La structure du Tanakh : Torah, Neviim et Ketouvim
Comment les trois parties du Tanakh s'organisent, pourquoi elles ne suivent pas l'ordre chronologique, et ce que chacune transmet.
Rav Eytan Fiszon
Ensuite : Pourim, la fête de l'unité du peuple juif, 6 min
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Bonjour à tous, on est reparti dans notre immersion au sein de l'identité d'Israël. Et évidemment, si on veut comprendre ce qu'est l'identité juive, on s'est attaché pour l'instant à des personnages. Ces personnages vont tous être les acteurs d'un grand livre, le livre, le Tanakh. Alors le problème, c'est que le Tanakh, c'est quand même un gros pavé. Et c'est un gros pavé qui n'est pas toujours très clair. C'est écrit en termes bibliques. Venez, on va essayer de faire un peu de céder.
Nous avons réussi à parcourir les grands personnages de ce livre depuis Avraham Avinou jusqu'à Yehoshoua Bin Noun. À ce moment-là, on va dire que, grosso modo, les choses étaient claires, la timeline, la ligne chronologique, était respectée. Le problème, c'est que maintenant, dans le livre de Shoftim, tout va se bousculer. Donc avant qu'on recommence à rentrer dans nos personnages qui ont formé notre identité, venez, on prend deux secondes pour savoir comment ça marche.
Ce livre-là, comment ça marche, le Tanakh ? Alors c'est très simple. Après Yehoshoua, arrive une longue période, la période des juges. Le problème de cette période, le problème des Shoftim, c'est qu'ils ne se limitent pas au livre des Shoftim. On va trouver d'autres personnages qui apparaissent dans d'autres livres du Tanakh et dont l'histoire se passe à l'époque des Shoftim. Dans le livre des Shoftim lui-même, les histoires ne sont pas expliquées de manière chronologique. On ne pourrait pas dire que le chapitre 1 se passe forcément avant le chapitre 13, 14. On y découvrira des événements qui sont marqués à la fin du livre, comme celui de Shimshon, qui se sont passés chronologiquement très tôt dans la période juive.
Et donc, il faut bien comprendre que le livre des Shoftim s'étend sur une période qui va de l'entrée des Béné Israël en Erets Israël jusqu'à la royauté qui va être amorcée avec le prophète Shmouel. C'est une période longue, une période qui s'étend sur plus de 200 ans. On va retrouver des gens dans le livre de Rout, par exemple. On retrouvera Boaz, qui lui aussi fait partie de la période des Shoftim. Après cela, il y a la grande période de la Melouha, la grande période de la royauté, qui est plus ou moins chronologique si on prend les livres de Shmouel, 1 et 2, et le livre des Rois, Melakhim 1 et 2.
Le problème, là encore, c'est qu'il y a d'autres livres, qui sont les livres des prophètes, appelés comme tels: Yeshayahou, Yirmiyahou, Yehezkel, mais également ceux qu'on appelle les petits prophètes, Trei Assar. Ce sont des prophètes qui prophétisent pendant la période des différents rois du livre des Melakhim. Donc ce n'est pas parce qu'ils apparaissent après dans le Tanakh qu'ils sont forcément dits après.
Et après, on arrive évidemment dans la période des Ketouvim, des hagiographes. Voilà un mot qu'il fallait placer, les Ketouvim. Et là aussi, on ne peut pas les placer chronologiquement après les Nevi'im, puisque David Hamélekh est celui qui va nous écrire les Tehilim. Et donc, ça nous ramène au début du livre de Shmouel. Alors qu'est-ce qui se passe ? Vous avez des livres qui vont être dans différentes époques. Michlé serait écrit par Shlomo, par exemple, le roi Salomon. Donc ça nous ramène au livre des Melakhim. Mais
il va y avoir des livres qui sont plus récents, si vous voulez, par rapport à nous. On va avoir le livre des Divré Hayamim, qui fait une récapitulation, et qui va être beaucoup plus récent, qui se place véritablement à la fin de l'histoire. Fin d'histoire, pas vraiment, puisque nous avons également Méguilat Esther. Tout ça pour dire que le Tanakh n'est pas un livre qui est là pour avoir une vocation de rétsev, comme on dit en hébreu, de fil conducteur historique.
Le Tanakh est là pour nous enseigner trois grandes dimensions de dévoilement. La Torah, celle de Moshé. Les Nevi'im, qui sont là d'abord et avant tout pour parler. C'est-à-dire que l'enseignement de la prophétie est d'abord un enseignement oral, qui sera finalement mis par écrit. Et enfin les Ketouvim, qui ont pour rôle d'être ketouvim, c'est-à-dire d'être figés dans l'histoire. La grande différence entre la parole et l'écrit, c'est que la parole, c'est du présent continu, alors que l'écrit devient du passé.
C'est la raison pour laquelle nos sages nous diront qu'on n'a pas le droit d'écrire la Torah orale. On n'a pas le droit non plus de dire par cœur la Torah écrite. Pourquoi ? Parce que chacune représente quelque chose de différent. La Torah écrite nous ramène à un passé duquel il va falloir puiser tout notre enseignement. La Torah orale, c'est une Torah vivante, au présent. Vous imaginez, si on écrit la Torah orale, on la fige au moment où elle a été écrite. C'est pour ça qu'on n'a pas le droit.
Alors comment Rabbi Yéhouda HaNassi s'est-il permis d'écrire, ou du moins de compiler la Michna ? Mais il l'a dit: des fois, pour faire la volonté de Dieu, il faut que l'on apprécie la Torah. Rabbi Yéhouda HaNassi, voyant que les Romains allaient nous empêcher d'avoir une transmission continue, a dit: il n'y a rien à faire, il faut écrire.
Torah Shebe'al Pé, c'est du présent. Torah Shebiktav, la loi écrite, c'est du passé. Il ne montrait pas quelque chose ? Ken, le futur, l'avenir, ça, c'est Torah Chel Atid, la Torah du Machiah, qui est en train de se dévoiler dans notre génération, et que nous allons ensemble réussir, peut-être, à percer ses secrets. Amen, ken yehi ratson. Bonsoir à tous.
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