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Yosef et ses frères : l'unité sans uniformité

Comment la reconnaissance mutuelle de Yosef ouvre la voie à Israël, douze voix singulières.

6 min

Manitou

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Chers amis, bonjour, heureux de vous retrouver sur la chaîne du Machon Meir. Nous continuons notre étude, en tout cas, du savoir, de la connaissance, de la conscience historiosophique de notre maître Manitou. Yitzhak était lui aussi, donc, ce père ayant conscience de ses deux enfants, Yaakov et Essav, qui seront séparés, bien entendu, fraternités déchirées, brisées, fracturées. Yaakov lui-même, lorsqu'il aura ses enfants, devra, je dirais presque, se résoudre à être le témoin lui aussi de cette fracture.

Lui qui enverra son fils Yossef à la recherche de tous ses frères. Oui, c'est une interpellation, une injonction de Yaakov concernant Yossef: « Va voir ce qu'il advient de tes frères. » Et nous savons ce qui va se passer. Autre fracture, autre brisure de séparation entre les frères de Yossef et Yossef.

Et nous sommes en attente, bien entendu, de cette unité, comme dirait Manitou, une unité de l'humanité à pouvoir être redécouverte. Et bien entendu, nous nous dirigeons vers la fin du livre de Béréchit, vers la rencontre, dans la paracha de Vahéri, de Yossef et de ses frères.

Et remarquez, de manière remarquable, combien Yossef est capable de prendre sur lui. Il serait à même, après avoir été vilipendé, vendu et presque assassiné dans son identité, d'en vouloir aux frères. Mais il préfère se révéler. D'ailleurs, lui reconnaît ses frères. Ses frères ne le reconnaissent pas. Mais il reconnaît ses frères, et parce qu'il reconnaît ses frères, il y a un double sens: non seulement la reconnaissance physique, mais la reconnaissance de la fraternité. Il évite le drame qui pourrait s'ensuivre si jamais la vengeance était présente.

Et c'est parce que Yossef reconnaît ses frères, et qu'ensuite les frères reconnaîtront, bien obligés, que leur frère est le prince d'Égypte, que nous pourrons entamer le livre de Shemot avec Éleh Shemot Bné Israël, bien entendu. Dans l'unité que veut reconnaître Yossef avec ses frères, il y a une volonté ineffable de rencontrer l'unité, ne vous trompez pas.

Lorsque je parle d'unité, de ahdout, je ne parle pas d'uniformité, de ahidout, d'une espèce de conformisme. Chacun des frères était un événement singulier, particulier. Israël ne pouvait être et devenir qu'à travers cette pleine prise de conscience, ce savoir, cette connaissance du particularisme, de la singularité de chacun.

Et c'est lorsque, comme dans l'image, chaque partie de l'image est à la bonne place, au bon moment, et à la bonne expression du dessin qui la dessine, et bien que le portrait, la mosaïque, l'image qui nous est présentée nous paraisse la plus unitaire, c'est-à-dire la plus harmonieuse possible, l'ensemble des enfants d'Israël, les douze. Plus nous serons capables de faire entendre la voix de ces douze, c'est-à-dire ces douze sons, ces douze notes, ces douze temps, et bien plus nous serons capables de faire entendre toutes ces manières d'être homme, et bien sera possible la représentation du projet qu'a prévu Dieu pour l'homme.

Plus il y a de multiplicité des manières d'être homme, et plus le projet de l'Éternel, comme créateur, fera que la nature identitaire de l'homme sera honorée.

Le fait que l'humanité entière parlait une seule langue, qu'il y avait une sorte d'universalité au moment de la tour de Babel, une universalité concrète et réelle, pour la Torah, pour l'enseignement de la prophétie hébraïque, la spécificité de l'identité humaine passe uniquement par le langage, par la langue. Parler l'hébreu veut être aussi, dans l'hébreu, ce que je vous ai déjà expliqué précédemment: Ivri, avar, au vert ou bas, ceux capables de tirer les leçons du passé pour mieux traverser les leçons de l'histoire, les méandres de l'histoire, et renaître à chaque fois comme un phénix de ses cendres, mais parce que la langue est l'expression unitaire de l'ensemble de ces tribus qui la composent.

Donc, dans les différentes manières d'être homme, dans le langage unitaire et singulier de l'homme, il y a une pleine expression de ces douze manières d'être homme qui font valoir l'identité d'Israël. À très bientôt, prochainement, nous continuons notre étude. Shalom, shalom.

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