L'État d'Israël, royauté et Torah selon le Rav Yoël Ben Aroch
Le Rav Ben Aroch explique que l'État juif doit grandir petit à petit vers une royauté divine, et que la politique fait partie de la Torah.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Jérusalem d'en haut et Jérusalem d'en bas, 1 h 00
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Bonjour à tous, j'ai le plaisir de vous retrouver dans une nouvelle émission de la chaîne de télévision du Machon Meir. Aujourd'hui avec nous le Rav Yoel Ben Aron. Alors nous sommes encore et toujours dans la ville de Jérusalem, et nous parlons régulièrement de nos échanges sur l'État d'Israël actuel.
— Et est-on dans le début de la période de délivrance et la réalisation des prophéties qui datent de plusieurs millénaires ? Et je voulais savoir, est-ce que l'État politique actuel a pour vocation, vers la fin des temps, ce qui est une notion très vague, d'être un État dit religieux, respectant à la lettre les préceptes de la Torah ?
— Alors, il faut comprendre que le but de la création, c'est de faire descendre les valeurs du divin sur terre. On appelle ça d'une manière générale le Mishkan. Le mot Mishkan est composé de quatre lettres. Le mem de Mishkan, c'est Malchout, c'est une royauté. Le chin de Mishkan, c'est Maarechet Mishpat, Shoftim, c'est-à-dire des juges. Le kaf de Mishkan est la Kehouna. Et le noun de Mishkan est la Nevou'a. C'est-à-dire qu'avant tout, nous devenons en fait un royaume.
Un royaume, ce n'est pas quelque chose qui est déconnecté de la réalité. Un royaume, un État, c'est forcément politique. C'est-à-dire qu'il y a une structure humaine politique qui va ériger un roi, et un roi, ça a des lois au niveau de la politique, et effectivement, ce roi d'Israël, cette royauté d'Israël, doit faire évoluer les valeurs humaines aux valeurs divines. Maintenant, comment est-ce que ça se passe ?
Ce sont des étapes. On ne peut pas arriver d'une seule fois. C'est pour ça que les Sages nous disent que la Gueoula d'Israël vient petit à petit. C'est-à-dire que nous parlons de Malchout. La Malchout est petite au départ, dans tous les sens du terme petit, et elle évolue, elle grandit. Alors, la Malchout, ce n'est pas une monarchie dans... Ça peut être aussi une monarchie. Aujourd'hui, dans...
L'état de fait dans lequel nous sommes, c'est une politique au niveau de ce que nous avons aujourd'hui dans l'État d'Israël, une démocratie. Eh bien, ça évolue comme ça, ça peut changer au fil du temps, mais c'est en réalité un mouvement politique. Donc, le judaïsme n'est pas une religion, c'est en réalité un peuple qui doit fonder un État dans lequel les valeurs du divin vont se mettre en place. Ça prend du temps.
Donc, l'État, la politique et la Torah ne font qu'une seule et même chose. Il n'y a pas le Dieu de la Torah et le Dieu de la politique. On n'a pas le droit de séparer les choses. On comprend qu'en réalité, la politique sera un réceptacle pour dévoiler les valeurs de l'Infini en elle. Alors, effectivement, cette royauté, au fur et à mesure qu'elle va grandir, elle va vivre selon les critères du divin. Et ça, c'est en réalité l'évolution naturelle de notre peuple sur la terre.
Il y a une telle diversité dans la politique israélienne et dans la population israélienne qu'il est difficile de s'imaginer qu'il y aurait une unité finale qui est de justement faire descendre ces... Il ne faut pas une unité qui est en réalité mettre tout le monde d'accord. Il y aura toujours une possibilité d'échange. Et c'est ça la force de nos Sages, même dans la Guemara. Il n'y a pas une continuité qui, en réalité, dit celui-là a tort et celui-ci a raison. Non, il y a deux formes de vision, puisque nous sommes humains. Eh bien, avec toutes les tendances de vision, nous approchons de la volonté divine.
Il n'y a pas de vérité sur Terre. La vérité sur Terre, c'est l'ensemble des éléments qui détiennent, en réalité, des parcelles de vérité. Donc, il ne s'agit pas d'arriver à un stade où tout le monde est d'accord. Mais il s'agit d'arriver à un stade où il y a une majorité qui va donner le sens même de notre retour sur la terre d'Israël.
— Définissons les choses. Qu'est-ce qu'on appelle la fin des temps et où on en est, justement, dans ce processus ?
— Alors, la Guemara nous dit que le monde a été créé pour 6 000 ans: 2 000 ans de Tohou Bohou, 2 000 ans de Torah et 2 000 ans de jour messianique. Donc, sans aucun problème de calcul, nous savons que nous sommes déjà à la fin des 2 000 ans des jours messianiques. C'est-à-dire que les jours messianiques ont commencé déjà depuis presque 1 700 ans. Et il ne nous reste que quelques années pour aboutir, en fait, à l'événement messianique.
Qu'est-ce que cela veut dire ? Ça veut dire tout simplement que Dieu a donné le temps, un espace-temps, à l'humain pour pouvoir réagir et recomposer le puzzle de toute la vie, dans lequel l'homme est associé pour perfectionner, pour parfaire ce degré. Et celui qui a été choisi pour faire ce travail, c'est le peuple d'Israël. Donc nous sommes dotés d'une Neshama capable de faire ce travail.
Ce qu'il faut faire, c'est d'abord prendre conscience de ce degré et ne pas avoir peur de notre responsabilité vis-à-vis de l'histoire humaine. Au moment où Israël commence à prendre conscience de sa part au sein de l'humanité tout entière, et qu'il commence à jouer son rôle, il revient sur sa terre, il reprend ses responsabilités de peuple choisi pour faire descendre ses degrés divins sur terre. Et les choses avancent, encore une fois, comme je l'ai dit tout à l'heure, comme le lever du jour, petit à petit. On ne passe pas du noir à la lumière en une seule fois.
— Concrètement, quels sont les dangers à éviter de manière politique, si on parle de politique et d'État ?
— Alors, les dangers sont les dangers qui sont toujours les mêmes. C'est qu'Israël n'ait pas conscience, ne soit pas conscient de son identité. Ça, c'est le plus grand des dangers. Si Israël veut jouer le rôle d'une nation parmi tant d'autres, il y a un problème. Tant qu'Israël ne sait pas ce qu'il est venu faire, il y a un problème. C'est d'abord de remettre en place quel est le rôle de notre nation, et pas en tant qu'individu religieux, mais en tant que nation parmi les nations dans ce monde.
Le problème que nous avons eu pendant 2 000 ans, c'est qu'on a considéré que le judaïsme était une religion, donc il était en réalité relatif à l'homme individuellement parlant. La nouveauté de ces 100-200 dernières années, et c'est ça en réalité l'avènement messianique, c'est que nous sommes redevenus un peuple, et nous devons jouer le rôle d'un peuple souverain sur sa terre. Et le Rambam, quand il parle de messianisme, ne parle de rien d'autre que du retour des enfants d'Israël sur leur terre, justement pour ériger cette royauté divine en forme humaine, c'est-à-dire sous la forme de cette nation d'Israël sur sa terre. Et ça prend, bien entendu, des vêtements politiques, parce qu'en réalité, c'est ce qui se passe dans notre monde.
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Ce cours fait aussi partie de la série « Rav Yoël Benharrouche, en direct du Machon Meir ».
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