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Yaakov n'est pas mort : les victimes et la vie d'Israël

Le Midrash de Taanit, le Chabbat et le retour à la terre expliquent pourquoi le peuple reste vivant.

6 min

Rav Rony Akrich

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Nos chers téléspectateurs, nous sommes heureux de vous retrouver. Bien sûr, chacun de nous est chagriné, peiné, attristé par les événements qui viennent de se passer en France. Et c'est la raison pour laquelle, ou à plus forte raison, il est bon, avec tout ce que nous ressentons de si fort en ce moment, d'affirmer envers et contre tout, comme nous le chantons, que le peuple d'Israël est vivant.

Bien évidemment. Le Midrash, lui, s'est interrogé dans le traité de Taanit. Je l'ai ici devant moi, et il nous dit: « Ne crains pas, mon serviteur Yaakov, ainsi parle l'Éternel. Ne crains pas, Israël, ne crains pas, Israël. Parce que je te libérerai d'aussi loin que tu sois, et ta descendance depuis les terres où ils étaient emprisonnés. » Sous-entendu: je les ramènerai.

Un parallèle entre les descendants vivants et Yaakov, c'est ce que font nos sages dans le traité de Taanit, à savoir que Yaakov n'est pas considéré comme étant mort. Oui, bien sûr, au niveau du corps, il a été embaumé, afin de pouvoir être emmené vers Makhpéla à Hévron et enterré là-bas.

Mais ce que l'on veut dire lorsque nous disons qu'il n'est pas mort, c'est comme ce que je pourrais dire pour les victimes. Les victimes de ces derniers jours, les victimes qui sont nos frères d'Israël, qui sont tombées sous les balles de ceux dont l'humanité n'était plus, de ce que nous appelons les barbares, la barbarie. Mais s'ils sont morts, s'ils sont enterrés ici en Erets Israël, si l'on entend tellement la communauté juive parler de cette possibilité, qui devient de plus en plus probante, de rejoindre la terre ancestrale, de rejoindre ce pays renaissant, alors nos sages ont raison: Yaakov n'est pas mort.

Mais pas seulement Yaakov n'est pas mort. L'ensemble de ceux qui sont morts, victimes de toutes les atrocités commises à l'égard et à l'encontre du peuple d'Israël, eh bien, toutes ces victimes ne sont pas mortes. Car les enfants d'Israël sont encore et toujours ceux qui, par leurs agissements, par leur refus de se laisser faire face à l'adversité, sont, comme le texte dans Jérémie nous l'indique, de trois manières.

Ces enfants sont dispersés, mais ils ne s'assimilent point, parce qu'ils préservent une identité foncière et particulière. Ces hommes n'allaient pas acheter à quelques boucheries chevalines ou je ne sais autre. Ils allaient dans un hyper cachère afin de préparer le Chabbat qui arrivait. L'Akdouchin, dans le Zohar, dans le langage ésotérique, c'est la vie.

Ces hommes allaient sanctifier le Chabbat, apporter un sentiment de supplément de vie, de supplément d'être, de supplément d'âme. Et aujourd'hui, ce supplément d'âme est non seulement dans ceux qui, parmi vous, là où vous êtes, et particulièrement ceux qui sont encore dans l'exil, dans la diaspora, mais dispersés sans s'assimiler, comme disait le prophète, ou face aux autres cultures, ils sont capables de résister, de préserver la leur.

Et surtout, bien entendu, il y a le rêve, l'espoir immémorial du retour à la terre, et cette merveilleuse chose que nous disons: l'homme en hébreu c'est Adam, et la terre en hébreu c'est Adama. Voici: l'un et l'autre sont d'une même racine étymologique, car la terre donne ses racines à l'homme, l'homme tire ses racines de la terre, et l'homme sans sa terre est un être déraciné.

Mais dans cette même étymologie, ils sont capables de vouloir conjuguer les verbes de leur histoire ensemble, dans ce nous qui est le leur, et de conjuguer ces verbes dans un même temps.

Eh bien, ils sont capables de créer cette conjugalité que nous sommes en train d'élaborer ici à Jérusalem et partout en Israël. Et parce que cette conjugalité est probante, réelle aujourd'hui, alors nous sommes capables non seulement de jouir des fruits de cet amour maintenant et ici, mais aussi d'assurer que ce devenir qui nous attend sera lui aussi porteur de fruits, et nous voulons les déguster avec vous.

Ensemble.

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