois semaines en souvenir de la destruction des deux Temples, plus on avance dans le temps et plus ces lois de deuil vont en s'accentuant, comme on vient de le démontrer. Alors pourquoi ? En fait, c'est très simple: c'est parce qu'il y a une différence fondamentale entre les lois du deuil du particulier et les lois du deuil collectif.

Le deuil du particulier: plus on avance dans le temps, plus on se doit d'oublier le défunt. C'est comme ça: il faut qu'on oublie le défunt. Bien sûr, pas pour tout le temps, mais il faut qu'on se guérisse du souvenir du défunt, pour ne pas devenir fou, comme nous l'enseignent nos Sages. C'est d'ailleurs pour cela que Hakadoch Baroukh Hou a créé l'oubli.

Tandis que le deuil national, le deuil de la destruction du Beth Hamikdach, il ne faut pas oublier. Au contraire, nous devons nous rappeler tout le temps, tout le temps et toujours, car c'est en nous rappelant le deuil du Beth Hamikdach que nous pourrons, un beau jour, revoir sa reconstruction. Comme on le dit tout le temps: lorsqu'on fait par exemple un mariage, nous n'avons pas le droit d'oublier Jérusalem, car c'est en se rappelant de Jérusalem que nous mériterons de voir sa reconstruction.

Et donc, quel doit être le travail que nous devons faire durant ces trois semaines pour ne pas justement oublier le souvenir de Jérusalem ? Eh bien, plus on avance dans le temps, plus les lois et les coutumes du deuil vont en s'accentuant. C'est pour cela que cette période du 17 Tammouz au 9 Av est composée exactement de 22 jours, qui se décomposent en 13 jours et 9 jours: 13 jours du mois de Tammouz, 9 jours du mois d'Av. Pourquoi ? Nous dit le Harizal, car les 13 premiers jours correspondent aux 13 attributs de miséricorde qui ont été dévoilés dans le monde au lendemain de la faute du veau d'or, car le 17 Tammouz est un jour qui vient commémorer la faute du veau d'or, tandis que le 9 Av vient commémorer la faute des explorateurs.

Alors, pour justement réparer la faute du veau d'or et la faute des explorateurs, on a besoin des 13 attributs de miséricorde qui ont été dévoilés par Hakadoch Baroukh Hou au lendemain de la faute du veau d'or, ainsi que des 9 attributs de miséricorde qui ont été dévoilés par Moshé Rabbénou dans la paracha de Chela'h Lekha au lendemain de la faute des explorateurs. Et donc, à travers ces 22 jours, nous réparons à la fois la faute d'avoir porté atteinte au Nom de Dieu, ainsi que la faute

d'avoir porté atteinte à la Terre d'Israël. Puissions-nous cette année réparer toutes les fautes vis-à-vis de Dieu ainsi que toutes les fautes vis-à-vis de la Terre d'Israël, et accueillir enfin la venue de Machia'h Tsidkénou. Amen.

Cours de Machon Meir

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

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