Rabbi Chimon Bar Yo'haï, un homme libre et la Torah du Zohar
Le refus de la domination romaine, la liberté nationale et l'émergence du Zohar chez Rabbi Chimon.
Rav Chimone Bar
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Chers amis, bonjour, heureux de vous retrouver sur la chaîne du Machon Meir. Nous nous retrouvons pour ce nouveau Tête-à-tête avec Rav Yoël Ben Arosh. Bokertov, Yoël. Chalom Aleikhem, mon ami, Rav Roni Akrish. Yoël, il y a dans cette période, bien entendu, nombre de sujets qui nous interrogent autour de l'Omer, depuis Pessa'h jusqu'à Chavouot. Il y a un sujet dont on parle peut-être moins: la personnalité de Rabbi Chimon Bar Yochaï. Si tu me permets, je le replacerai dans cette fameuse soirée à Bné Brak, où les sages sont réunis. Le texte nous dit qu'ils s'étaient attardés, au point que leurs élèves viennent et leur disent qu'il est temps de réciter le Chéma Israël.
Nous avons bien entendu cette source et cette référence: l'attitude de chacun de ces sages était, pour la plupart d'entre eux, de ne pas accepter le joug romain, hégémonique, antisémite, qui refusait à Israël, même conquis, même détruit, toute souveraineté. Nous sommes en 132 de l'ère chrétienne, soixante-deux ans après la destruction du Temple, et ce pouvoir interdisait toute souveraineté spirituelle, et même la pensée. Ces sages sont donc réunis à Bné Brak. Les uns vont...
D'autre part, la Guemara nous raconte qu'un personnage dira que ce que font les Romains est très bien, un autre ne dira rien, un autre, Rabbi Chimon, dira que ce qu'ils font sert leurs propres intérêts, et le quatrième ne dit rien à ce moment-là, mais dira tout aux Romains. Un délateur, en quelque sorte. Je voudrais que nous puissions parler, toi et moi, de ce rapport que nous avons, au sein d'Israël, vis-à-vis du joug extérieur, et des répercussions que cela a sur le vécu intérieur d'Israël.
Les fameux Hachamim qui étaient là, dont les élèves sont venus dire que le temps du Chéma était arrivé, c'est précisé justement dans la Haggada de Pessa'h, puisqu'il s'agit de la nuit de Pessa'h, que le Chéma du matin est arrivé. Qu'est-ce que cela veut dire ?
Bien entendu, les sages savent très bien quand l'heure du Chéma est là. Il ne s'agit pas du premier degré de la lecture. Les élèves viennent dire à leur maître: maître, faites quelque chose, l'aube de la rédemption, de la Gueoula, est arrivée. C'est cela, le Chaharit, c'est cela, la Kriat Chéma du Chaharit. Nous devons avoir quelqu'un qui nous conduise vers l'unité, vers la vision unitaire de tout ce phénomène, de toute cette rédemption d'Israël. Que faites-vous ?
— J'ai une parenthèse qui m'interpelle, parce que je me rappelle ma tendre enfance, et cela existe toujours, sous des formes résiduelles, chez beaucoup de personnes. Pourquoi laisser à ce premier niveau, que j'appellerais au ras des pâquerettes, une compréhension qui se limite à la seule lecture ?
C'est pour cela qu'il est très important de comprendre. Tu as cité l'Omer, et nous sommes dans cette période où il faut dire à nos frères et à nos sœurs que la lecture de la Torah, telle qu'elle a été jusqu'à maintenant, ne peut plus continuer. Il faut savoir voir les choses dans leur profondeur, dans leur intériorité. Et tu vois comment un petit message, tel que celui que tu viens de citer, et la manière dont les sages le voient avec un autre œil, change complètement la lecture.
