Le karet et la techouva selon le Rambam
Comment le Rambam distingue techouva et kapara, et pourquoi certaines fautes ne sont expiées qu'avec le temps.
Rav Oury Cherki
Ensuite : La téchouva selon le Rambam : définir après avoir vécu, 53 min
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Nous allons donc, avec toute notre énergie, continuer l'étude de Hilkhot Techouva. Vous vous rappelez que nous sommes arrivés au premier chapitre et que nous avons déjà fait les trois premières halakhot. Vous vous rappelez de ça ? Il n'était pas là. Tu as certainement révisé les cours auxquels tu n'étais pas présent. Certainement. On m'a dit que tu es un garçon sérieux. Tu t'es certainement intéressé à savoir ce qu'on a étudié dans les cours précédents, pour pouvoir continuer dans ce cours.
Je dis ça, ce n'est pas simplement parce que je te considère comme un garçon sérieux, mais aussi parce que je pense que ce que nous avons étudié dans les deux premiers cours était très important. Ce que nous allons étudier maintenant est moins important, c'est secondaire. Il faut donc prendre ça en proportion. Nous sommes au premier chapitre, dans la halakha numéro dalet.
Quelle était la question que tu as posée ? Oui, bien sûr. La techouva et la kapara sont deux choses distinctes. C'est vrai. Il y a des cas où la techouva remplit même la fonction de la kapara. C'est ce que nous allons étudier dans la halakha numéro dalet, d'accord ? C'est-à-dire qu'il faut se rappeler la différence entre la techouva et la kapara.
La techouva est un travail de la vie intérieure, c'est-à-dire un changement de la volonté. Celui qui n'a pas fait techouva veut le mal. Il fait techouva, il cesse de vouloir le mal, il veut le bien. Donc l'action de la techouva se fait dans la volonté. Jusque-là, c'est clair. Maintenant, la volonté fait que je change, moi, de statut, de condition humaine. Auparavant, j'étais un rasha, et maintenant je suis un tzadik. Le rasha est celui qui veut le mal, et le tzadik celui qui veut le bien, d'accord ?
Donc ce travail de transformation intérieure est réalisé par la techouva. Cependant, il y a un autre travail à faire: c'est le dégât que le péché a créé dans le monde. Ce dégât n'est pas réparé par la techouva; sa réparation s'appelle la kapara. Jusque-là, c'est clair. Maintenant, nous avions étudié également la différence entre la kapara à l'époque du Temple et la kapara actuelle. La kapara à l'époque du Temple se fait par le bouc envoyé, en français on dit aujourd'hui le bouc émissaire, le saïr envoyé à Azazel. Mais la kapara de nos jours, ça, on ne l'a pas encore étudié, et c'est le sujet de la quatrième halakha. Voilà.
Le cadre est clair. Je dis ici que nous avons en fait quatre cas différents de kapara. Ce texte du Rambam est basé sur une braïta du traité Yoma, appelée Arba Chilouké Kapara, les quatre divisions de la kapara, l'auteur de la braïta étant Rabbi Ismaël. Voilà, je vous ai donné le cadre talmudique de cette halakha du Rambam.
On y va. Bien que la techouva fasse la kapara de tout, et le jour même de Kippour lui aussi, explique le péché. On voit déjà une contradiction. Si c'est la techouva qui fait la kapara, pourquoi ai-je besoin de Kippour ? D'accord ? Mais disons que pour l'instant, on laisse la question en suspens.
Il y a des péchés qui sont expiés immédiatement, et il y a des péchés qui ne sont expiés qu'après un certain temps. Comment cela s'explique-t-il ? Nous avons ici quatre cas différents.
Si un homme a transgressé un commandement positif qui n'est pas passible du karet, et qu'il a fait techouva, combien y a-t-il de commandements positifs ? J'ai ici plusieurs réponses: 213, 248, 254, soit 300 quelque chose. Quoi choisir ? On va choisir 248. Il y a 248 commandements positifs. Combien de commandements positifs sont passibles du karet ?
Deux. Donc il en reste combien qui ne sont pas passibles du karet ? Vous avez passé un bac en maths, d'accord ? Donc 246. Quand le Rambam dit « si quelqu'un a transgressé un commandement positif sur lequel on n'est pas passible du karet », il s'agit donc de ces 246 commandements. Et qu'il a fait techouva.
— Pourquoi ne pas simplement dresser la liste des 246 ?
Il suffit que je te dise la liste des 246, comme ça tu sauras automatiquement quels sont les deux autres. On peut aller plus simple, effectivement, selon ta proposition. Il y a deux commandements pour lesquels on est passible du karet: c'est quand on ne fait pas la circoncision et quand on ne fait pas le sacrifice de Pessa'h. D'accord ? Ce sont les deux cas où on est passible du karet.
Pour un commandement positif, le karet... alors justement, je n'ai pas traduit, parce que c'est compliqué. Karet veut dire littéralement le retranchement. Ça veut dire quoi, être retranché ? Être exclu, oui, d'accord, mais exclu de quoi ? C'est là le problème. Dans la Torah, il est dit qu'on est exclu de son peuple. Mais chez les hachamim, déjà dans la Michna, le karet est compris autrement: c'est celui de finir ses jours plus tôt. D'après le Bavli, avant 60 ans; d'après le Yerouchalmi, avant 50 ans. D'accord ? Avec une exception: l'âge de 52 ans pour l'état de raison.
Le problème, c'est que nous voyons des gens qui transgressent en permanence des commandements passibles du karet et qui vivent plus de 60 ans. Comment cela est-il possible ? Question posée par les Tossefot. La question est claire ? Quelle est la question ? Si vous avez une question, ne la posez pas à votre voisin, posez-la-moi. Je suis là pour ça. Oui, peu importe, tu peux toujours me la demander à moi. Quelle est la question que tu as posée, par exemple ? Très bien, je suis en train d'expliquer. Si tu n'as pas entendu, tu peux me reposer la question, ce n'est pas grave. Je t'engueulerai de ne pas avoir été attentif, ça me dérange moins que tu poses la question à ton voisin. C'est comme ça que je suis, c'est une de mes folies.
Bon, donc, les deux commandements sont: ne pas faire la circoncision et ne pas faire le sacrifice de Pessa'h. Maintenant, je reviens à l'histoire du karet. On voit qu'il y a un changement entre le temps biblique et le temps de la Michna. Au temps biblique, c'est être retranché de son peuple. Au temps de la Michna, c'est être retranché de la vie.
Comment se fait-il qu'il y ait des gens qui transgressent en permanence le karet et qui vivent plus de 60 ans ? La réponse des Tossefot est surprenante. Ils disent qu'il peut y avoir un mérite qui suspend le karet. Quand on fait ça, on reçoit ça, c'est à l'état pur. Mais on n'est pas fait d'état pur, on est fait de beaucoup de choses. Il y a beaucoup d'éléments dans notre vie qui font que certaines choses se contrebalancent.
Maintenant, il y a parfois un karet plus grave. Le karet, c'est le karet. Quand la Torah dit qu'il sera doublement retranché, cela veut dire qu'il sera retranché du monde à venir. Le Rambam, dans le Moré Nevouchim, le Guide des égarés, donne une autre interprétation du karet. Il …
Cours de Machon Meir
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