La téchouva selon le Rambam : définir après avoir vécu
Pourquoi le Rambam traite de la téchouva achevée avant de la définir, et ce que la vie apprend qu'une définition ne dit pas.
Rav Oury Cherki
Ensuite : La Téchouva selon le Rambam : le temps propice, 48 min
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Je vais d'abord revenir à la deuxième halakha. Dans la deuxième halakha, j'ai relu, là il y a écrit « Bet ». Vous avez trouvé ? Que dit le Rambam ? « Oumahi hatechouva ». Qu'est-ce que c'est que la techouva ? Génial ! Vous auriez pu le dire au début. On a passé plus d'un chapitre. Il parle de la techouva sans en donner la définition. Maintenant, voyons un peu avant, dans la halakha alef. Qu'est-ce qu'il dit le Rambam dans la halakha alef ?
Qu'est-ce que c'est qu'une techouva achevée ? Moi, j'aurais écrit d'abord la deuxième, et après la première. C'est-à-dire que j'aurais d'abord défini la techouva, et après j'aurais ajouté un complément. Qu'est-ce que c'est qu'une techouva achevée ? Non seulement j'aurais fait comme ça, mais j'aurais mis ces deux définitions dans le premier chapitre.
Or le Rambam, pour lui, c'est le monde à l'envers. Il nous parle de la techouva sans la définir, ensuite il nous dit ce qu'est une techouva achevée, et après il se rappelle qu'il faut également définir la techouva. Ça ne correspond pas au génie d'écriture du Rambam. Le Rambam était génial en tout, et donc il savait mettre les choses en ordre. S'il a fait comme ça, ce n'est pas pour rien, il y a une raison. Nous allons apprendre la raison. La raison, c'est qu'il y a des notions que l'on ne peut pas définir au départ. Ce sont des notions qu'il faut d'abord rencontrer. Une fois qu'on les a rencontrées, alors on peut rétroactivement les définir.
Par exemple, si je dis à quelqu'un qui n'a jamais été enrhumé: j'essaie de te définir ce que c'est que le rhume. Je pourrais lui donner des définitions biologiques, médicales, très précises. Mais en vérité, cela ne voudra rien dire pour lui. S'il a été enrhumé une fois dans sa vie, alors il sait ce que c'est que le rhume. Il n'a pas la définition, mais il sait ce que ça veut dire. D'accord ? Le rhume n'est qu'un exemple. Il y en a encore beaucoup d'autres. Il y a des choses plus profondes. Par exemple, le Chabbat. Si quelqu'un me dit: « J'ai entendu parler du Chabbat, qu'est-ce que c'est ? » Alors je peux lui dire: c'est un jour où on ne fait rien.
La définition du Chabbat, c'est une définition négative. On n'a pas le droit de faire ceci, ni cela, ni ceci, ni cela. Est-ce que ça donnera un véritable entendement de ce que c'est que le Chabbat ? Non. Il faut avoir vécu un Chabbat dans sa vie pour que les définitions en question aient un sens. Allons plus haut. La définition de Dieu. Les philosophes nous ont appris qu'on ne peut pas définir Dieu de manière positive. On peut en parler de manière négative. C'est ce qu'on appelle les attributs négatifs. Le Rambam nous dit dans le Moré Névouhim: plus tu sauras ce que Dieu n'est pas, plus tu seras proche de Lui. Il en est donc de même pour la techouva. Plus une chose est importante, plus il est important de la rencontrer d'abord avant de la définir. Le Rambam a donc raison, comme d'habitude, de définir la techouva seulement dans le deuxième chapitre. Est-ce bien clair ?
Est-ce que tu peux donner une définition de Dieu ? Si tu essaies de donner une définition de Dieu, c'est que tu es idolâtre. C'est-à-dire que tu as essayé d'enfermer ce qui est au-delà de tout entendement dans des catégories de pensée humaines. Ce qui fait que les discussions idiotes, savoir si Dieu existe ou pas, n'ont pas de sens. Parce que Dieu est au-delà de l'existence et de la non-existence.
Ça, c'est pour le problème de la définition de la techouva. Cela explique donc également pourquoi le Rambam parle d'abord de la techouva achevée avant de donner la définition de la techouva. Remarquez ici le terme employé en hébreu: eizo hi techouva gemourah. Qu'est-ce que c'est qu'une techouva achevée ? On connaît un autre terme. Au lieu de techouva gemoura, c'est quoi ? Chelema, techouva chelema. On le dit d'ailleurs dans la prière: Ahazirénou bitchouva chelema lefanékha. Techouva chelema, c'est une techouva parfaite. Mais là, le Rambam ne parle pas de la techouva parfaite, il parle de la techouva achevée. Ce n'est donc pas la même chose.
Alors, pour savoir ce que c'est que la techouva gemoura, je vais d'abord parler de ce dont le Rambam ne parle pas: la techouva « chez les mains ». Chez les mains, c'est-à-dire parfaite. Pourquoi est-ce que je parle d'un terme dont le Rambam n'a pas parlé ? Parce que c'est un terme qui revient dans la prière. Dans la prière, nous disons: ramène-nous dans une techouva parfaite. Donc je peux me permettre de vous expliquer ce que c'est, puisque ce n'est pas son sujet.
La techouva « chez les mains » a un rapport avec la faute, le Rambam ne parlait ici que de la techouva par rapport aux fautes, aux péchés. La techouva « chez les mains » n'a rien à voir, dans sa profondeur, avec la faute. Il y a un rapport quand même, mais ce n'est pas exactement la même chose. Est-ce que le Rambam en parle dans un de ses livres ? Non, le Rambam n'a pas tout dit. S'il avait tout dit, il n'y aurait pas de sens, parce que je donne un cours. Le Rambam, très sympathique, a laissé des sujets sans explication, pour que j'aie quelque chose à enseigner. C'est sympa de sa part. Et donc, on y va.
Je vais vous donner un exemple tout bête. Je rencontre quelqu'un et je lui dis: « Ta sale tête ne me revient pas. » Quel péché est-ce ? Cela contredit « tu aimeras ton prochain comme toi-même », « tu ne feras pas de peine à ton prochain ». L'autre nuit, je t'ai rencontré… Il y a beaucoup de méchanceté dans ça. « Ta sale tête ne me revient pas. » Il y a de l'honnêteté, ça oui, sans aucun doute. Mais ce n'est pas sympa. Après lui avoir dit ça, quelques semaines plus tard, je me dis que je n'aurais pas dû lui dire ça. Il faut que je fasse techouva.
Pour faire techouva, il y a plusieurs choses à faire. Tout d'abord, aller le réconcilier. Je lui dis: « Écoute, Georges – c'est son nom –, je n'aurais pas dû te dire ce que je t'ai dit, ta sale tête ne me revient pas. Je regrette profondément, plus jamais je ne te dirai "ta sale tête ne me revient pas". » Voilà. Il me dit: « C'est pardonné. » Et puis, à part ça, je vais faire techouva: je vais le dire à Kadosh Baroukh Hou – je lui dis: tu sais, les bonim, c'est de l'âme, j'ai fait quelque chose qu'il ne fallait pas faire. Alors tout va bien, non ? La techouva est achevée.
Non, parce qu'en vérité, je n'ai pas fait attention à ce qui s'est passé ensuite. Il y a un élément qui manque dans cette histoire. Il est …
Cours de Machon Meir
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