Les obstacles à la techouva selon le Rambam
Le Rambam range en listes les fautes qui freinent le retour à Hachem, et montre que la techouva reste possible.
Rav Oury Cherki
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Nous passons donc au quatrième chapitre de Hilkhot Techouva. Nous avons ici des listes, des listes chiffrées d'ailleurs. Les chiffres ont probablement un sens chez le Rambam, bien qu'il ne le dise jamais expressément, mais il y a des chiffres qui reviennent toujours chez lui, par exemple le chiffre 14, le chiffre 4, et parfois le chiffre 7. Allons-y. Je prends ici la première halakha: il y a vingt-quatre choses qui entravent la techouva. Ça veut dire qu'on peut toujours faire techouva, mais il y a une difficulté en chemin. Non, ça, c'est le Rambam.
Je lis ici le Rambam dans le Mishneh Torah. D'accord ? Est-ce que tu as le texte ? Non, tu ne l'as pas. Ah, tu l'as ? D'accord, voilà. Maintenant, quelqu'un a demandé au Rambam où est-ce que c'était écrit, parce qu'on ne le trouve pas tel quel dans la Michna, dans la Tossefta, etc. Le Rambam a répondu, je crois que ce sont les sages de Lunel en France qui l'ont interrogé. Il leur a dit: c'est vrai que ce n'est pas écrit comme ça dans la Guemara, mais
si on fait la liste, si on cherche un peu partout, on trouve ça. À part ça, dit-il, j'ai copié ça des halakhot du Rif, Rabbi Its'hak Al-Fassi. Rabbi Its'hak Al-Fassi était le maître de mon maître. Donc: arba'a ve-esrim devarim ha-mé'akévim et ha-téchouva, il y a vingt-quatre choses qui entravent la techouva. Quatre d'entre elles sont de grands péchés. Voici donc les quatre premiers, et ce qui est inclus également dans ce péché. Ammé akev est Arabie, mais il a sauté mitsva: celui qui empêche la multitude de faire
une mitsva. Où est-ce qu'il a été chercher tout ça, le Rambam ? Chez le roi Yerov'am (Jéroboam). Vous connaissez l'histoire du roi Yerov'am ? Oui. Tu connais l'histoire de Yerov'am ? Non. Non, d'accord. Quand je pose une question, j'aime avoir un feedback et qu'on me réponde.
L'histoire de Yerov'am, c'est à l'époque du Premier Temple, après la mort du roi Chlomo (Salomon). Il y a un schisme dans le peuple d'Israël. Les tribus du nord fondent un royaume à part, qui va s'appeler le royaume d'Israël. Les tribus du sud vont faire un royaume à part, qui s'appelle Yehouda. Vous avez donc là-bas deux pays, Yehouda et Israël, deux États. La capitale de Yehouda, c'est Yérouchalaïm. La capitale d'Israël, c'est Chomron. Et ce qui se passe, c'est... Cette division, ce schisme, c'était encore acceptable, puisque c'est un prophète qui a encouragé le roi Yerov'am à se révolter et à fonder un royaume à part. Mais...
— Oui, quoi ? Pourquoi il y a eu justement cette séparation ?
Ça, c'est dans le cadre de l'étude du Tanakh. Quand nous arriverons au livre des Rois, si nous y arrivons, nous en parlerons, d'accord ? Ce qui est grave, c'est que Yerov'am, en français Jéroboam, a empêché le peuple de monter à Yérouchalaïm trois fois par an, parce qu'il avait peur que, lorsque le peuple arriverait à Yérouchalaïm et verrait le roi de Juda dans le Temple avec toute sa splendeur, le cœur du peuple ne soit attiré par la maison de David. Il a donc fait un culte alternatif,
deux veaux d'or, un à Béthel et un à Dan. Le Tanakh est très violent par rapport à cela: il dit asher hata ve-asher he'hi et Israël, il a péché et il a fait pécher Israël. Comme il a péché, il a fait pécher Israël, et c'est considéré comme la plus grave des fautes. C'est-à-dire que si quelqu'un pèche pour lui-même, ça va; mais s'il entraîne les autres, c'est très grave. C'est donc un des cas où la techouva est empêchée.
— Oui ? C'est un groupe qui fait pécher justement un autre groupe. Par exemple, si c'est des ma'gginot et une medina ou quelque chose comme ça, est-ce que c'est la même échelle de faute ?
Non, non. C'est écrit par rapport à une personne ?
— Oui, c'est écrit dans le Taz, je crois.
Qu'on ne fait pas un nid d'ouïe pour une communauté. Ça, c'est donc le premier cas, considéré par le Tanakh comme très grave; à chaque fois, le Tanakh revient là-dessus. Deuxièmement, celui qui entraîne son prochain du bon chemin vers le mauvais chemin, comme par exemple l'incitateur à l'idolâtrie. Et là, c'est même pour un individu: un individu qui entraîne un autre individu à faire le mal. Le premier cas, c'était celui qui entraîne la multitude.
Troisième cas: celui qui voit son fils sortir dans une mauvaise conduite et ne l'empêche pas. Car son fils est sous sa domination. S'il l'avait empêché, le fils aurait cessé; donc c'est comme si le père l'avait fait pécher.
Et dans le cadre de ce même péché: tout celui qui a la capacité de s'opposer aux autres, que ce soit à des individus ou à une multitude, et qui n'a pas protesté, les a laissés dans leur chute. Donc en fait, les trois premiers cas, parmi les quatre, sont des cas où quelqu'un est responsable d'un autre. Que ce soit envers la multitude, par l'incitation, ou par l'indifférence envers celui dont nous avons la responsabilité, le fils par exemple. Est-ce que vous suivez ?
— Ouais.
— Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Le fils, c'est... Il s'agit d'un fils qui écoute son père ? Il s'agit d'un fils...
Ça dépend, il y a toutes sortes d'âges. Il y a des âges où on écoute encore son père, et des âges où on ne l'écoute pas, d'accord ?
Quatrième cas, et là ça concerne la personne elle-même.
— Est-ce qu'il y a un moment où on est responsable d'Israël ? Qu'est-ce que veut dire ce principe ?
Ça veut dire qu'on est responsable, mais on n'est pas toujours capable. C'est vrai qu'on est responsable, mais on n'est pas toujours capable. Par exemple, il y a des personnes sur lesquelles je n'ai pas d'influence, je n'ai pas d'autorité, d'accord ?
Quatrième cas: celui qui se dit « je vais pécher et faire techouva », ou celui qui se dit « je vais pécher et le jour de Kippour expiera ». La Michna dit effectivement comme ça. Ah, tiens, donc tu es là ? Tu arrivais en retard au cours. Bon. Et donc, à propos de ce cas, la Guemara dit: ḥeta ve-ashuv, ḥeta ve-ashuv, « celui qui dit "je vais pécher et revenir, je vais pécher et revenir", on ne lui donne pas l'occasion de faire techouva ». Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si quelqu'un pèche et compte sur la techouva qui viendra après, son orientation, en fait, est vers le péché. Il n'a donc pas de chance de faire techouva, parce qu'il va rentrer dans un engrenage. Surtout s'il dit ḥeta ve-ashuv, deux fois: c'est comme s'il disait « je vais pécher, je vais revenir, je vais refaire encore le péché et faire techouva ».
Alors évidemment, qu'est-ce qui se passe si quelqu'un dit « je vais pécher et faire techouva », et fait techouva ? Ça …
Cours de Machon Meir
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