C'est-à-dire qu'au moment de la rédemption, les élèves, donc le peuple, viennent demander à leurs maîtres, c'est-à-dire aux dirigeants religieux d'Israël: que faites-vous ? Êtes-vous prêts pour la Gueoula ? Êtes-vous prêts pour cette Torah qui va nous donner le sens de notre vie ? Ou bien allez-vous continuer à préparer vos cours du réveil au lendemain ?
— L'enseignement talmudique nous présente différentes facettes. Entre le délateur, qui est une extrémité absolument inacceptable, et celui qui se tait, « qui ne dit mot consent », et celui qui trouve à ne rien redire à ce qui se fait... D'ailleurs, c'est très intéressant: ces deux histoires ne sont pas racontées la même nuit.
— Absolument. Pour revenir à celui qui s'est tu: il s'appelle Rabbi Yossé. Rabbi Yossé Chattak, comme le dit la Guemara. Qu'est-ce que cela veut dire, Chattak ? Cela veut dire qu'il a en fait accepté la situation telle qu'elle était. Et qu'est-il arrivé ? Il a été exilé à Tsipori, placé dans un petit village du nord d'Israël, où l'on n'entend plus parler de lui. Qu'est-ce que cela signifie ? Cela signifie que ceux qui vivent à cette époque de rédemption, et cette époque se renouvelle, ne lisent pas quelque chose pour relater une histoire du passé. Chaque lecture doit être un appel.
— C'est le même mot en hébreu.
— Tout à fait. Rabbi Yossé va en exil, parce qu'il s'est lui-même exilé de l'histoire de son peuple.
Seul Rabbi Chimon Bar Yochaï a défendu la souveraineté d'Israël sur sa terre, c'est-à-dire l'autonomie, l'indépendance. Il ne faut pas transformer Rabbi Chimon Bar Yochaï en un élève qui ne comprend rien à ce qui se passe au niveau de son peuple. Toute sa révolte... et d'ailleurs les Romains craignaient qu'il reprenne la révolte de Rabbi Akiva. Pourquoi ? Parce que c'était un homme qui était au niveau de la nation. C'était un nationaliste, quelqu'un qui ne pouvait pas accepter, même au prix d'étudier la Torah jour et nuit, que le peuple d'Israël ne soit pas gouverné par un gouvernement israélien.
En réalité, Rabbi Chimon Bar Yochaï, c'est ce que le Ramban va ensuite donner comme halakha: nous avons une mitsva, à toutes les générations, de reformer un État sur notre terre. Même si cet État n'est pas l'ultime État messianique, ce sont des étapes pour y arriver. Cela me fait penser à sa réaction dans ses différents débats, que ce soit celui de Bné Brak, ou celui que le Talmud rappelle concernant l'appréciation de l'hégémonie romaine: Chesed leumi chatat.
Et je vois que la réaction de Rabbi Chimon est une réaction violente, car je ne crois pas que la violence de la réaction des Romains ne soit pas proportionnelle à ce qu'ils ont ressenti. En fin de compte, il y a dans la position de Rabbi Chimon un message qui nous est envoyé, encore une fois, par la lecture de ce moment-là, et par la lecture de notre temps aujourd'hui. Quand il dit que les ponts, les marchés, les routes ne servent que les intérêts propres de ceux qui les construisent, et en aucun cas ne viennent servir Israël pour Israël, je crois qu'il y a là un message fondamental pour aujourd'hui.
Il faut savoir qu'en dehors de toutes ces nations qui nous vilipendent, nous critiquent, nous insultent, nous menacent et nous contrarient, même celles que l'on pourrait penser... je pense à l'une en particulier, bien entendu, on se dit: mais sans elles, que ferions-nous ? Comment peut-on aujourd'hui, au XXIe siècle grégorien, penser qu'une superpuissance viendrait déverser une quantité d'argent dans le seul intérêt de celui qui la reçoit, et non pas dans son propre intérêt ?
Tout à fait. J'irais même plus loin dans ce que tu viens de dire. Moi, je vois là une étude profonde. Rabbi Chimon Bar Yochaï est un novateur dans la Torah. Il …
Cours de Machon Meir
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